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samedi 12 mai 2018

Etude DEBRA: la vape reste le moyen d'arrêt tabagique le plus utilisé en Allemagne malgré la TPD

Près d'une tentative d'arrêt tabagique sur dix se fait à l'aide de la vape en Allemagne. Hors les tentatives sans aucune aide (58,7%), le vapotage est le moyen le plus employé par les fumeurs allemands pour se sortir du tabagisme devant les substituts nicotiniques (6%). C'est un des résultats du suivi DEBRA, institué depuis 2016 en suivant l'exemple anglais, publiés par Deutscher Aerzteblatt, la revue médicale allemande. L'étude menée par le Pr Daniel Kotz, de l'Université de Dusseldorf, s'appuie sur six sondages entre juin 2016 et mai 2017 totalisant plus de 12'200 répondants âgés d'au moins 14 ans. 

Plus de 28% de fumeurs, moins de 2% de vapoteurs

Ce monitorage évalue la prévalence tabagique à 28,3% chez les plus de 14 ans, avec une consommation moyenne de 14 cigarettes par jour. Les fumeurs sont 32% des hommes et 25% des femmes, tandis que 11,9% des 14-18 ans fument. Les plus défavorisés socialement sont plus nombreux à consommer des cigarettes. "Le diplôme et le revenu net des ménages montrent tous deux une relation linéaire: plus le certificat de fin d'études et le revenu sont bas, plus la proportion relative de personnes qui fument est élevée", expliquent les chercheurs. 
Caractéristiques sociologiques vapoteurs, ex-vapoteurs et jamais vapoteurs

Concernant la vapote, 1,9% de la population l'utilise actuellement, 2,6% des hommes et 1,3% des femmes. Parmi les vapoteurs actuels, 14% déclarent être ex-fumeurs. Tandis que 15,2% de ceux qui ont utilisé puis cessé la vapote avaient aussi arrêté de fumer. "La consommation parmi les personnes n'ayant jamais fumé de tabac est très faible (0,3%)", précise l'étude. Près d'un dixième de la population adulte a essayé de vapoter dans l'année ainsi que 14,6% des 14-18 ans, mais seuls 2,9% des 14-18 ans l'utilisaient encore au moment du questionnaire.

Un effet TPD en faveur du tabagisme ?

La prévalence du vapotage a augmenté de façon continue lors des cinq premières vagues du suivi (tous les 2 mois de 0,2% à 0,5%). Mais entre février 2017 et la sixième vague en mai, ce taux a chuté de 2,6% à 1,9%. "En mai 2017, la nouvelle directive de l'UE sur les produits du tabac (TPD) est entrée en vigueur après une période de transition d'un an, pour réglementer entre autres le vapotage plus fortement. Il y a peut-être un lien ici: la nouvelle législation a peut-être réduit le nombre de fumeurs de cigarettes consommant des produits de vape et, par conséquent, moins de gens ont cessé de fumer", soulignent les auteurs.
DEBRA juin 2016-mai 2017

Plaisir et arrêt du tabac


72% des vapoteurs allemands utilisent des liquides nicotinés, à une concentration moyenne de 6,5 mg/ml et en consommant en moyenne 3 ml par jour. Les 28% restant vapotent sans nicotine. Les différentes raisons invoquées par les utilisateurs de vape sont le plaisir (31,8%), en particulier celui lié aux saveurs (35,9%), le moindre coût que les cigarettes (31,9%), l'impact positif pour leur santé (31,4%), la moindre gêne pour leur entourage que les cigarettes (29,7%), ainsi que la réduction (33,5%) ou l'arrêt total du tabagisme (27,5%).

La vape aide autogérée pour l'arrêt tabagique

Concernant les arrêt tabagiques, 28,1% des fumeurs déclarent avoir tenté au moins une fois d'arrêter dans l'année écoulée. Le moyen le plus utilisé par ceux qui ont utilisé une aide est donc le vapotage dans 9,1% des cas, dont environ la moitié déclare l'utiliser sans nicotine. En comparaison, plus de 35% des tentatives d'arrêter de fumer se font à l'aide du vapotage en Angleterre, et seulement environ 5% en Suisse

En Allemagne, selon le suivi DEBRA, seules 12,5% des tentatives se sont faites avec au moins une des aides recommandées officiellement par les autorités sanitaires, telles que les substituts nicotiniques, les médicaments, les consultations médicales ou les thérapies cognitivo-comportementales. Les auteurs promettent de mener des études plus poussées sur l'efficacité du vapotage pour arrêter de fumer lors de prochaines enquête du programme DEBRA.

Autres tableaux :


mercredi 9 mai 2018

[Ploomfff] Campagne de pub anti-vape de Japan Tobacco en Allemagne

"Pas besoin de batterie". La marque de cigarettes American Spirit, appartenant à Japan Tobacco (JTI), cible les vapoteurs dans sa nouvelle campagne de publicité en Allemagne. La cigarette profilée pseudo bio-écolo s'attaque à son concurrent sans monoxyde carbone ni goudrons. La pub ne précise pas les milliers de toxiques inclus dans la fumée de la cigarette promue. Mais on peut imaginer la "défacer" pour préciser le message et rendre la publicité plus responsable...

