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samedi 26 mai 2018

[Bref] La Dr Ute Mons du DKFZ reconnait la réduction des risques du vapotage dans le Spiegel

"Le vapotage chauffe un liquide contenant généralement de la nicotine, et l'aérosol qui en résulte ne contient pratiquement aucune substance cancérigène lorsqu'il est utilisé correctement". Les déclarations de la Dr Ute Mons, directrice du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ), dans le Spiegel soulignent la réduction des dommages du vapotage par rapport au tabagisme. Des propos qui contrastent nettement avec l'alarmisme scabreux de sa prédécesseure Martina Pötschke-Langer à la tête du DKFZ jusqu'en 2016. E-Garage, le site allemand spécialiste de la réduction des risques avec le vapotage, souligne la nette évolution entre les deux responsables de l'influent institut. Au refus de distinguer les produits succède une reconnaissance du continuum des risques par la Dr Ute Mons. "Même si toutes les questions ne sont pas résolues: les experts estiment que le vapotage est probablement beaucoup moins nocif que les cigarettes conventionnelles - et probablement moins nocif que le tabac chauffé", explique t-elle au Spiegel.

Elle n'embrasse pour autant pas totalement une stratégie de report modal pour la consommation de nicotine vers les outils à dommages minimisés. Dans la revue Tobacco Control, le Pr David Levy a évalué que l'essor du vapotage pourrait sauver entre 21 millions et 87 millions d'années de vie aux Etats-Unis dans la décennie à venir. "Dans la discussion, cependant, le but principal réel est souvent perdu de vue. Il reste encore beaucoup à faire pour motiver les fumeurs à cesser de fumer", répond la Dr Ute Mons, insistant implicitement pour maintenir des mesures contre le tabagisme. Elle tient à distinguer le vapotage des cigarettes chauffées. "Le vapotage et le tabac chauffé ne doivent pas être amalgamés", souligne t-elle.

L'essor du vapotage comme moyen d'arrêt des cigarettes dans l'UE

En mars dernier, la Dr Ute Mons a cosigné une étude, publiée dans Tobacco Control, sur les moyens utilisés pour arrêter de fumer dans l'Union Européenne (UE). En moyenne, le recours au vapotage est passé de 3,7% en 2012 à 9,7% des tentatives d'arrêt en 2017 chez les résidents des 28 pays de l'UE. L'essor du vapotage, très disparate entre les 28 pays, interpèle les chercheurs. Difficile de ne pas constater les résultats impressionnants des britanniques où le tabagisme à chuté de 20% de la population à 15,5% depuis 2011 sous l'impact de la vape.



mardi 8 mai 2018

[Bref] Japan Tobacco appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne

Dans une tribune au magazine Parliament, revue destinée aux bureaucrates et lobbyistes européens, Yasuhiro Nakajima appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne dans la directive des produits du tabac (TPD). Le vice-président du département des produits à risque modifié de Japan Tobacco International (JTI) propose de profiter de la prochaine révision de la directive pour renforcer les mesures de répression contre les usagers indisciplinés des produits indépendants. Notamment, il dénonce leurs astuces de contournement de la limite de contenance à 10 ml. Cette limite a été imposée pour handicaper l'industrie indépendante du vapotage tandis que les cigarettiers préfèrent les produits non rechargeables, aux marges bénéficiaires plus larges. "Les consommateurs veulent des bouteilles de recharge plus grandes que celles autorisées par la TDP. Le résultat est qu'ils complètent les flacons non-réglementés sans nicotine avec des injections régulées de nicotine. Les responsables de la santé savent-ils ce qu'il y a dans ces liquides non nicotiniques? Non - et cela doit changer !", tempête le responsable de JTI.

En Suisse, le lobbyisme cigarettier a marché

La marque, qui commercialise notamment les cigarettes Winston et Camel depuis son rutilant siège genevois, a bénéficié en Suisse de l’accommodement de l'administration Berset. JTI a pu commercialiser sans étude indépendante préalable sa Ploom, un hybride très nicotiné et peu agréable entre cigarette et vapoteuse, alors que régnait encore la prohibition de vente des liquides nicotinés de vape. En septembre dernier, une plainte avait été déposée pour concurrence déloyale par Rico Daniel, un commerçant de produits de vapotage suisse-allemand.

Chambre d'écho lituanienne 

L'appel cousu de fil blanc du dirigeant du cigarettier japonais pour réduire l'attractivité du vapotage et la liberté de ses usagers en Europe fait écho aux propos du 3 mai appelant à ne pas arrêter de fumer [sic!] à l'aide du vapotage du Commissaire européen à la santé lituanien Vytenis Andriukaitis dans Euractiv, un autre média lié à la bureaucratie européenne. La Lituanie a été le premier pays ex-soviétique a privatiser une industrie d'Etat en vendant à Philip Morris la Klaipeda Toabacco en 1991. Depuis, la firme cigarettière lausannoise est devenue le second contributeur actuel en taxe du pays et figure dans son top 10 des investisseurs.

vendredi 2 mars 2018

Enquête parlementaire: le Brexit va t-il libérer les britanniques des restrictions toxiques anti-vape de la TPD européenne ?

Plus de succès d'arrêt tabagique et moins de consommation avec des liquides correctement dosés en nicotine
"La limite maximale de 20 mg/ml de nicotine est issue de la directive européenne (TPD). Quelle est la marge pour la changer après le Brexit ?" La question de Damien Moore, parlementaire conservateur, tranche dans la salle feutrée du Comité science et technologie de la Chambre des Commons lors de sa seconde séance consacrée au vapotage jeudi dernier. Face aux élus, la Dr Lynne Dawkins et le Pr David Harrison étouffent un petit rire surpris du ton si direct. "Il n'y a aucune justification à cette limite. Elle a été prise de manière arbitraire. Il n'y a pas de preuve d'augmentation des méfaits de la nicotine pour les niveaux supérieurs à 20 mg/ml. Or nous avons constaté que lorsque les usagers réduisent le taux de nicotine, ils compensent en consommant plus de liquide. C'est coûteux financièrement, et cela peut avoir un coût pour la santé en augmentant l'exposition", répond la Dr Dawkins, du Centre des sciences du comportements de l'Université de Londres. En synthèse, elle recommande de reconsidérer cette limite du taux de nicotine à la lumière des résultats des recherches auxquelles la chercheuse a collaboré.

