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mercredi 9 mai 2018

[Ploomfff] Campagne de pub anti-vape de Japan Tobacco en Allemagne

"Pas besoin de batterie". La marque de cigarettes American Spirit, appartenant à Japan Tobacco (JTI), cible les vapoteurs dans sa nouvelle campagne de publicité en Allemagne. La cigarette profilée pseudo bio-écolo s'attaque à son concurrent sans monoxyde carbone ni goudrons. La pub ne précise pas les milliers de toxiques inclus dans la fumée de la cigarette promue. Mais on peut imaginer la "défacer" pour préciser le message et rendre la publicité plus responsable...

En Allemagne, le vapotage offre une alternative à dommage réduit qui a convaincu 3,7 millions de fumeurs, selon l'étude fin 2017 de la Verband des eZigaretten-Handels (Vd-eH), l'association indépendante des professionnels de la vape. Selon son estimation, le marché s'est étendu de 40% pour la seule année 2017 et atteint environ 600 millions €. En sens inverse, l'Institut Nielsen a mesuré une baisse des ventes de produits de tabac de 3% entre septembre 2016 et septembre 2017, passant sous la barre des 20 milliards € de vente annuelle. Le même institut a noté que les ventes de produits de vapotage dans le circuit des détaillants non spécialisés (kiosques, stations-services, épiceries...) a doublé en une année pour dépasser 33 millions €, ce qui reste une faible part (autour de 5%) du marché global de la vape.

La campagne de publicité d'American Spirit coïncide avec les déclarations de Yasuhiro Nakajima, vice-président du département des produits à risque modifié de Japan Tobacco International (JTI), qui appelle à durcir la réglementation européenne contre les produits de vapotage sans nicotine dans le magazine Parliament. En contrepartie, il demande à ce que les restrictions de communication des fabricants soient assouplies. Au vu de cette campagne de pub de son entreprise, on peut nourrir quelques doutes sur les véritables intentions derrière cette demande du dirigeant du cigarettier nippon.



mardi 8 mai 2018

[Bref] Japan Tobacco appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne

Dans une tribune au magazine Parliament, revue destinée aux bureaucrates et lobbyistes européens, Yasuhiro Nakajima appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne dans la directive des produits du tabac (TPD). Le vice-président du département des produits à risque modifié de Japan Tobacco International (JTI) propose de profiter de la prochaine révision de la directive pour renforcer les mesures de répression contre les usagers indisciplinés des produits indépendants. Notamment, il dénonce leurs astuces de contournement de la limite de contenance à 10 ml. Cette limite a été imposée pour handicaper l'industrie indépendante du vapotage tandis que les cigarettiers préfèrent les produits non rechargeables, aux marges bénéficiaires plus larges. "Les consommateurs veulent des bouteilles de recharge plus grandes que celles autorisées par la TDP. Le résultat est qu'ils complètent les flacons non-réglementés sans nicotine avec des injections régulées de nicotine. Les responsables de la santé savent-ils ce qu'il y a dans ces liquides non nicotiniques? Non - et cela doit changer !", tempête le responsable de JTI.

En Suisse, le lobbyisme cigarettier a marché

La marque, qui commercialise notamment les cigarettes Winston et Camel depuis son rutilant siège genevois, a bénéficié en Suisse de l’accommodement de l'administration Berset. JTI a pu commercialiser sans étude indépendante préalable sa Ploom, un hybride très nicotiné et peu agréable entre cigarette et vapoteuse, alors que régnait encore la prohibition de vente des liquides nicotinés de vape. En septembre dernier, une plainte avait été déposée pour concurrence déloyale par Rico Daniel, un commerçant de produits de vapotage suisse-allemand.