En Allemagne, le vapotage offre une alternative à dommage réduit qui a convaincu 3,7 millions de fumeurs, selon l'étude fin 2017 de la Verband des eZigaretten-Handels (Vd-eH), l'association indépendante des professionnels de la vape. Selon son estimation, le marché s'est étendu de 40% pour la seule année 2017 et atteint environ 600 millions €. En sens inverse, l'Institut Nielsen a mesuré une baisse des ventes de produits de tabac de 3% entre septembre 2016 et septembre 2017, passant sous la barre des 20 milliards € de vente annuelle. Le même institut a noté que les ventes de produits de vapotage dans le circuit des détaillants non spécialisés (kiosques, stations-services, épiceries...) a doublé en une année pour dépasser 33 millions €, ce qui reste une faible part (autour de 5%) du marché global de la vape.

La campagne de publicité d'American Spirit coïncide avec les déclarations de Yasuhiro Nakajima, vice-président du département des produits à risque modifié de Japan Tobacco International (JTI), qui appelle à durcir la réglementation européenne contre les produits de vapotage sans nicotine dans le magazine Parliament. En contrepartie, il demande à ce que les restrictions de communication des fabricants soient assouplies. Au vu de cette campagne de pub de son entreprise, on peut nourrir quelques doutes sur les véritables intentions derrière cette demande du dirigeant du cigarettier nippon.



mardi 8 mai 2018

[Bref] A Taïwan: le vapotage augmente, le tabagisme adolescent chute au plus bas

Le tabagisme adolescent est au plus bas à Taïwan, tandis que le vapotage progresse légèrement. La part de fumeurs chez les lycéens (15-18 ans) a chuté de 11,51% à 8,26% entre 2014 et 2017. Chez les élèves des junior high school (12-15 ans), ils sont 2,66% à fumer en 2017 contre 5% trois ans plus tôt. "Ces deux groupes ont atteints les niveaux les plus bas historiquement", précise une étude publiée dans Asia Pacific Journal of Public Health. Dans le même temps, les adolescents qui déclarent avoir vapoté au moins une fois dans le mois précédent l'enquête sont passés de 2,01% à 3,54%, constatent les chercheurs de la Taipei Medical University qui se sont appuyés sur les données de la Global Youth Tobacco Survey (GYTS)

Liquides nicotinés prohibés à la vente

La législation locale actuelle soumet les liquides de vapotage avec nicotine à la réglementation des médicaments, mais aucun produit n'a été homologué. Le vapotage nicotiné est en conséquence de fait un produit illégal à Taïwan. L'étude ne précise pas quel type de vapotage, avec ou sans nicotine, est utilisé par les personnes, jeunes ou âgés, déclarant vapoter. 

"À Taiwan, les politiques restrictives actuelles et les campagnes contre le vapotage ont pu prévenir leur prolifération, en particulier chez les adultes. L'usage du vapotage y est beaucoup plus répandu chez les jeunes que chez les adultes, dont le taux de tabagisme conventionnel est 3 à 5 fois plus élevé que chez les jeunes. Bien que la consommation de vapotage ait augmenté plus significativement chez les jeunes que chez les adultes, les données actuelles montrent peu d'indice d'une contribution à une renormalisation du tabagisme plus importante chez les jeunes", expliquent les chercheurs dirigés par le Pr Wayne Gao. Malgré ces données, ils répètent leur peur de renormalisation du tabagisme par le vapotage chez les jeunes.

Projet d'interdiction totale de l'usage de la vape

Reprenant l'appel de Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'OMS, à suivre l'exemple des dictatures Nord-Coréenne et Thaïlandaise, une proposition d'interdiction totale de la production, de la distribution, de la vente et de l'usage du vapotage à Taïwan a été faite au Législatif Yuan en décembre dernier. 

Malgré cette orientation anti-vape, la délégation taïwanaise avait été exfiltrée discrêtement du Sommet 'Tabac ou santé' au Cap (Afrique du Sud) organisé par l'affairiste milliardaire anti-réduction des risques Michael Bloomberg pour ne pas gêner ses discussions business avec la Chine à cette occasion, les deux pays étant passablement brouillés.

Appel à la répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage par l'OMS


vendredi 16 février 2018

Monitorage Suisse: le tabagisme des 15-25 ans augmente, avec 38% des jeunes romands fumeurs tandis que le vapotage reste anecdotique

En Romandie, 38,1% des jeunes de 15 à 25 ans sont fumeurs, selon le rapport du monitorage suisse des addictions consacré à cette question publié en janvier. A l'échelle nationale, la prévalence tabagique de cette tranche d'âge aurait augmenté, passant de 29,6% à 31,6% entre 2011 et 2016. En moyenne, les plus de 3'000 jeunes questionnés par téléphone déclarent fumer 13,3 cigarettes par jour. Comme tout sondage, cette enquête comporte les biais liés à ce type d'approche, ces chiffres sont justes des chiffres, pas forcément des chiffres justes. Bien que la moitié des jeunes fumeurs déclarent lors de l'enquête souhaiter arrêter de fumer, le vapotage n'a pas pu contrer la progression du tabagisme des jeunes suisses. Les moins de 25 ans sont nombreux à expérimenter le vapotage, mais "toutefois, peu d’entre eux l’utilisent régulièrement", explique la fondation Addiction Suisse, mandatée par la confédération pour ce monitorage. 