Limiter le taux de nicotine pousse à la surconsommation

comme avec les cigarettes lights, la vape light pousse à compenser
L'effet compensatoire, Lynne Dawkins l'a constaté lors d'études en laboratoire et sur le terrain. La première, publiée dans Psychopharmacology en 2016,  observait les différences de comportement de 11 vapoteurs expérimentés avec des liquides faiblement (6 mg/ml) ou un peu plus fortement (24 mg/ml) dosés en nicotine. "Le nombre de bouffées [sur une heure] et la durée de chaque bouffée étaient significativement augmentés avec le taux de nicotine le plus faible, pour finir par doubler le volume de liquide consommé. Nos observations suggèrent que, tout comme les fumeurs, les vapoteurs compensent lorsqu'ils passent à un liquide moins nicotiné", explique la Dr Dawkins dans sa déposition écrite au Comité parlementaire.

la chercheuse du Cancer Research UKUne seconde étude, en phase de relecture avant publication*, confirme avec 20 vapoteurs dans le "monde réel" les grandes lignes de la première. "Nous avons vu qu'en moyenne, lorsque les gens utilisent une concentration plus faible de nicotine, ils compensent à la fois dans leur manière de prendre des bouffées [plus nombreuses et longues] et en augmentant la puissance de l'appareil. Cette combinaison semble être associée à une plus grande exposition aux carbonyles. Le message clé est de ne pas encourager les vapoteurs à utiliser des concentrations faibles en nicotine. En fait, - peut-être est-ce contre-intuitif - utiliser une concentration de nicotine plus élevée peut amener à prendre moins de bouffées. La délivrance de nicotine semble aussi plus efficace avec une concentration plus élevée de nicotine", résume la Dr Dawkins devant la commission.

* Mise à jour 10-01-2018 : l'étude vient d'être mise en ligne par Nicotine & Tobacco Research à https://academic.oup.com/ntr/advance-article-abstract/doi/10.1093/ntr/ntx162/4004823

Augmenter le taux de nicotine minimise les risques de méfaits 

Auparavant, les mesures salivaires d'un suivi sur huit mois de 98 vapoteurs mené entre 2013 et 2015 par le Pr Jean-François Etter, de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève, allaient dans le même sens. Les vapoteurs réduisent le taux de nicotine de leur liquide, mais augmentent le volume de liquide consommé pour maintenir une nicotémie similaire. Le point est simple. "Le corpus scientifique montre que la nicotine elle-même n'est d'aucune façon la substance la plus dangereuse", explique le Pr David Harrison, du Comité sur la toxicité (COT) devant les parlementaires. Son risque réside dans l'éventualité que sa consommation amène à s'exposer à d'autres toxiques, précise le spécialiste.

Entendu que la nicotine ne présente que des risques sanitaires mineurs, en limiter la concentration de manière abusive dans le vapotage pousse à la consommation de liquide, dont la principale inconnue sanitaire reste les substances dégagées par la chauffe de certains arômes. Or même avec des risques réduits, surconsommer augmente évidemment ceux-ci par rapport à une consommation réduite. A fortiori concernant des substances, comme les aldéhydes, dont les risques sont doses-dépendants.

Une interdiction de facto d'arrêter de fumer

Un autre aspect de l'effet pervers de la limitation abusive du taux de nicotine s'exerce contre les fumeurs empêchés de pouvoir passer au vapotage par cette limite. Ce sont les fumeurs les plus accrochés qui subissent là une double peine. Cette limite pourrait aussi expliquer la persistance de consommation de cigarettes pour une part des "double usagers" - qui vapotent et fument encore. Aussi la force symbolique de fixer ce taux arbitraire comme maximum dans la loi, amène une grande part du public, et notamment des nouveaux usagers, à être persuadés que 20 mg/ml est un taux élevé. Or il est insuffisant pour une frange importante de fumeurs.
Sarah Jakes et David Dorn de la NNA (UK)

"Beaucoup de fumeurs sont dissuadés d'essayer de passer au vapotage par des restrictions arbitraires de la TPD, ainsi que les articles irresponsables et inexacts sur les risques pour la santé. Beaucoup d'entre eux risquent de continuer de fumer. Il semble que le nombre de fumeurs qui passent à la vape soit en train de plafonner au Royaume-Uni", alerte Sarah Jakes, présidente de la New Nicotine Alliance UK (NNA), au site Register qui couvre le travail du Comité parlementaire. 

L'inquiétude de Sarah Jakes est partagée dans le monde médical. "C'est une chose déprimante à entendre dans une clinique pour les bronchites chroniques (BPCO), mais malheureusement fréquente"désespère le Dr Nicholas Hopkinson, dans une tribune sur le British Medical Journal (BMJ). Ce qu'il a entendu, c'est ce que toute personne investie dans l'aide à l'arrêt tabagique entend régulièrement: "J'étais passé au vapotage mais quelqu'un m'a dit que c'est aussi mauvais que les cigarettes, alors je me suis remis à fumer". La conséquence malsaine concrète des mesures anti-vape des autorités et des campagnes de propagande propagées par des médias et des groupes d'intérêts.

La vidéo de la séance du Comité parlementaire 

A partir de 1h23mn56, l'audition de la Dr Lynne Dawkins et du Pr David Harrison. 
(Avant se trouve l'audition des quatre grands cigarettiers - Philip Morris, BAT, Japan Tobacco et Imperial Tobacco -).





samedi 3 février 2018

7,5 millions d'européens se sont libérés de la cigarette grâce à la vape selon l'Eurobaromètre 2016

A partir des données de l'Eurobaromètre n°458 menée au printemps 2016, Frank Baeyens, chercheur à l'Université de Louvain, estime que près de 7,5 millions d'européens de plus de 15 ans ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage. Cette enquête dans les pays de l'Union Européenne permet aussi de dénombrer 9 millions de fumeurs ayant réduit leur consommation de cigarettes en se mettant à vapoter. Frank Baeyens a calculé ces chiffres à partir des pourcentages présentés dans le document publié en mars 2017, comme il l'avait fait pour la précédente édition 2014. Son estimation d'alors de 6 millions d'européens ayant cessé de fumer à l'aide du vapotage en 2014 avait été confirmée ensuite par l'analyse détaillée menée par le Pr Konstantinos Farsalinos. En passant de 6 millions à 7,5 millions d'européens libérés de la cigarette en deux ans, le vapotage confirme son rôle disruptif, en dépit des entraves des fonctionnaires européens à l'image du Commissaire à la santé, le lituanien Andriukaitis, et des lobbys bénéficiant du tabagisme.


