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vendredi 21 avril 2017

Censure en France: Marisol Touraine a t-elle fait éliminer une émission d'Allô Docteurs sur l'arrêt du tabac et le vapotage?

Il est fort probable que les médias français n'évoqueront pas le sujet. Après la censure silencieuse d'un sujet sur le documentaire Vape Wave de Jan Kounen sur Canal+, France Télévision élimine à son tour une émission d'Allô Docteurs datant du 1er septembre 2015. Replay désormais absent du site de l'émission - edit (22h30): de petits extraits sont restés disponibles sur le site de l'émission, mais pas l'émission au complet -  et traque des partages de la vidéo sur les réseaux sociaux.  Le numéro du magazine santé de France 5, présenté par Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes, portait ce jour-là sur le vapotage. Invitées éclairées, la Dr Anne Borgne, addictologue et présidente du Réseau de prévention des addictions (RESPADD) accompagnait Patricia Côme, vapoteuse aguerrie ayant tiré un trait sur le tabagisme à son aide. Ces témoignages et éclairages pouvaient-ils inciter à l'arrêt du tabac avec la vape?

Probablement, d'autant plus que le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue reconnu, intervenait, entre autres témoignages, dans un petit reportage au milieu de l'émission d'une demie-heure. Mais désormais, la loi Touraine interdit "la propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur des produits du vapotage" (art. L. 3513-4 du code de la santé). Cette mesure de censure, entrée en vigueur fin 2016, prévoit de punir son non respect d'une "amende jusqu'à 100'000 €". La notion de "propagande" est suffisamment large et floue pour inclure toute information sur la réduction des risques et l'aide au sevrage tabagique qu'apporte le vapotage. "En faisant encourir jusqu'à 100'000 € d'amende à toute personne qui communiquerait sur les vertus du vapotage, les pouvoirs publics créent donc une "insécurité juridique injustifiée" et empêchent "d'ouvrir un débat salutaire sur la santé publique"", pouvait t-on lire dans le Monde du 21 juillet dernier citant cinq associations impliquées dans la réduction des risques. 

En octobre, les associations Sovape, la Fédération Addiction, SOS Adiction, Tabac et liberté et le RESPADD recevaient des promesses de la Direction générale de la santé de régler le problème. On attend toujours... Et visiblement, le spectre de la menace de l'article scélérat a produit son effet dans les rédactions. La situation de la liberté d'expression en France est telle - 45ème au classement sur la liberté de la presse - que depuis, aucun média n'a osé signaler les consignes internes interdisant de discuter positivement de l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage. Pourtant, ces consignes secrètes données aux journalistes de Canal + stipulent qu'aucune image d'usage de vape ne doit être diffusée, aucune image de vapoteur souriant ou sympathique ne doit être montrée, aucun propos positif à son sujet ne doit être prononcé.

Si les consignes à France télévision n'ont pas filtré, le ton et les montages grossiers sur le sujet suffisent à comprendre ce qu'il en est. L'enfumage de Laurent Ruquier, dans On n'est pas couché du 5 novembre 2016, instillait le doute, le récent délire anti-scientifique sur le sujet de Télé Matin l'a confirmé. La mise au pilon de cette émission, puis la traque sur les réseaux sociaux pour en éliminer toute diffusion, mesure tout à fait inhabituelle des services de France Télévision, suit du même mouvement de censure de la part de la télé publique française. Bref, en France sur le sujet, aucune liberté d'expression n'est actuellement tolérée.

L'émission était sur YouTube ...




vendredi 24 mars 2017

Congrès E-ADD 2017: La Dr Anne Borgne ventile un vademecum sur la vape aux médecins

"On devrait plutôt dire vaporette ou vapoteuse, parce que cela ne ressemble pas du tout à une cigarette". D'emblée la Dr Anne Borgne, médecin addictologue, pulvérise les malentendus sur le vapotage. Invitée au e-congrès E-ADD 2017, elle présente la vape comme outil pour l'arrêt du tabac à plus de 1'400 professionnels de santé connectés. Ce premier exercice français du genre sur les addictions, diffusé ce 23 mars en direct, reste consultable en ligne jusqu'au 9 avril.

"Le grand avantage de la vape c'est d'arrêter les produits de combustion, le monoxyde de carbone, les cancérigènes... Toutes ces substances qui entraînent les maladies liées au tabac", explique la Présidente du RESPADD, le réseau de prévention des addictions. Avant de préciser que "ce n'est ni un médicament ni du tabac", mais en se substituant au tabagisme, le vapotage améliore l'état de santé des ex-fumeurs. La vape est au moins à 95% moins risquée que la cigarette selon les organismes de santé britanniques, rappelle la docteure.