Chambre d'écho lituanienne 

L'appel cousu de fil blanc du dirigeant du cigarettier japonais pour réduire l'attractivité du vapotage et la liberté de ses usagers en Europe fait écho aux propos du 3 mai appelant à ne pas arrêter de fumer [sic!] à l'aide du vapotage du Commissaire européen à la santé lituanien Vytenis Andriukaitis dans Euractiv, un autre média lié à la bureaucratie européenne. La Lituanie a été le premier pays ex-soviétique a privatiser une industrie d'Etat en vendant à Philip Morris la Klaipeda Toabacco en 1991. Depuis, la firme cigarettière lausannoise est devenue le second contributeur actuel en taxe du pays et figure dans son top 10 des investisseurs.

jeudi 7 septembre 2017

La Ploom est-elle un produit vendu illégalement en Suisse ?

Pourquoi le produit Ploom de Japan Tobacco est-il autorisé à la vente en Suisse depuis quelques semaines? La question se pose dans le contexte de prohibition des produits de vapotage nicotinés par les autorités fédérales. En l’occurrence, l'interrogation est soulevée par Ric Daniel de la société Zodiak de Kloten. "Comment la Ploom est-elle classée?", demande le vendeur de produits de vapotage dans un courrier adressé au Service de la consommation de Genève que nous avons pu lire -[ Edit 10.09.2017: la lettre a été mise en accès public ]-. Sur son site, Japan Tobacco présente son produit  comme "une nouvelle façon vraiment simple de vapoter du tabac". A quelle catégorie le produit "hybride" est-il soumis? Soit la Ploom est un produit de vapotage, considéré comme produit usuel par les services d'Alain Berset et donc interdit s'il contient de la nicotine. Soit la Ploom est une cigarette de tabac, autorisée sans problème avec ses dangers de santé inhérents et bien connus des autorités.

Nicotinée?

Tel un enquêteur, le vapoteur suisse-allemand a cherché à savoir si le produit de Japan Tobacco contient ou non de la nicotine. "Le liquide exempt de nicotine dans la cartouche crée de la vapeur", lit-on avec lui sur le site ploom.ch. La Ploom ne contient-elle donc pas de nicotine? Pas si sûr, même si l'information explicite est difficile à trouver, y compris sur l'emballage du produit. Les capsules contiennent en effet du "tabac de première qualité finement moulu", selon les mots du cigarettier. A moins qu'il ne soit dénicotiné, ce qui n'est pas indiqué, celui-ci en contient probablement. L'avertissement de santé réglementaire imprimé sur le packaging parait impliquer que le produit vendu est nicotiné.


Si les analyses confirmaient que ses capsules de tabac moulu contiennent de la nicotine, la Ploom ne devrait pas être autorisée a la vente en tant que produit de vapotage. Mais alors, peut-elle avoir le statut de produit de tabac? Pour cela, elle doit souscrire aux conditions de l'ordonnance les régissant (OTab). Or, l'article 5 de celle-ci spécifie les produits interdits. "Sont considérés comme tels [interdits] les produits présentés sous forme de poudre, de particules fines ou toute combinaison de ces formes (...) exceptés les produits destinés à être fumé ou mâché", énonce l'OTab. La Ploom s'annonce être destinée, ni à fumer ni à mâcher, mais à "vapoter". Son tabac finement moulu non destiné à être fumé semble donc tomber sous l'interdiction.

Mortelle protection des cigarettes

L'Office fédéral de la santé publique interprète la loi sur les denrées alimentaires et les produits usuels et son ordonnance (ODAIOUs) comme une base légale pour interdire la vente en Suisse de produits de vapotage avec nicotine. Ce point de vue des autorités considére la vape comme un produit usuel entrant en contact avec les muqueuses et ne devant pas contenir de substances ayant effet pharmacologique (telles que la nicotine ou la caféine). A moins que les autorités fédérales ne fassent exception pour le cigarettier, au  siège à Genève depuis fin 2015, la Ploom semble devoir être interdite. Ceci  au moins jusqu'à la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) sur les deux recours contre la décision de prohiber le vapotage nicotiné pendants depuis novembre 2015.

Ric Daniel, en tant que vendeur de produit de vape, semble victime de concurrence déloyale dans la situation. "Je me sens concerné directement. En bref, j'ai l'impression de vivre dans une république bananière", s'agace le commerçant. Il s'interroge aussi sur la légalité du marketing santé développé par le cigarettier japonais. Le Service de la consommation genevois répondra t-il à ces questions?

