Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)
Affichage des articles dont le libellé est Droits de l'homme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Droits de l'homme. Afficher tous les articles

vendredi 25 mai 2018

Maladies Non-Transmissibles: l'IG-ED s'inquiète que l'OMS ne soit atteinte du syndrome du joueur compulsif

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis entre le 10 et le 16 mai en consultation publique son projet de rapport sur les maladies non-transmissibles (MNT). Nous sommes probablement nombreux à avoir raté la proposition de la Commission sur les MNT de l'OMS à lui faire parvenir des observations avant qu'elle ne publie son rapport le 1er juin. Mais l'IG-ED, l'association des vapoteurs en Allemagne, a pris la peine de répondre. "Les responsables de la mise en œuvre de la Convention-cadre de lutte anti-tabac (CCLAT) semblent avoir perdu de vue le louable objectif initial énoncé à son Article 1.d", qu'elle cite: "on entend par "lutte antitabac", toute une gamme de stratégies d'offre, de demande et de réduction des risques visant à améliorer la santé d'une population en éliminant ou en réduisant sa consommation de produits du tabac et son exposition à la fumée du tabac".

Lutter contre les fumeurs ou contre les maladies ?

Or, la Commission de l'OMS n'intègre pas, ni même ne mentionne la notion de réduction des risques et dommages dans les stratégies proposées dans son rapport. "Aucune des stratégies présentées ne mentionne même la «réduction des risques». Il n'y a pas non plus d'évaluation du succès des mesures actuellement mises en œuvre concernant la «santé d'une population»", relève Norbert Schmidt pour l'IG-ED. Il souligne que le principal facteur à prendre en compte sur long terme devrait être la prévalence des maladies liées au tabagisme de la population. La prévalence tabagique devrait être le second facteur mesuré à court terme. "Au lieu de cela, toutes les parties de la CCLAT ne présentent que la soi-disant «échelle de contrôle du tabac» comme mesure supposée du succès. Mais cette «échelle» ne prend en compte aucune mesure de «la santé d'une population». Cet objectif important est-il vraiment hors de propos?", s'étonne l'association de usagers de l'outil de réduction des risques.

Le vapotage et la réduction des risques méprisés par l'OMS

Le ton dogmatique du document de l'OMS surprend aussi les vapoteurs allemands. "Aucune considération n'est accordée aux faits scientifiques selon lesquels il existe des alternatives au tabagisme beaucoup moins nocives. Par exemple, le vapotage (appelé par l’acronyme ENDS) et le tabac sans fumée préparé comme le snus suédois. En fait, ils sont écartés sommairement et destinés à être arbitrairement interdits", regrette le texte soumis en réponse à la consultation.

Aucune évaluation de l'action du bureau anti-tabac de l'OMS

L'OMS disserte sans évaluer l'impact de son action dans son rapport. "Les stratégies n'ont pas été modifiées ni évaluées depuis des années. Tout ce qui est demandé, es l'augmentation des taxes et autant d'interdiction que possible de produits nicotinés, à l'exception des substituts pharmaceutiques", s'agace le courrier de l'IG-ED. Avant d'ironiser. "Ce sont les symptômes d'une autre maladie non-transmissible: le jeu compulsif!". Pour Norbert Schmidt, l'OMS agit comme un joueur accro à sa stratégie préconçue, incapable de changer même si les résultats sont désastreux. La prise de position de l'association conclue sur un appel à la raison: "Il est urgent que les participants de la CCLAT se retirent de cet état d'esprit obsessionnel malsain et reconsidèrent l'intention originale de la CCLAT qu'ils ont signé".