7,5 millions d'européens sevrés des cigarettes à l'aide de la vape

Selon les données de l'Eurobaromètre, 15% des répondants ont essayé, au moins une fois, de vapoter. Parmi eux, 14% déclarent avoir arrêté définitivement de fumer grâce au vapotage. Cela ferait 7,5 millions de résidents de l'Union Européenne à avoir stoppé les cigarettes grâce au vapotage. 17% déclarent avoir réduit leur consommation de cigarettes. Soit 9 millions de fumeurs à s'aider du vapotage pour moins fumer. Les données restreintes communiquées publiquement ne permettent pas de savoir dans quelle proportion se mesure cette réduction.

Mais l'analyse à partir des données brutes du précédent Eurobaromètre 2014, menée par K. Farsalinos, K. Poulas, V. Voudris et J. le Houezec et publiée dans la revue Addiction, avait montré une réduction en moyenne de 9 cigarettes évitées chaque jours par ces fumeurs. Lors de l'Eurobaromètre 2016, les fumeurs européens déclarent consommer en moyenne 13,7 cigarettes quotidiennement.

Aujourd'hui, l'Europe a peur

Selon la nouvelle enquête de 2016, un dixième de ceux qui ont utilisé le vapotage avaient réussi à arrêter de fumer mais ont rechuté dans la cigarette. Sans que les données publiées ne permettent de savoir si cette parenthèse vapoteuse leur a permis de réduire le nombre de cigarettes fumées entre les deux périodes tabagiques. En parallèle, on constate une inquiétante augmentation de la peur du vapotage dans la population européenne soumise aux multiples campagnes des médias contre cet outil d'arrêt du tabac.


Pourtant, 41% des européens utilisant ou ayant utilisé le vapotage déclarent que celui-ci les a aidé dans leur objectif d'arrêt ou de réduction tabagique. Ce sont désormais 10% de toutes les tentatives d'arrêt qui s'appuient sur la vape, tandis que l'ensemble des substituts nicotiniques (gommes, patchs, pastilles, inhalateurs...) sont utilisés dans 11% des cas. Le recours au vapotage dans les tentatives de quitter le tabagisme varie fortement selon les pays et l'environnement plus ou moins amical ou hostile à cet outil de minimisation des méfaits.

Variations entre aide et abandon des fumeurs par les pouvoirs publics

Dans les pays abandonnant les fumeurs à eux-mêmes, le taux de tentatives avec l'aide du vapotage oscille de 2% en Roumanie à 5% dans la Lituanie de Philip Morris. A l'opposé, au Royaume-Uni, 22% des fumeurs tentant d'arrêter bénéficient de l'assistance du vapotage, désormais intégré aux conseils des Services stop-tabac. Signe de l'efficacité de cette politique intelligente et respectueuse des droits des personnes, le tabagisme britannique a chuté à 16%, tandis que les suédois approchent de l'élimination de la fumée grâce au snus. La France fait un peu figure d'exception sur cette question. Une grande part des tentatives se font avec l'aide de substituts, pour 18% des cas, ou du vapotage dans 17% des essais d'arrêt du tabac, mais la France reste pourtant un des pays les plus fumeurs de l'Union Européenne.

Plus de 1,7 millions de français auraient arrêté de fumer grâce à la vape

[Edit 14H: en note, l'Eurobaromètre se réfère à une évaluation de la population en France de la Sofres excluant les étrangers et comptant 48 millions de plus de 15 ans, différente du chiffre de l'Insee que j'avais utilisé de 54 millions de résidents en France de plus de 15 ans, ce qui donnerait 1,7 millions de personnes ayant arrêté de fumer grâce au vapotage... j'ai refait les calculs à partir de ce chiffre, même si cela semble discutable d'exclure une partie des résidents]

Les données par pays indiquent que les français seraient un peu au dessus de la moyenne européenne sur la question du vapotage. Sur les 48 millions de français de plus de 15 ans, un quart a au moins essayé la vape.   Sur ces quelques 12 millions, 13% déclarent avoir réussi à arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Plus de 1,5 millions de français auraient réussi à arrêter de fumer à l'aide du vapotage selon ces données datant de mai 2016.

Parmi eux, une partie a arrêté de vapoter après avoir arrêté de fumer. Ces ex-fumeurs et ex-vapoteurs sont environ un cinquième des 9% (4,3 millions) de français qui ont utilisé puis arrêté le vapotage, soit environ 800'000 français. Dans les 4% de vapoteurs actifs, soit 1,9 millions de français, près de 4/10 a arrêté de fumer. Par ailleurs 11% des français déclarent avoir essayé une ou deux fois seulement le vapotage, soit à peine moins de la moitié des français qui ont essayé la vape. En laissant de côté ces expérimentations de curiosité, les français ayant réussi à arrêté de fumer avec le vapotage représente 59% de ceux qui ont tenté sérieusement la démarche.

Combien la vape coûte aux cigarettiers ?

16% des 12 millions de français utilisant ou ayant utilisé le vapotage ont réduit grâce à cela leur consommation de cigarettes. Ce serait près de 2 millions de fumeurs français à moins fumer grâce au vapotage. En extrapolant à la hache, sans prétention de rigueur scientifique de ma part, cela représenterait une baisse des ventes d'un million de paquets quotidiennement. Ajouté aux 1,5 millions a avoir stoppé totalement de fumer à l'aide de la vape, ce sont probablement plus de 2,5 millions de paquets non vendus chaque jour en France sous l'impact de la vape.

A défaut d'une analyse plus poussée, en ayant accès aux données brutes non communiquées de l'Eurobaromètre, ce bref survol permet de saisir l'impact du vapotage contre le tabagisme. De quoi expliquer les manœuvres en cour des buralistes français pour rattraper le train à vapeur. La France ne s'étant jamais dotée d'un outil sérieux de monitorage, tel que les anglais avec le Smoking Toolkit Study depuis dix ans, ces données représentent un indice intéressant de la situation française.