Plus de 32% des 15-24 ans ont essayé le vapotage au moins une fois dans leur vie, mais aucun jeune de 15-19 ans et seuls 0,2% des 20-24 ans déclarent en faire usage au quotidien. Le rapport spécial sur le vapotage du monitorage, daté d'août dernier, montre que dans l'ensemble un peu plus de 2% des jeunes  vapotent occasionnellement. Rappelons qu'en Suisse, la vente de liquide avec nicotine est interdite (même aux majeurs). La progression du tabagisme des jeunes suisses se démarque nettement de la chute constatée dans les pays respectant le droit humain à l'accès aux moyens de réduction des méfaits. 

Jeunes fumeurs en hausse en Suisse, en chute au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les statistiques montrent que dans la période 2010 à 2016, le tabagisme des 18-24 ans a chuté de 7 points, passant de 26% à 19%. Un quart de fumeurs britanniques de cette tranche d'âge en moins. La même tendance se dessine aux Etats-Unis où le tabagisme adolescent atteint le niveau historiquement le plus bas jamais enregistré. De 15,8% en 2011, le tabagisme a chuté à 9,3% chez les 17-18 ans américains en 2016. Lorsqu'en Suisse, le tabagisme des 15-24 ans a progressé de 2 points, de 29,6% à 31,6% entre 2011 et 2016. Les auteurs du rapport supposent qu'un décalage s'opère ces dernières années repoussant l'âge d'entrée dans le tabagisme. En regardant les données, les indicateurs paraissent assez fluctuants d'une année sur l'autre et cette hypothèse me semble demander confirmation.

Augmentation de l'usage du tabac à rouler

A défaut d'utiliser le vapotage pour éviter le tabagisme, les jeunes suisses se tournent de plus en plus vers le tabac à rouler. La part de fumeurs quotidiens utilisant exclusivement du tabac à rouler a atteint 13% en 2016, contre 7,8% en 2012. A leurs côtés, 23,2% d'usagers combinent tabac à rouler et cigarettes. La pression économique, même si le prix des cigarettes n'a pas augmenté récemment, est probablement une raison de cet usage du tabac à rouler bien moins onéreux.

En creux se dessine aussi l'effet pervers du contenu des campagnes de prévention actuelles chez les adolescents. Ces dernières années, elles se sont axées essentiellement à répandre la peur et faire l'amalgame du vapotage au tabagisme, dans une négation de toute approche de réduction des risques. Sans surprise, ce travail de brouillage d'information sur les risques relatifs provoque une promotion indirecte des produits les plus nocifs  et accompagne les jeunes vers le tabac à rouler plutôt que le vapotage. La Ligue Pulmonaire suisse avait fait un communiqué de triomphe indécent de cynisme à l'annonce de la bonne tenue du tabagisme face au vapotage à l'été 2016, moment de cette enquête. Les chiffres sur cette génération de jeunes confirment les perspectives réjouissantes pour les ventes de médicaments de ses sponsors.

Dans les autres produits de tabac à fumer, les cigares, cigarillos et pipe sont d'utilisation très marginale chez les jeunes suisses. Concernant les produits de nicotine non fumés, 7,4% des jeunes de 15 à 25 ans déclarent en avoir utilisé, dont le tabac à priser au moins essayé par 5,4% d'entre eux. L'usage du snus - bien que sa version suédoise à nitrosamines réduites bien moins dangereuse soit encore interdite de vente en Suisse - a été essayé par 2,3% des jeunes, la chique par 0,4% et les gommes nicotinées par 0,1%.

Des jeunes objets ou sujets ?

Les jeunes ont du répondre à des questions d'ordre disciplinaire et comportementaux, sur la tolérance ou non de fumer au domicile ou au travail, sur le tabagisme des proches et des amis, etc. Les auteurs soulignent que 38% disent avoir reçu au moins un cadeau promotionnel en rapport avec le tabac. En détail, pour 83,1% d'entre eux ce sont des briquets ou des allumettes et 28,7% des cigarettes.

Hormis ces questions de comportements, aucune indication sociologique, y compris de statut de classe sociale, n'est présentée dans le rapport sur le tabagisme des 15-25 ans. Le profil social des jeunes fumeurs reste un mystère. Etant donné l'énorme fossé entre groupes sociaux défavorisés et ceux détenteurs de capitaux sociaux, culturels et financiers sur la question du tabagisme, cette lacune rend le rapport peu utile pour éclairer une politique de santé publique sur le sujet. A fortiori dans un pays pratiquant une sélection stricte tôt dans la formation entre futurs ouvriers, employés et cadres.