Soutenir

Dans l'approche préconisée par la Dr Anne Borgne, la première mission du professionnel de santé confronté à la question d'un patient fumeur est de soutenir et renforcer sa démarche. "Augmenter la confiance pour passer à l'action, c'est le point important", insiste la tabacologue. Il faut prendre le fumeur dans sa globalité, à la fois sa dépendance physiologique, psychologique et l'accompagnement social. "Le vapotage est un outil dans la globalité de l'accompagnement d'un fumeur dans une démarche d'arrêt", souligne t-elle.

Dans la vraie vie

Jaillissant sur le marché européen il y a quelques années, la vape a été rapidement prise en main par les usagers. "Les vapoteurs se sont constitués en association, ils ont défendu ce produit et ont mené à ce que les scientifiques s'y intéressent", retrace Anne Borgne. Depuis des normes, notamment de l'AFNOR, ont été créées sur la qualité des produits. Reste en suspens, une preuve clinique solide de l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. Mais les protocoles d'études cliniques sur le sevrage tabagique sont peu réalistes aux yeux de la tabacologue. "Dans la vraie vie, on voit bien que les vapoteurs peuvent par exemple utiliser en même temps des substituts nicotiniques", explique t-elle.

Derrière l'approche quasi pharmaceutique des études se tapie l'inébranlable dogme de "l'abstinence ou la mort". A contre-pied de cette approche générant surtout l'échec, la docteure plaide pour combiner la diversité des outils d'arrêt du tabac à l'acceptation du rythme propre au patient sur son parcours. "Ce qui est intéressant dans cette multiplicité, c'est que chacun choisisse la stratégie et les outils qui lui correspondent. Et qu'on lui laisse le choix et le temps d'avancer dans sa démarche", propose la Dr Anne Borgne.

Vape sense

Signe indirect de l'efficacité de la méthode, certaines mutuelles françaises remboursent même leurs assurés fumeurs s'engageant sur un parcours de défume avec le vapotage.  Dans le même sens, une proportion toujours plus importante de tabacologues, addictologues et médecins généralistes s'en empare. Des rencontres avec des vapoteurs ou des professionnels de santé aguerris permettent de découvrir l'outil pour ensuite pouvoir le recommander et orienter les patients fumeurs. 

Dans le petit panel de moyens à disposition, la vape se distingue des autres modes de consommation de nicotine à faible risque, comme les gommes ou les patchs, par sa sensualité. "Son intérêt, c'est qu'elle donne des sensations. Il y a le hit, cette sensation au fond de la gorge, et puis cette vapeur", décrit-elle. Ce rôle déterminant des sensations impose au novice d'aller en boutique. "On va savoir si le vendeur est bon s'il commence par écouter le fumeur et l'interroger sur combien il fume, à quel moment il fume la première cigarette le matin, s'il a déjà essayé d'arrêter, etc.", souligne Anne Borgne. En somme, le vendeur cherche à déterminer quel appareil et quel taux de nicotine des liquides sont à faire tester à son client. 

Ne pas nuire en privant les patients d'un outil

Si les inclinaisons entre les flagrances de liquides sont bohèmes, la question de l'apport de nicotine est plus technique. "La cigarette inflige un vrai shoot de nicotine en 7 secondes au cerveau. Avec la vape, cela s'apparente plus à la cinétique d'un substitut nicotinique en vaguelettes", précise la docteure bretonne, en expliquant comment le liquide, principalement constitué de glycerol et propylène glycol, est chauffé par une résistance pour générer l'aérosol inhalé. 

Un procédé simple en définitive et dont les études éclairent toujours plus l'important potentiel de réduction des méfaits contre le tabagisme. En conclusion, la docteure martèle son credo optimiste, humaniste et hippocratique. "Il faut avoir des messages positif sur le vapotage et arrêter de dire "on ne sait pas, on n'a pas de preuves". Car cela dessert cet outil et en desservant l'outil, cela dessert ceux qui pourraient l'utiliser pour arrêter de fumer".


mardi 1 septembre 2015

Allô Docteur sur la Vape, avec la Doc Anne Borgne et la vapoteuse Patricia Côme

Une émission à mettre sous les yeux de tous les fumeurs. En 30mn, le tour des questions sur la vape avec la Docteure Anne Borgne, addictologue, et la vapoteuse Patricia Côme.
On peut regarder l'émission sur le site allodocteurs.fr/sur la vape 01-09-2015
ou la version youtube :