En résumé:

  • en mai 2016, 7,5 millions d'européens avaient arrêté de fumer à l'aide du vapotage et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes, selon le calcul de Frank Baeyens d'après les données de l'Eurobaromètre 458.
  • En s'inspirant de sa démarche, on peut estimer qu'en France, 1,5 millions ex-fumeurs ont arrêté grâce à la vape, dont environ 800'000 ne vapotent plus. Sur les 1,9 millions de vapoteurs actifs, plus de 700'000 seraient vapoteurs exclusifs. 
  • Si l'on met de côté les essais par curiosité, près de 60% des français utilisant ou ayant utilisé le vapotage déclarent avoir atteint leur objectif d'arrêt ou de réduction tabagique.


jeudi 11 janvier 2018

Pas de taxe anti-vape de l'Union Européenne avant 2019, selon une fuite au Stuttgarter Nachrichten [MàJ]

Il ne devrait pas y avoir de taxe anti-vape au niveau européen avant 2019. Le Stuttgarter Nachrichten (StN) a eut accès en primeur au rapport sur le sujet de la Commission Européenne (DG TAXUD). "Selon nos informations, la Commission Européenne se prononcera vendredi contre l'introduction d'une taxe sur les liquides à vapoter à l'échelle de l'Union Européenne", explique Markus Grabitz, correspondant à Bruxelles du quotidien allemand. Une taxe anti-vapoteurs serait prématurée pour les experts européens, qui avaient repoussé la parution de ce rapport. Le soucis de la santé publique semble avoir été pris en compte. En regard de la réduction des méfaits du vapotage par rapport au tabagisme, la Commission préconise "une approche prudente" en matière fiscale. La Commission souhaite attendre la révision de la directive sur la taxation des produits du tabac en 2019 pour remettre le sujet sur la table. "Il est difficile de prédire la manière dont le marché va se développer à l'avenir", estime la DG TAXUD.

89,88%

Si le scoop du StN se confirme demain, ce serait une victoire du camp des vapoteurs et des défenseurs des approches de réduction des méfaits face au tabagisme. 89,88% des participants avaient signifié leur opposition à une taxe anti-vape lors de la consultation publique fin 2016. Cependant, les risques de taxation au niveau national par les Etats membres de l'Union Européenne (UE) ne sont pas écartés. 

Risque de taxes au niveau national

Au contraire, neuf pays ont déjà mis en place des taxes contre l'outil de sortie du tabagisme, dont le Portugal, la Grèce et la Roumanie, selon le journal allemand. Exemple récent et particulièrement dramatique, l'Italie impose une taxe d'accise de 0,40€ pour chaque millilitre de liquide à vapoter nicotiné ou non. Soit plus de 4€ d'accise en plus de la TVA par fiole de 10 ml, alors que les cigarettes pour la Glo de BAT (0,77€ par paquet) et celles pour Iqos de Philip Morris (1,27€ par paquet) bénéficient de tarifs ultra-lights. En prévision du combat au niveau allemand, Dac Sprengel, président de l'Association indépendante des producteurs de vapotage (VdeH), déclare qu'une "taxation équitable et basée sur le niveau de réduction des méfaits devrait amener le vapotage a être bien moins imposé que les Iqos".

Mise à jour 13-01-2018 : Le rapport de la DG TAXUD a été publié vendredi soir. Ses grandes lignes correspondent aux informations qu'en avait donné le journal allemand. Il est disponible à:
https://ec.europa.eu/taxation_customs/sites/taxation/files/report_excise_duty_manufactured_tobacco_12012018_fr.pdf
Extrait de l'article de l'AFP "L'UE écarte pour l'instant l'idée d'une taxe sur les e-cigarettes" sur le site du Revenu qui précise que : "L'exécutif européen "a conduit une évaluation approfondie et décidé de ne pas soumettre de proposition législative pour réviser les règles sur le droit d'accises appliqué au tabac", a expliqué à l'AFP Vanessa Mock, porte-parole de la Commission. (...) 
Les changements d'habitude, avec ce basculement observé de fumeurs vers de nouveaux produits, n'ont entraîné à ce stade qu'une perte de droits d'accises de 2 milliards d'euros au sein de l'UE, soit "moins de 2,5%" du total des droits perçus, selon une estimation de la Commission.(...) 
A l'heure actuelle, neuf pays de l'UE (Italie, Portugal, Roumanie, Slovénie, Lettonie, Hongrie, Finlande, Grèce et Croatie) ont instauré de leur propre chef des taxes sur la cigarette électronique, selon le décompte de la Commission"



lundi 4 décembre 2017

[bref...] Nouvelle loi européenne anti-vape ou non? C'est selon la version de l'interview d'Andriukaitis sur Euractiv

Vytenis Andriukaitis, Commissaire Européen lituanien à la Santé, a donné un interview au site Euractiv le 24 novembre. Au long d'un discours entendu et passablement creux sur le projet de tracking des produits de tabac, le Commissaire M&M's s'attaque au vapotage en jouant de confusion avec les cigarettes chauffées. Notamment celles de Philip Morris, l'entreprise qui a reconstruit la Lituanie depuis son indépendance en 1990. "Il affirme qu'une loi plus sévère contre les cigarettes électroniques sera bientôt élaborée", rapporte le journaliste Sarantis Michalopoulos d'Euractiv. "J’envisage d’encourager nos agents à se pencher sur les cigarettes électroniques et de voir comment durcir leur réglementation. Et comment en interdire la publicité et les ventes en ligne", explique Vytenis Andriukaitis, dans la version en anglais (originale). De son côté la version francophone du site adouci sensiblement la citation. Entre temps, un avertissement apparaît en tête de l'interview en anglais précisant "qu'il n'y a pas de nouvelle législation en cours pour les dispositifs électroniques liés au tabac".

Surveiller pour punir


La précision semble essayer d'éteindre le feu de quelques réactions à cette sortie hasardeuse. "Les cigarettiers trichent, la vape sera punie", brocarde Guillaume Bailly dans le Vaping Post au lendemain de la publication d'Euractiv (avant sa mise à jour). A la veille du débat au parlement européen sur la traçabilité des cigarettes et du tabac à rouler, la députée européenne belge Frédérique Ries, favorable au vapotage parce que contre le tabagisme, annonce veiller sur son compte twitter.
Le sujet a de quoi alerter au moment où l'Italie est sur le point d'interdire les ventes en ligne en livrant la vape au réseau du Monopole, autrement dit les buralistes italiens. Mesure agrémentée d'une mega taxe d'environ 5€ par fiole de 10 ml, un point également à l'étude au niveau européen. La Commission Européenne a également déjà déposé la date d'entrée en vigueur du tracking des produits de vapotage à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) au 20 mai 2024 comme nous l'avions relevé.

Bureaucrate et oligopole

Les liens de Philip Morris tant avec l'opération "Vicari" pour tuer la vape indépendante en Italie qu'avec la Lituanie sont de l'ordre des secrets de polichinelles. L'interview d'Andriukaitis sur Euractiv ressemble plus à un coup tactique, qu'à un contenu informatif. Une proposition à peine voilée de deal aux cigarettiers de l'acceptation du système de tracking pour l'utiliser afin de prendre le contrôle du marché du vapotage par la suite, via une future interdiction du commerce du réseau indépendant.