Par ailleurs, l'absence de thématisation d'appréciation subjective de qualité de vie, de sentiment de réalisation, pourtant à un âge critique sur les orientations, est un autre manque troublant. Alors qu'une enquête du Health Behavior in School-aged Children (HBSC), publiée d'ailleurs par Addiction Suisse en avril 2017, montre une corrélation entre stress scolaire et tabagisme chez les moins de 15 ans suisses. Le rapport sur les 15-24 ans esquisse des jeunes simples objets répondant aux stimuli réglementaires et publicitaires, ce point correspondant au soucis politique actuel d'Addiction Suisse engagé pour l'interdiction de la publicité des produits du tabac.

Politique d'autruches irresponsables

La question de la construction d'une culture de réduction des méfaits reste le grand tabou refoulé des organisations bureaucratiques du domaine en Suisse. Abandonnant de facto les jeunes à eux-mêmes derrière l'excuse de l'interdit, posture d'autruche irresponsable élevée au rang de dogme de politique de santé. Aux acteurs de terrain de prendre en charge, dix ou vingt ans plus tard les victimes de cet enfumage au monoxyde de carbone.


mardi 24 octobre 2017

[Bref] Le tabagisme officiellement stagnant en Suisse

"Le tabagisme stagne donc en Suisse". C'est la conclusion condensée du monitorage Suisse 2016 des addictions (alcool, tabac et drogues illégales) que vient de publier l'Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP). Selon l'enquête menée, 25,3% des résidents en Suisse de plus de 15 ans fument (contre 25% l'année précédente). "Cette proportion n'a variée que marginalement depuis près d'une dizaine d'années", précisent les auteurs Gerhard Gmel, Hervé Kuendig, Luca Notari et Christiane Gmel de la fondation Addiction Suisse. Le tableau de la situation tabagique en Suisse dessinée par ce monitorage annuel avait été mis en doute suite à sa comparaison avec les données objectives du volume de vente de cigarettes, par des chercheurs de l'Université de Neuchâtel. 

Entre 25% et 40% de fumeurs en Suisse

Sur la base des données de ventes et d'importations de 2014, la consommation réelle de cigarettes était près du double que celle évaluée à partir des déclarations faites lors du monitorage. "Une consommation de 10,8 milliards de pièces correspond à une prévalence de l’usage de la cigarette de 40,2 % (contre 22,9 % selon le Monitorage) ou à une consommation quotidienne moyenne de 18,1 cigarettes (contre 10,4 selon le Monitorage)", concluaient les chercheurs Claude Jeanrenaud, Alain Schoenenberger et Lasha Labaze dans leur publication de décembre 2016

De leur côté, Pascal Diethelm, Jacques Cornuz et Julian Jakob estiment, à vue de nez, que "bien que les résultats de l'enquête suggère une prévalence tabagique en Suisse autour de 25% et plutôt stable sur la période de 2012 à 2015, la réelle prévalence devrait dépasser 31%", dans la revue Swiss Medical Weekly.

Porte-parole de l'OFSP, Roy Salveter accuse alors les fumeurs de sous-déclarer leur consommation lors du monitorage. "Mais pour nous, ce qui compte est la tendance", explique t-il au micro de la radio SRF en mai dernier. De son coté, le Pr Jean-François Etter, de l'Institut de Santé Globale (ISG) de l'Université de Genève, souligne la part importante de refus de réponse. "Le problème du monitorage des addictions et de l’Enquête Suisse de Santé de l’OFS, c’est le taux de réponse relativement bas avec environ un tiers de non-répondants. Or c’est justement dans ce tiers de la population que les comportements défavorables à la santé se concentrent", explique t-il au Vaping Post.

Une majorité de boycott de l'enquête


Le taux de refus de répondre pour le monitorage 2016 dépasse même largement le tiers. Sur les 22'214 personnes contactées, 12'211 ont refusé de répondre au questionnaire. "Motifs: "pas intéressé par l'enquête" (32%), "je suis par principe contre les enquêtes" (15%), "le thème ne m'intéresse pas" (12%) et "autres raisons" (41%)" ", précise le rapport du monitorage des addictions. Avec seulement 45% de répondants sur les sondés, il est difficile de faire "comme si" cette part minoritaire serait représentative de la population. C'est une véritable défiance exprimée silencieusement par le boycott de ce recensement.

A partir des données récoltées malgré tout, le monitorage souligne que neuf consommateurs au quotidien de tabac sur dix fument des cigarettes. La consommation de tabac à priser et de Snus, le tabac oral suédois à faible taux de nitrosamines interdit de vente en Suisse, restent de consommation assez marginale. Par ailleurs, 31% des fumeurs interrogés expriment l'intention d'essayer d'arrêter dans les six mois suivant. La part d'intention d'arrêt aurait tendance à baisser. Ce qui ne semble pas très étonnant dans le contexte de la politique menée par les services d'Alain Berset. 

Ce boycott exprime t-il un rejet de la politique tabagique actuelle ?