La souplesse d'interprétation administrative

Avant lui, l'association des usagers Helvetic Vape avait déjà soulevé un lièvre similaire sur le deux poids, deux mesures des autorités subit par la vape en regard de l'industrie cigarettière. Pourtant, par principe de cohérence et égalité de traitement, l'interprétation des autorités de l'article de loi (ODAIOUs art. 37 §3) pour justifier l'interdiction du vapotage avec nicotine devrait aussi s'appliquer à des produits contenant nicotine ou caféine. Tels que cigarettes, à chauffer ou brûler, canettes de soda caféiné, etc... 

"Après l'élaboration hâtive de l'ODAIOUs, les produits du tabac sont soumis à l'article 37 de l'ordonnance. Le manque de réflexion de l'administration et son empressement à faire plaisir à l'industrie pharmaceutique conduit donc à rendre illégaux l'ensemble des produits du tabac. Mais personne, pas même la lutte anti-tabac, n'utilisera cet article pour faire interdire la vente des produits du tabac", expliquait un texte rétrospectif de l'association d'usagers en décembre dernier. Aucune réaction n'avait alors suivi de la part des autorités. 


vendredi 21 juillet 2017

[Expresso] Ploom, la cigarette chauffée de Japan Tobacco débarque en Suisse

Plouf! La première version avait fait un gros flop commercial, notamment en France. Japan Tobacco (JTI) relance tout de même une nouvelle version de sa Ploom. Une cigarette où le tabac est chauffé autour de 180°C dans des capsules à la "nespresso". La chaîne de supermarché Coop va distribuer le produit en Suisse au prix de 25 Fs la machine et 7.50Fs le paquet de 20 capsules nous apprend ce matin le gratuit 20 Minuten. "Tandis que la vente de liquides de vapotage nicotinés est interdite en Suisse, le lobby du tabac diffuse de plus en plus un nouveau type de cigarettes lifestyle où le tabac n'y est plus brûlé mais seulement chauffé", explique le quotidien. Après l'Iqos de Philip Morris et la Glo de British American Tobacco (BAT), c'est le troisième produit cigarettier à tenter de profiter de la répression du vapotage indépendant par les services d'Alain Berset, le Conseiller fédéral en charge notamment de la santé. 

"Ploom Tech a le potentiel de réduire les risques du tabagisme pour la santé", affirme Yasuhiro Nakajima, vice-président de la section des produit émergents de JTI à Dübendorf. La chose reste floue par manque de recherche, a fortiori de recherche indépendante sur la question. Du côté de l'Office fédérale de la santé publique (OFSP), le discours ressemble à une injonction paradoxale. "Un porte-parole a déclaré à 20 Minutes qu'il est recommandé aux fumeurs de passer au vapotage s'ils n'arrivent pas à arrêter de fumer d'une autre manière. Le problème est que la Ploom contient du tabac. Or l'OFSP insiste qu'il est "important de complètement s'abstenir de fumer des cigarettes de tabac", rappelle le journal suisse-allemand. C'est pourtant à l'initiative de l'OFSP que l'on ne trouve pas en vente légalement de vapotage nicotiné, contrairement aux cigarettes. 

Heureusement, le monde de la vape Suisse a développé un moyen de contourner cette prohibition de l'arrêt de fumer par les dons de nicotine. En attendant un éventuel verdict positif du Tribunal administratif fédéral (TAF) saisi depuis novembre 2015 de la question. Plus vif à l'action, le cigarettier japonais a inauguré du côté de Genève son nouveau siège ultra-design en octobre 2015. A un jet de fumée des bureaux de l'OMS, dont celui dirigé par Vera da Costa, Secrétaire Générale du traité de lutte anti-tabac. Celle-ci y prépare la prochaine Convention mondiale à l'automne 2018, après que l'on ait appris par l'agence Reuters que Philip Morris avait noyauté les deux dernières éditions...