On notera que la version anglophone, contrairement à la francophone, publie la réaction de Japan Tobacco à l'interview. Le cigarettier se gausse, sans grande peine, du discours "éloigné de la réalité" du Commissaire Européen. "Il ne comprend pas que les êtres humains tiennent normalement des biens de consommation entre leurs mains", pique le communiqué de Japan Tobacco à propos d'une des incongruités du Commissaire sur le rangement des paquets de cigarettes. Mais au fond, puisque ce n'était probablement que l'habillage pour faire passer son véritable message, il n'est pas très étonnant que le Lituanien ait sorti quelques bananes pour occuper le journaliste et ses lecteurs.



mercredi 29 novembre 2017

Taxe anti-vape: la Commission Européenne fait durer le suspense

Alors que la bataille d'Italie bat son plein, la Commission Européenne fait durer le suspense. Son rapport sur le projet de taxe anti-vapoteurs, suite à la consultation publique menée en février, devrait être rendu public avec quelques semaines de retard d'ici janvier. "Les procédures de validation à l'interne iraient plus lentement que prévu", rapporte sur son site l'Independent British Vape Trade Association (IBVTA) qui a eut des informations de la Commission (DG TAXUD). L'IBVTA estime peu probable l'introduction dés cette année d'une taxe anti-vape sur la base de ses discussions avec les bureaucrates bruxellois. Trop d'éléments restent lacunaires pour justifier et estimer une telle taxation punitive contre les vapoteurs. Mais un nouveau rapport sur le fonctionnement de la directive sur la taxation des produits du tabac (2011/64/UE) est agendé en 2019. "Il est probable que la Commission maintiendra sous examen la possibilité d'une taxation des produits de vapotage dans ce contexte", estime l'association professionnelle indépendante.

NO means NO

Cette question résonne avec la bataille d'Italie qui fait rage actuellement autour du projet d'imposer le Monopole de distribution contre la vape indépendante, ajouté à la taxe anti-vape "Philip Morris" de 37 cts par ml, en plus de la TVA pour un total d'environ 5€ par fiole de 10 ml. C'est le niveau le plus élevé de taxe anti-vape en Europe suite à la baisse de moitié, de 60 cts à 30 cts par ml, au Portugal début 2017. Au cas où la Commission Européenne réussissait à faire passer son projet d'harmonisation de taxe anti-vapoteurs, le cas italien pourrait devenir la norme européenne. Avec 89,88% de refus à une taxe anti-vape, les résultats de la consultation publique européenne en février ont pourtant été particulièrement clairs. En dépit d'entrave à l'accès aux non-anglophones à cette consultation, un message fort d'une grande part des répondants a été qu'en cas de taxe assassine le marché noir serait une bouée de sauvetage pour ne pas retomber dans le tabagisme.  
En 2015, Philip Morris militait pour une taxe anti-vape plutôt que des taxes sur ses cigarettes au Royaume-Uni

vendredi 13 octobre 2017

La Commission Européenne programme de soumettre les produits de vape au tracking le 20 mai 2024

La Commission Européenne (EC) veut tracer et traquer les produits du tabac. L'affaire est connue. Elle se négocie actuellement avant une adoption par l'Union Européenne (UE) que la Commission veut en décembre. L'avis de notification déposé par celle-ci, au nom de l'UE, à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) détaille l'agenda. "Les dispositions devraient s'appliquer à partir du 20 mai 2019 pour les cigarettes et produits du tabac à rouler et à partir du 20 mai 2024 pour tous les autres produits du tabac", précise le document au point 9. Or, même si objectivement le vapotage n'est pas un produit du tabac, l'UE l'a soumis à sa directive les concernant (TPD) en 2014. Si les choses restent en l'état, les produits de vapotage devraient souscrire au système imposé de suivi et traçage. Le projet à peine voilé de l'EC est de livrer ce marché faramineux à la Sicpa, une entreprise lausannoise.

Conséquences de l'assimilation au tabac

La catégorisation abusive d'un produit sans tabac ni fumée dans les produits du tabac est évidement objet de controverse. Aux demandes répétées de parlementaires européens d'une ré-évaluation de la vape sur une base scientifique, le Commissaire Vytenis Andriukaitis a opposé un refus catégorique. Pour le lituanien, qui dans une interview à Euractiv disait se réjouir de mener la vie dure au vapotage, il est hors de question d'en discuter avant 2021. Cette assimilation du produit, désormais le plus utilisé pour arrêter de fumer dans la plupart des pays européens, au tabagisme permet à la bureaucratie européenne d'interdire la divulgation d'information sur la réduction des méfaits. Mais pas seulement. 

L'EC envisage une taxation contre les vapoteurs, dans la ligne de celle des cigarettes. La consultation à ce propos, malgré les freins à la participation mis en place par l'EC, a montré que 89,88% des participants étaient totalement opposés à une telle mesure punitive. Cependant, l'adoption d'un système de surveillance électronique des produits a entre autres objectifs de réprimer les infractions aux taxes du commerce illicite...

La traque

La proposition de la Commission, présentée le 15 mai dernier, sur le tracking indépendant des produits soumis à la TPD prévoit l'apposition d'un marquage fiscal inamovible comportant des éléments de sécurité visibles et invisibles. La firme vaudoise Sicpa maîtrise une solution offrant une combinaison matérielle et numérique délivrant un code d'identification unique. "Ce code est apposé, collecté et enregistré dans une base de données centrale et mis à disposition des autorités publiques, le tout sous contrôle de l'Etat et non des producteurs, incluant les informations de production", explique Christine Macqueen, directrice des affaires publiques du groupe Sicpa au journal l'Agefi en mai 2016.

"Selon la proposition [de l'EC], chaque opérateur de la chaîne d'approvisionnement doit obtenir des pré-autorisations pour chaque étape de la production et de la distribution."Une architecture aussi complexe n'a jamais été testée dans le monde réel", commentent les distributeurs, tout en ajoutant que les petits acteurs du secteur seront durement touchés", rapporte le site Euractiv dans un article du 20 juin. Pour un porte-parole de l'EC, les coûts de mise en place du système seront "largement compensés par les bénéfices en termes de réduction du commerce illicite".  