Entraves du vapotage - moyen d'arrêt le plus populaire en Suisse malgré la prohibition fédérale de vente de liquides nicotinés -, absence de remboursement des substituts nicotiniques (gommes, patchs) vendus à un prix scandaleux uniquement en pharmacie, propagande basée essentiellement sur la stigmatisation en bouc-émissaire des fumeurs avec les effets contre-productifs bien connus à une telle approche, etc... On se croirait presque en France [que l'influente émission 36°9 de la RTS propose de suivre comme exemple... Sic!] pour la capacité à additionner les mauvais choix en la matière.

Une politique inefficiente dont profitent cigarettiers, vendeurs de médicaments et organisations vivant de la situation. Sans grande surprise, ce refus d'aide et le mépris affiché engendrent une forme de retrait social des fumeurs et l'absence de participation aux enquêtes comme celle-ci. C'est en creux la principale information de cette nouvelle statistique: le public concerné ne répond plus aux organismes qu'il estime hostiles et non-aidants. Une rupture de dialogue qui devrait inquiéter les personnes soucieuses de santé publique. Mais y a en t-il à l'OFSP? Au sortir de l'échec total du Plan national sur le tabagisme de 2008 à 2016, l'absence de remise en question des élites bureaucratiques laisse planer un grand doute...


jeudi 12 octobre 2017

[Pouët] Au #ForumSanté Libération, Agnès Buzyn bloque les questions qui dérangent

Ce qui est bien dans l'entre-soi, c'est qu'on n'est jamais dérangé. Invitée hier soir au Forum Santé organisé par le quotidien Libération, Agnès Buzyn ne goûte pas les questions dérangeantes. Depuis sa prise de fonction, la Ministre de la santé négocie avec les buralistes et le Ministère du budget un agenda de hausses des cigarettes suffisamment progressif pour ne pas ébranler ce marché. Dans le même temps, elle snobe les associations sur le terrain de la réduction des méfaits à l'aide du vapotage. La Ministre a simplement méprisée une demande d'entrevue envoyée conjointement en juillet par l'Aiduce, association des usagers du vapotage, et Sovape, association favorisant le dialogue entre les différents acteurs sur cette question aux multiples aspects. 

Alors lorsque sur le fil de son compte twitter apparaît hier des questions sur le sujet, la Ministre, ou plus probablement son spin doctor, a simplement actionné la fonction blocage des importuns. Ainsi les tweets gênants ont disparu de son fil. Pourtant quelques minutes auparavant, la Ministre insiste sur l'importance d'être à l'écoute des usagers du système de santé.
Mais le ressenti d'usagers sur son étrange démarche de politique de santé concernant le tabagisme ne semble pas devoir être mieux intégré. Au moins lorsque celui-ci surgit à la manière d'un troll, cette attitude un peu désespérée face au mépris des tenants d'un débat pour tenter de faire valoir une thématique passée sous silence par l'élite communicante. Les penseurs de l'entre-soi détestent.
Les choses se précipitent et s'aggravent. Le premier troll hirsute (moi-même, si vous n'avez pas saisi ;) ) se voit relancé par une vapoteuse soulignant que la question concerne aussi des femmes.

Aux deux effrontés osant faire surgir une question concernant potentiellement 16 millions de français, dont la majorité de couches populaires, dans une discussion bornée aux mœurs de la caste mandarinale, la réponse est: rien. Le blocage. Pour l'une et l'autre (je ne sais pas dans quel ordre, mais à peu de temps près).



Levons le suspens éventé du "débat". La Ministre trouve évidemment qu'il faut faire des efforts mais que tout ne va pas si mal sur la question de la place des femmes dans les élites médicales.

Pour ce qui est du débat interdit concernant la place de la population dans la santé publique, son message implicite est plus claire. Les lobbys passent avant. Au moins en ce qui concerne le tabagisme et la pléthore de maladies engendrées pour le bonheur des vendeurs de médicaments.

A six mois de l'annonce d'un nouveau Plan national de réduction du tabagisme (PNRT), pour remplacer la fumisterie précédente de Marisol Touraine, on peut honnêtement douter que quoi que ce soit ne change au royaume de France. Les bleus n'ont pas décroché le titre de vice-champions d'Europe du tabagisme par hasard. C'est là, un art consommé et parfaitement maîtrisé de la caste dirigeante sur le sujet. Evidemment, il ne faudrait pas mettre "tout le monde dans le même sac". Mais Agnès Buzyn prend visiblement ses dispositions pour surtout ne pas en sortir de ce sac de l'entre-soi des mêmes.


mardi 12 septembre 2017

Les fumeuses vérités alternatives de la NZZ pour inventer le 'vapotage passif'

Le quotidien zurichois n'en est pas à son coup d'essai. En matière d'articles pour répandre la peur du vapotage, la Neue Zurcher Zeitung (NZZ) a une longue collection. Cette fois-ci, la NZZ exhume le spectre fantasmatique du 'vapotage passif' affirmant en titre qu'il est "nocif". L'objectif de l'article publié ce week-end s'éclaire dans ses conclusions: justifier de réprimer les vapoteurs. Avec la conséquence de pousser les fumeurs suisses à rester aux cigarettes. La NZZ, qui fût jadis un quotidien de référence, sombre avec cet article de Frederik Jötten dans une affligeante suite d'enfumage de ses lecteurs. Confus et manipulateur, il se base sur une unique étude vieille de cinq ans, dont la critique à l'époque pour sa mal conception et ses résultats incohérents est ici passée sous silence. Pour masquer son enfumage, le journaliste allemand omet les dizaines d'études existantes et les rapports scientifiques pertinents sur le sujet. Non content de cet indigeste hirsebrei, Frederik Jötten le parsème d'erreurs factuelles grossières sur la situation légale en Suisse pour conclure dans un rapprochement incongru avec les cigarettes chauffées, finalisant son fantasme de repousser les vapoteurs au tabagisme. 