On a du mal à voir en quoi l'argument concerne les produits de vapotage s'ils venaient à être maintenus dans les produits du tabac à l'horizon 2024. Pourtant, "l'objectif de la directive [est] de créer un système indépendant de suivi pour tous les produits du tabac en tenant compte des obligations internationales, notamment de l'article 8 du protocole FCTC [acronyme de la Convention anti-tabac de l'OMS] sur le commerce illicite", poursuit le même responsable européen anonyme au site Euractiv. 

Efficace contre le marché noir de cigarettes ?

Actuellement, les négociations se déroulent à la fois en coulisses et de manière plus ouverte lors de la consultation close le 2 octobre. Outre l'accusation des acteurs de la distribution de générer une immense usine à gaz disproportionnée, son efficacité à enrayer le commerce illicite est mise en doute. Le système fermé d'identification des produits fermerait la porte à une interopérabilité avec les pays hors de l'UE. "C'est pourtant important puisque 86% des cigarettes illégales proviennent de pays tiers, comme la Biélorussie, l'Ukraine et la Turquie. Ces produits continueront d'entrer sur le marché européen malgré le radar du système de suivi", estime un représentant de l'industrie cigarettière à Euractiv.

Du coté des partisans du système Sicpa, on accuse les cigarettiers d'organiser le trafic actuel. "D'après l'OMS et les associations anti-tabac, les cigarettes qui alimentent ce commerce parallèle sont de vraies cigarettes [sic!], fabriquées et commercialisées par les cigarettiers eux-mêmes", insiste C. Macqueen de l'entreprise vaudoise. Françoise Grossetête, députée européenne de droite, pense qu'il faut se méfier des critiques. "Des preuves existent selon lesquelles des tierces parties, qui paraissaient à première vue 'indépendantes', étaient liées ou influencées à un certain niveau par l'industrie du tabac", déclare t-elle dans un autre article d'Euractiv sur le sujet. Sans préciser si cela inclue l'influence sur des Etats, comme la Lituanie, des investissements de cigarettiers dans leur économie, ou encore d'organisations dirigées par des ressortissants de nation productrice de tabac brut.

Lobbytomie générale

Le débat se trouve donc présenté comme emprisonné entre les intérêts des cigarettiers, dont la probité est passablement fumeuse, et ceux de la firme Sicpa. Une entreprise aux mœurs assez étranges, tant au niveau privé de ses propriétaires milliardaires comme le conte le Temps en février dernier, que sur le plan des affaires, tel que le rapporte Mediapart dans le cadre des Malta Files. Le dossier du tracking des produits soumis à la TPD pèse lourd pour la Sicpa, à la fois par le marché européen lui-même mais aussi par l'effet d'entrainement qu'il pourrait imposer aux autres pays. L'entreprise spécialiste des encres pour billets de banques a mis les moyens. 

Engagement de lobbyistes pointus en provenance des firmes cigarettières, comme Yves Trevilly ancien de BAT, approches de personnes influentes, comme Dominique Strauss-Kahn, mise en place d'association faux-nez par Pauline Delpech... Sicpa sort le grand jeu. Avant même les grandes manœuvres actuelles, 80 de ceux qui étaient alors députés français ont mené une guérilla pendant 4 ans pour la firme Suisse, selon Mathieu Pechberty sur BFM

Que fout la vape là-dedans?

Entre les deux armadas de lobbyistes, les intérêts et les spécificités du vapotage ont-ils été pris en compte, alors que la Commission Européenne a déjà programmé son assimilation au système de surveillance ? Comment ce marquage physique et numérique se concrétiserait-il de la box à la résistance, en passant par la fiole de liquide, la fibre ou le fil des coils reconstructibles, le drip-tip ou les accus, etc. ? Quelle justification aux surcoûts financiers et de temps pour les petites entreprises et artisans de la vape d'un système calibré pour le mode de production de Big Tabacco ? Des questions sans réponse pour le moment... à suivre.


samedi 19 août 2017

Faut-il exiger la nicotine promise par les avertissements de l'Union Européenne ?

Depuis les entrées en vigueur dans les législations nationales de la directive (TPD) de l'Union Européenne (UE), les produits de vapotage portent des avertissements. Ainsi les emballages d'atomiseurs, de mods et de liquides se retrouvent parés depuis quelques mois de l'anxiogène mention: "La nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance. Son utilisation par les non-fumeurs n'est pas recommandée". Sauf que, mis à part les liquides nicotinés, les produits de vapotage ne contiennent pas de nicotine. Or les vendeurs sont tenus à la loyauté commerciale impliquant de délivrer une information non trompeuse aux clients. En France par exemple, le code de la consommation régit ces questions. "Une pratique commerciale est trompeuse (...) lorsqu'elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses (...) portant sur (...) les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir: ses qualités substantielles, sa composition (...)", précise l'article L-121-2 dudit code.

Ne pas tromper

"Les avertissements "nicotine" doivent être retirés des packagings des produits matériels ne contenant pas de nicotine distribués en France", alerte Mickaël Hammoudi sur sa page Facebook. "Seuls les produits contenants de la nicotine, à savoir les réservoirs pré-remplis (limités à 2 ml s'ils contiennent de la nicotine) et les flacons de recharge d'e-liquides (limités à 10 ml lorsqu'ils sont nicotinés) doivent comporter cet avertissement", précise l'acteur de longue date de la scène vape française. "Cet avertissement est abusif, anxiogène et non-obligatoire en regard de la loi santé. L'objectif doit être de continuer à convertir des fumeurs dans un climat de confiance et dans le respect des lois", poursuit Mickaël Hammoudi avant d'appeler "grossistes, distributeurs, revendeurs et consommateurs" à interpeller les fabriquants pour qu'ils arrêtent d'apposer ces avertissements erronés.



Une vraie info de santé civique ?

En attendant, les vendeurs devraient retirer ou recouvrir cette fausse information. La remplacer par une véritable information pourrait probablement être bénéfique à la santé civique.

Mais où est ma nicotine hautement addictive ?

Reste la question des avertissements sur les liquides, ou les cigalikes pré-remplies, concernant le caractère hautement addictif de la nicotine. C'est un fait bien établi scientifiquement, le tabac est hautement addictif. Mais c'est tout aussi établi que la nicotine en elle-même est moyennement à faiblement dépendogène, d'un niveau toxicologique similaire à la caféine. Les consommateurs de gommes nicotinées sans passé tabagique deviennent très rarement dépendants du produit sur le marché depuis presque 40 ans bien que ces gommes sont enrichis de quelques additifs pour les rendre plus efficientes. La consommation courante des nombreux légumes nicotinés - tels que carottes, poivrons, aubergines, tomates, patates etc... - n’entraîne pas non plus de dépendance "nicotinique". Bien que l'action pharmacologique de la nicotine y soit déjà active, notamment dans son effet préventif contre la maladie de parkinson

La nicotine n'explique pas à elle seule la haute addictivité du tabac. Le Pr Karl Fagerström, créateur du test de dépendance tabagique mondialement utilisé, l'a expliqué dans un article en 2011, traduit en français par UnAirNeuf.org. Avant lui, les chercheurs Hanan Frenk et Reuven Dar ont largement déconstruit le mythe de l'unique responsabilité de la nicotine dans l'addiction tabagique. Autrement dit l'avertissement obligatoire sur les liquides nicotinés est mensonger. "Cette exigence est abusive. En dehors du tabac, il n'y a pas de base scientifique pour affirmer qu'un produit contenant de la nicotine "crée une forte dépendance". Cet arrêté [français du 19 mai 2016 imposant ces avertissements] peut - et doit - être contesté par une procédure juridique adaptée", estime le site spécialisé en tabacologie UnAirNeuf.org

Faut-il copier les cigarettiers ?

A défaut d'avoir été contestés en justice, les avertissements trônent obligatoirement sur les fioles de liquides nicotinés. Les consommateurs doivent-ils alors exiger un liquide nicotiné vraiment hautement addictif comme promis par l'avertissement de l'Union Européenne? Les producteurs doivent-ils s'inspirer de l'industrie cigarettière et se tourner vers le Commissaire Européen Vyrtenis Andriukaitis pour qu'il leur communique les 600 additifs autorisés, mais cachés aux consommateurs, renforçant l'effet addictif des cigarettes? Les vendeurs peuvent-ils être tenus responsables de diffuser cette fausse information sur la caractéristique du produit bien que ce soit l'Union Européenne qui impose cette désinformation ? ... !?!



mardi 14 mars 2017

[NoMeansNo] Consultation de l'Union Européenne: 89,88% contre une taxation du vapotage

Près de neuf sur dix contre la taxe anti-vape. C'est un plébiscite contre le projet "Philip Morris" de taxes punitives contre les vapoteurs. De novembre à février, seulement en langue américaine, la consultation de la Commission Européenne (EC) sur la taxation des "produits du tabac" - incluant les produits sans tabac ni combustion du vapotage - a receuilli 7'686 réponses. Selon le document de l'EC, 89,88% des répondants s'opposent à toute taxation spéciale contre les produits de vapotage. Tandis que 1,78% se déclarent pour et 6,18% en faveur d'une taxe uniquement sur les liquides nicotinés. Au cas où l'UE imposerait de force une taxe anti-vape, 80,34% désirent qu'elle soit beaucoup moins élevée et 5,07% moins élevée que celles du tabac.

Les réponses proviennent à 95,2% de citoyens, pour 2,99% d'opérateurs économiques et seulement 1,05% d'organisations non-gouvernementales. En somme, la consultation a permis à des personnes n'ayant pas accès aux habituels canaux de lobbys professionnels d'exprimer leur avis. Notamment l'avis des usagers des produits de vapotage, usage déclaré par 68% des répondants. En cas de taxes imposées de force par l'EC, "il y aurait, selon les citoyens, probablement deux effets: les vapoteurs se tourneraient vers le circuit informel, ou ils retourneraient aux produits de tabac", explique Barbara Menitti sur le site italien SigMagazine. En bref, l'avertissement à la bureaucratie bruxelloise est clair: si des taxes punitives entrent en vigueur, la plupart des usagers pensent se tourner vers le marché noir. 

Mais ce rejet par 9 répondants sur 10 de taxes anti-vape dépasse le cadre des vapoteurs. "Il y a un accord substantiel de la part de fumeurs (4% des répondants), de non-fumeurs, et peut-être même de la part de certains organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux, pour atteindre un tel consensus", souligne Dick Puddlecote sur son blog. Concernant les cigarettes de tabac chauffé, l'opinion est nettement plus partagée. Moins de 4 répondants sur 10 estiment qu'elles devraient être moins ou beaucoup moins taxées que les cigarettes combustibles.

En bonus, le commentaire que j'avais envoyé en février avec mes réponses à la consultation.

Edit 16h45: lien direct vers le document en pdf de l'EC 


mardi 7 février 2017

[Expresso] Commissaire Andriukaitis refuse que les fumeurs soient informés du vapotage

"C'est simplement inacceptable", tonne Vytenis Andriukaitis, le Commissaire européen à la santé sur le site Euractiv.com. A ses yeux, il est hors de question de délivrer au public une information non biaisée sur la réduction des risques avec le vapotage comparé au tabagisme. Cette proposition émane d'un rapport de l'agence Ernst & Young publié hier (l'article du Vaping Post en français). Celui-ci montre que le taux de conversion de fumeurs à la vape est plus élevé où le public est mieux informé sur le sujet et encouragé. Ainsi, "les jeunes britanniques sont de plus en plus nombreux a abandonner le tabagisme pour se tourner vers le vapotage, et ceci plus rapidement que quiconque en Europe", résume Euractiv. Pour le Commissaire lituanien, la liberté d'information doit rester interdite sur les produits de vape. "Ils doivent aussi comporter un avertissement sanitaire", précise t-il. [ad 8/02 : la version en français de l'article d'Euractiv]

Le Royaume-Uni a vu 2,2 millions de fumeurs passer au vapotage, entraînant la chute à moins de 17% de fumeurs dans sa population. Un exemple que le Commissaire à la santé refuse de suivre. Il a rejeté au moins trois demandes de reconsidérer sur la base des études scientifiques les dispositions anti-vapotage de la Directive européenne l'an passé. Une proposition faite oralement le 25 avril 2016 par la députée belge Frédérique Ries, une écrite de la Dr Joelle Mélin et enfin une proposition de penser une stratégie de réduction des risques en matière tabagique du député français Jean-François Jalkh, rejetée aussi.

La Lituanie: un pays au goût de Marlboro

Vytenis Andriukaitis, Ministre de la santé du gouvernement Butkevicius, est nommé Commissaire européen à la santé en novembre 2014 sur proposition de son premier ministre. La Lituanie entretient des liens étroits avec Philip Morris depuis son indépendance. Le cigarettier lausannois a été le premier investisseur a bénéficié de la privatisation d'une entreprise ex-soviétique en achetant Klaipéda Tobacco en 1993. La multinationale a depuis investi plus de € 200 millions en Lituanie, notamment dans une nouvelle usine. Elle est le second contributeur en taxes du pays avec plus de € 160 millions par an versés à l'Etat balte et y emploie environ 500 personnes.