Passif NZZ sur le vapotage

La NZZ assume avec ce nouveau torchon sa vieille ligne contre l'outil de sortie du tabagisme. Ses colonnes ont ainsi accumulé accusation "d'effet passerelle" en 2015, où la vape ferait exploser le nombre de jeunes fumeurs ce qui ne s'est vérifié ni en Suisse ni ailleurs, puis diffusion en avril 2016 d'un hoax particulièrement grossier sur la présence de drogue dans les liquides de vapotage, avant un appel à "durcir" la répression contre les vapoteurs récemment. En contraste de ces diatribes anti-vapoteurs, le traitement par le journal proche des milieux financiers zurichois des nouveaux produits des cigarettiers est beaucoup plus pondéré et sérieux. NewsBuzzters s'étonnait en juin 2016 de cet écart produisant pour ainsi dire un effet de publicité comparative. Ce nouvel épisode de la campagne de la NZZ contre la menace du vapotage, qui a fait dégringoler les ventes de tabac où il s'est développé, reprend la vieille méthode du cherry-picking pour inventer un "vapotage passif" nocif selon le journal.

Une seule étude citée de 2013

Comme le premier site conspi' venu, la NZZ va chercher une étude et occulte l'existence de dizaines d'autres. "L'une des rares études dans lesquelles les effets du tabagisme électronique passif ont été examinés vient des autorités de santé publique de Bavière", nous révèle d'emblée Frederik Jötten (mon emphase). Mazette! Les scientifiques du Public Health England (2015), du Royal College des médecins britanniques (2016), de Truth Initiative (2016) et de l'Université de Victoria (Canada, 2017) auraient donc halluciné en analysant des centaines d'études dans leurs rapports respectifs. "Le vapotage relâche des niveaux négligeable de nicotine dans l'air ambiant et ne présente aucun risque sanitaire identifié pour l'entourage", conclut pour sa part le rapport du Public Health England.

Mais la NZZ détient visiblement la "rare" vérité alternative. Le journal ne se donne même pas la peine de livrer sa référence précisément. En fait, il s'agit d'une vieille étude publiée en 2013 dans l'International Journal of Hygiene and Environmental Health. Les faiblesses méthodologiques avaient été critiquées dans une réponse publiée dans la même revue. La NZZ n'en souffle pas un mot à ses lecteurs. Le travail signé du Pr Wolfgang Schober est résumé par la NZZ: "après deux heures à fumer des e-cigarettes, du formaldéhyde cancérigène, de l'alcool benzylique allergène et de la nicotine ont été détectés dans l'air". A quel taux et selon quelle méthodologie, les lecteurs de la NZZ n'ont pas le droit de l'apprendre.

Des mesures effectuées différents jours

A l'époque, la critique des Dr Farsalinos et Voudris remarque que les mesures comparatives de l'étude n'ont pas été effectuées le même jour ni dans les mêmes conditions. "Ce sont des limites importantes [à la valeur de l'étude]. Des études ont montré qu'il y a des variation significative d'un jour à l'autre des niveaux environnementaux des hydrocarbones aromatiques polycycliques (PAH)", expliquent les chercheurs du Centre de cardiologie Onassis d'Athènes. S'ensuit la liste d'une série d'incohérences dans les données rapportées par l'étude allemande. Autrement dit, on peut douter que l'étude allemande ait maîtrisé un sujet nouveau à l'époque et ce soit donné des conditions suffisantes pour être fiable. 

Dans une réponse à la réponse, les chercheurs allemands reconnaissent avoir fait des mesures comparatives différents jours, mais estiment la pollution munichoise trop faible (sic!) pour expliquer les différences. Ils concèdent que 
"les particules liées au vapotage ne sont pas générées par un processus de combustion, mais par évaporation directe. En raison de cette différence de principe opératoire, les particules de vapotage diffèrent bien sûr dans leur composition chimique et dans la distribution de taille de celles des cigarettes de tabac", sans que cela ne lève leurs doutes.

De son côté, le Royal College des médecins britanniques note en 2016 que l'étude bavaroise, présentée comme unique pièce scientifique par la NZZ, est la seule à avoir alerté sur des émissions néfastes d'hydrocarbones aromatiques polycycliques (HAP), des substances produites en pyrolyse, par le vapotage. "Il n'y a, jusque-là, aucune preuve scientifique que l'exposition passive au vapotage ne puisse causer des dommages sanitaires significatifs. Seule une étude [l'étude munichoise de Schober et al.] a rapporté des niveaux d'hydrocarbones aromatiques polycycliques qui seraient au-dessus des limites d'exposition de sécurité", précise le rapport (p. 84) de l'institution britannique de premier plan dans l'histoire de la santé publique.

26 études analysées par l'Université de Victoria

Depuis cette étude munichoise, les recherches se sont multipliées. Le rapport scientifique de l'Université de Victoria (Canada), publié en janvier 2017, a trouvé et analysé 26 travaux sérieux concernant spécifiquement le vapotage secondaire. Il conclut qu' "aucune exposition significative à des cancérogènes tels que ceux trouvés dans la fumée du tabac" n'est relevée pour l'entourage des vapoteurs. Concernant la nicotine, le rapport canadien stipule "une exposition mesurable mais faible" sans que l'on sache si "l'exposition à un si faible niveau pose un risque pour la santé"

Plus tranchant, le rapport du Public Health England précise que "les partenaires de vapoteur.es ont en moyenne des concentrations de cotinine [ndr. métabolite de la nicotine] de 0.19ng/ml de salive et 1.75ng/ml dans l'urine, ce qui est environ 1'000 fois moins que les concentrations chez les fumeurs et se situe au niveau du taux de cotinine généré en mangeant une tomate". Profitons-en pour rappeler que tomates, aubergines, carottes, patates, choux-fleurs, poivrons, etc. contiennent de la nicotine. En manger semble donc sous cet aspect (étroit) aussi dangereux, ou bénéfique, que côtoyer un vapoteur.

Post-vérité versus réalité

Mais les rapports scientifiques ne pèsent pas lourds pour le quotidien zurichois face à une autre mystérieuse mesure que le journal brandit sans donner quelconque référence. Là, je suppose, sans certitude, que Frederik Jötten se réfère à la ridicule mesure prise dans le hall d'un restaurant à l'insu des participants à un congrès sur le vapotage à l'été 2015. En plus de la perversité du procédé, le fait de mesurer la pollution particulaire dans un restaurant préparant le repas de centaines de convives avec les dégagements que l'on connait à cette activité est simplement honteusement malhonnête intellectuellement. Mais peut-être que la NZZ, tournée résolument vers l'ère de la post-vérité, parle d'autre chose, son absence de source à ses affirmations les rend difficiles à retracer.

Plus solide et dans le monde réel, une étude de l'Université d'Etat de San Diego - dont nous avions parlé - a mesuré durant une semaine la pollution intérieure de 256 logements. Chez les fumeurs de cigarettes et de joints, la pollution intérieure explose lorsqu'ils fument. Les niveaux de pollution particulaires chez les vapoteurs ne sont pas discernables de ceux des logements de non-fumeurs. "Nous n'avons observé aucune différence apparente dans la moyenne hebdomadaire de la distribution de particules entre les 43 logements reportant un usage [en intérieur] de vapotage et ceux ne déclarant aucun usage", soulignent les auteurs de l'étude publiée en mai dernier dans PlosOne. Par contre, cuisiner, surtout la friture, faire le ménage, ce qui soulève de la poussière, allumer une bougie ou faire brûler un encens produisent une pollution mesurée au contraire de vapoter selon ces résultats.

Où sont les atteintes sanitaires?

Après avoir enfumé ses lecteurs, le journaliste de la NZZ se croit autoriser à assimiler le vapotage au tabagisme, et de là à exiger des interdictions similaires dans la prochaine loi sur les produits du tabac LPTab. Sauf que même avec ces références occultes ou périmées, Frederik Jötten ne montre a aucun moment que des atteintes à la santé justifient son désir répressif des vapoteurs. Passé son titre et son jeu d'impressions effrayantes, son papier est passablement vide pour soutenir quoi que ce soit.

Or non seulement le vapotage réduit massivement les toxiques pour l'usager par rapport au fait de fumer. Mais la réduction des dégagements secondaires est encore bien plus importante par la forme d'usage: une cigarette se consume entre deux bouffées, pas le vapotage. Or, autour de 85% des toxiques relâchées lors de la consommation d'une cigarette le sont par le "sidestream". En contraste, les nuages des vapoteurs paraissent impressionnants. La capacité des médiums du vapotage, à savoir le propylène glycol et le glycerol, à capter jusqu'à 2000 fois leur volume en humidité fait que pour pour plus de 75% ce nuage est un brouillard d'eau (avec des variations selon les conditions hygrométriques de l'environnement), et plus de 24% de glycérine (PG et/ou VG).

En outre, la nature de l'aérosol de vape fait qu'il se dissipe de moitié (demi-vie) en moins de 30 secondes, contre environ 20 minutes pour la fumée de cigarette. Concernant la nicotine, celle exhalée par un vapoteur, ayant atteint un niveau de nicotémie similaire au fumeur d'une cigarette, est en deçà de 1% de celle rejetée par la cigarette. A ces doses, aucun effet négatif n'a été constaté sur des adultes. Le monoxyde de carbone est absent, tout comme l'énorme majorité des plus de 7'000 substances produites par la combustion d'une cigarette. 