"Nos efforts pour attirer des investissements étrangers en Lituanie portent leurs fruits. Je suis heureux qu'une compagnie internationale majeure comme Philip Morris valorise l'environnement économique du pays, poursuit ses activités et ajoute un nouvel investissement qui va stimuler la production et créer de nouveaux emplois", s'enthousiasmait Evaldas Gustas, alors Ministre de l'économie le 29 décembre 2014 à la présentation d'un projet d'extension de l'usine Philip Morris de Klaipéda. A ses côtés, Rimvydas Punidnas, directeur de Philip Morris Lituanie, acquiesçait en soulignant le dialogue fructueux avec les institutions étatiques et l'environnement propice au business en Lituanie. Business as usual.

edit 11h10 ajout lien vers article du Vaping post et modif d'un propos un peu confus...
edit'' du 8/02/2017 à 16h ajout du lien vers la version traduite en français de l'article d'Euractiv

vendredi 2 décembre 2016

[Expresso] Andriukaitis refuse que la Commission Européenne revoit la réglementation de la vape avant 2021

Pas avant 2021. "Dans l’immédiat, la Commission n’a pas l’intention de revoir la réglementation des cigarettes électroniques prévue par la directive 2014/40/UE (TPD)". C'est la réponse de Vytenis Andriukaitis, Commissaire Européen à la santé (ENVI), à la demande de révision à la lumière des dernières études sur le sujet de la députée européenne Joëlle Mélin. Question et réponse que celle-ci a publié sur son site personnel le 28 novembre. [Add in english, the question & the answer on Euro parliament site] La docteure, élue Front National, avait déposé une question écrite le 5 octobre dernier. "Mettre la cigarette électronique, sans combustion et sans tabac, dans la même catégorie que les cigarettes traditionnelles a pour seul effet de dissuader les fumeurs de se tourner vers des substituts moins nocifs, au risque d’aller à l’encontre même de l’objectif de santé publique affiché par la Commission européenne", argumentait-elle.

Le Commissaire lituanien, surnommé "Round-Up" depuis son vote décisif en juin en faveur du maintien en vente du Glyphosate de Monsanto, estime que "compte tenu de leurs caractéristiques, et notamment de leur teneur en nicotine, il a été jugé approprié de considérer que les cigarettes électroniques constituent des produits du tabac". Un argument qui pourrait inquiéter les producteurs de choux-fleurs, patates, aubergines et tomates... Enfin, s'il était sérieux... 

Plus de 6 millions de vapoteurs européens sevrés du tabac

Selon l'Eurobaromètre 2015, 14% des usagers de produits de vapotage ont quitté le tabagisme et 21% l'ont réduit. Le Commissaire Andriukaitis juge ces données non concluantes pour estimer que le vapotage favorise le sevrage tabagique. Cette négation de l’existence des 6 millions d'européens vapoteurs sevrés du tabagisme justifie l'adoption d'une "approche de précaution". Mettant l'accent sur "la sécurité, la qualité et la protection des consommateurs", précise le Commissaire. Visiblement pas la protection des fumeurs qui auraient besoin d'avoir accès facilement à ce moyen de sortie du tabagisme, ni de ceux ayant déjà franchi le pas. 

La directive européenne TPD implémenté progressivement depuis mai dernier dans les pays de l'UE, multiplie les obstacles au vapotage. Interdiction de vente par internet dans certains pays, comme la Belgique, la Pologne ou l'Autriche, limitation de la taille des contenants à 10 ml et du taux maximal de nicotine à 20mg/ml (2%), restrictions sur la liberté d'expression... 

Taxe punitive dans les bidons

A présent, l'Union Européenne projette une taxe punitive contre les anciens fumeurs ayant fait l'erreur d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Une consultation est ouverte à ce propos. La traduction en français du questionnaire, faite par des bénévoles de l'association Sovape, est disponible pour aider à donner son avis. Clive Bates a récemment publié son argument à ce sujet (en anglais).

mercredi 19 octobre 2016

[Expresso] Question écrite à la Commission européenne sur l'assimilation de la vape au tabac

Image de l'Aiduce en 2013
"La Commission européenne entend-elle revenir sur cette intégration de la cigarette-électronique au sein de la directive "Tabac"?" C'est la question écrite posée le 5 octobre par la députée européenne Joëlle Mélin à la Commission européenne. La médecin généraliste, élue française sur la liste du Front national, constate que l'assimilation du vapotage au tabagisme par la Directive européenne sur les produits du tabac (TPD) "a pour seul effet de dissuader les fumeurs de se tourner vers des substituts moins nocifs, au risque d’aller à l’encontre même de l’objectif de santé publique affiché par la Commission européenne". Alors que les données de l'Eurobaromètre 2015 montrent que 14% des vapoteurs ont stoppé leur tabagisme et 21% ont réduit leur consommation de tabac, souligne l'élue. Elle note aussi que les études de la Commission "ont démontré l'absence de dangerosité quant à l'action de "vapoter"". Pourquoi appareils et liquides à vapoter qui ne contiennent pas de tabac sont-ils alors assimilés au tabac au mépris des conséquences de santé publique?

La réponse de la Commission sera attendue, alors que les transpositions par les Etats membres dans leur droit national de la directive engendrent un environnement de plus en plus compliqué pour les entreprises de la vape. Les effets toxiques de la TPD sont dénoncés un peu partout en Europe. Notamment au Royaume-Uni où des défenseurs d'une politique efficace et pragmatique contre le tabagisme en intégrant la réduction des risques, comme la NNA et le Pr David Nutt, appellent à profiter du Brexit pour éliminer la transposition de la TPD. Le 26 avril dernier, Frédérique Ries, députée belge du Mouvement réformateur (libéral), avait déjà demandé au Commissaire à la santé Vytenis Andriukaitis, successeur de Tonio Borg, s'il comptait tenir compte des dernières recherches scientifiques pour ré-évaluer le statut du vapotage. Le social-démocrate lituanien avait décliné la proposition sans autre investigation. Quelques jours plus tard, il offrait sa voix en faveur du maintien en vente de l'herbicide Roundup (Glyphosate) de Monsanto en Europe. Un vote décisif qui n'a pas levé les doutes nourris à propos de son indépendance envers les lobbys les plus puissants à Bruxelles.