Mesures de l'étude par l'Institut biomédical de Barcelone
A noter qu'elles ne distinguent pas particules solides et liquides

Le mauvais exemple d'arrêter de fumer

Peut-être par conscience d'avoir un bien maigre dossier sur l'aspect sanitaire direct, Frederik Jötten nous sort du chapeau le mauvais exemple que donneraient les personnes ayant arrêté de fumer avec la vape. "Même les ex-fumeurs pourraient être encouragés à fumer", affirme le journaliste. La semaine prochaine, la NZZ appellera peut-être à interdire le jus de pomme et le Rivella dans les lieux publics pour éviter d'inciter des ex-alcooliques à boire. Ce fantasme récurrent d'une vape pervertissant les pauvres fumeurs a été démoli de longue date par des chercheurs en sciences sociales. Plutôt que, par on ne sait quel étrange phénomène, d'inciter les fumeurs à fumer, l'exemple du vapotage en amène certains à tenter de sortir du tabagisme.

"Même les ciga-likes de première génération [aujourd'hui disparues] étaient visuellement différentes des cigarettes, et leur vapeur exhalée facilement discernables de la fumée de cigarettes en termes d'apparence, d'odeur et d'irritation, rendant la confusion peu probable entre vapotage et tabagisme dans les lieux couverts par la législation sans fumée", expliquent les auteurs du rapport (p.128) du Royal College of Physicians britanniques, qui ont visiblement plus de contact avec le réel que le journaliste de la NZZ et ses interlocuteurs.

La chasse aux mauvais ex-fumeurs

En France, le Pr Bertrand Dautzenberg, réticent dans un premier temps, a constaté que "le vapotage ringardise le tabagisme". Désormais, le pneumologue espère même "aider les fumeurs à goûter au plaisir de vapoter, au plaisir de s'éloigner de la tueuse qu'est la cigarette"déclare t-il au Monde. Mais peut-être est-ce justement ce mauvais exemple de la sortie du tabagisme qui dérange tant la NZZ? Principales victimes de ce mouvement de santé publique autogérée, les ventes de cigarettes et de médicaments ont souffert de l'engouement des usagers vers le vapotage dans plusieurs pays.

Resterait donc la question de la bienséance. Les démocratie libérales optent généralement de laisser à la population le soin de réguler par elle-même, dans les relations inter-individuelles, ce type de problèmes. Les sociologues appellent cela les normes, en contraste des règles ou des lois. Quelqu'un qui se parfume exagérément n'est pas interdit de lieux publics, mais il peut encourir quelques remarques. Sans autre justification sérieuse, on voit difficilement comment accepter que la loi instaure une restriction de libertés aussi manifestement discriminatoire pour une catégorie de la population, dont visiblement le seul défaut est d'avoir stopper la consommation de cigarettes et de médicaments qui est liée. Le point est particulièrement sensible pour favoriser la sortie du tabagisme des fumeurs en passant au vapotage. Leur mettre des entraves artificielles concourt à les condamner aux cigarettes.

La NZZ fait sa loi

Après les mensonges sur l'état de la science, des délires sur le rôle de la vape face au tabagisme, le journaliste de la NZZ, que rien ne retient visiblement, prétend que le vapotage n'est pas taxé comme le tabac "parce que les liquides avec nicotine ne peuvent pas être vendus en Suisse". La NZZ refait donc aussi ses propre lois et décide d'abroger la motion Zanetti qui en 2011 a exonéré le vapotage d'impôt punitif "pour aider les fumeurs à abandonner la cigarette". Allez soyons charitables, on a bien compris que c'est le désir de la NZZ, tout comme de Philip Morris et de la Commission fédérale de prévention du tabagisme (CFPT), que de punir au porte-monnaie les vapoteurs d'avoir arrêter de fumer. Mais en dépit des fantasmes de la NZZ, la loi protège ce moyen de sortie du tabagisme pour le moment.



Le journaliste termine évidemment en faisant l'amalgame entre les cigarettes chauffées et le vapotage, histoire de justifier tout son laïus inconsistant à faire prendre la vapeur pour de la fumée. Citant la recherche dirigée le Dr Reto Auer à l'Université de Lausanne à propos de l'Iqos, mais sans en avoir compris le contenu. Selon cette étude, dans l'Iqos se produit de la pyrolyse, autrement dit de la combustion imparfaite, ce qui dégage de la fumée et non pas seulement de la vapeur comme avec le vapotage. Un point essentiel pour distinguer le vapotage du tabagisme.

Die NZZ krieg

Comme le note DampfFreiheit, la NZZ a déclenché une blitzkrieg contre le vapotage ce mois. Peu probable que son feu nourri ne s'arrête là contre la vaporisation, alors que les autorités élaborent le nouveau projet de loi sur le tabac (LPTab) visant toujours à assimiler le vapotage au tabagisme. Les milliards du tabagisme, y compris ceux des très lucratives maladies évitable qui lui sont liées, sont en jeu face à l'outil de réduction des méfaits et le mouvement de santé spontanée de la population.