L'appel de Jagdish Kaur, cadre de l'OMS, à criminaliser les personnes ayant arrêté de fumer avec le vapotage:
Appel à criminaliser les vapoteurs par l'OMS


dimanche 13 mai 2018

Inde: l'Etat du Jammu-Cachemire décrète l'interdiction de l'usage de vape

Jeudi 10 mai, l'Etat du Jammu & Cachemire a décrété l'interdiction totale du vapotage avec effet immédiat. Les produits de vapotage sont non seulement interdits à la vente, mais les usagers en possédant et a fortiori les utilisant sont passibles de poursuites en justice désormais dans l'Etat d'environ 12 millions d'habitants à l'extrême nord du pays. Ahmed Khan, le Commissaire du Cachemire qui a signé l'ordre de prohibition complète, justifie celui-ci par des hoax. "Le vapotage expose les poumons au dicethyl [faute dans l'original], qui peut causer la maladie du "pop-corn des poumons", une atteinte sévère et irréversible au poumon", précise l'ordre officiel de l'Etat du Cachemire qu'il signe en reprenant à son compte le hoax de la presse à scandale de bas étage. 

Des hoax en guise de justification

Le fonctionnaire évoque également les risques liés à la consommation de nicotine supposés pour les foetus, sans pour autant signer un ordre similaire contre les produits de tabac ou les autres (nombreux) produits contenant de la nicotine. Enfin, il invente que les adolescents européens seraient amenés à fumer à cause du vapotage, un effet "passerelle" que les monitorages sérieux écartent dans les faits. Le plus grand suivi jusqu'à maintenant concernant les adolescents, le vapotage et le tabagisme, sur plus de 60'000 jeunes britanniques, ne montre aucun effet passerelle. Au contraire, l'essor du vapotage a fait plongé dans son sillage le tabagisme des jeunes anglais (18-24 ans) de 7 points passant de 26% à 19% entre 2010 et 2016.

Autrement dit, le bureaucrate Ahmed Khan raconte n'importe quoi pour justifier son interdiction totale du vapotage. L'Association des Vapoteurs Indiens (AVI) a interpellé Mehbooba Mufti, Ministre en chef du Jammu & Cachemire, sur cette décision. Sans réponse semble t-il. L'association de défense des droits des usagers va probablement tenter d'intervenir au niveau légal pour s'opposer à cette criminalisation des personnes ayant arrêté de fumer en passant au vapotage, alors que le Cachemire compte 26,6% de consommateurs de tabac sous différentes formes selon la Global Adult Tobacco Survey (GATS) diffusée en 2016.

Violation des droits de l'homme encouragée par l'OMS

L'Inde est le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Zimbabwe. Cinq Etats indiens, principales zones de production de tabac, ont déjà interdit la vente de vape, un produit largement produit en Chine, grand voisin et rival de l'Inde. Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avait lancé un appel à criminaliser les vapoteurs à l'exemple des juntes militaires Nord-Coréenne et Thaïlandaise en septembre 2017 dans l'Indian Journal of Public Health

A la lumière des ravages fait par cet appel en Asie (Singapour par exemple) en encourageant les politiques de répression contre les usagers de nicotine à risque réduit avec la vape, une absence de remise en cause par les délégations des pays démocratiques de la dérive contre les droits humain et son instrumentalisation par les intérêts tabagiques locaux du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS lors de son sommet du 1er au 6 octobre à Genève serait incompréhensible et inexcusable.


jeudi 10 mai 2018

[Bref] Youtube élimine des vidéos de vape, après celles sur le CBD

Ce matin, Youtube a effacé sa revue sur la vapoteuse Juul puis bloqué toute nouvelle publication pour trois mois en punition de la chaîne Daily Vape TV. "Nous avons déterminer qu'elle violait notre charte", se borne à dire en guise d'explication Youtube dans son message au reviewer. Aucun avertissement préalable ne lui a été signifié avant cette décision. Depuis quelques mois, des rumeurs circulent sur la préparation d'une chasse contre les vidéos sur la vape de la part de la plateforme américaine de vidéo en ligne. L'offensive semble être déclenchée, sans que personne ne sache qu'elle va être sa portée ni ses critères pour laisser ou éliminer les vidéos et les chaînes. L'hystérie américaine contre la Juul qui a pris 55% du marché du vapotage en kiosque - qui ne représente cependant qu'environ 20% du marché global du vapotage aux USA -, aux produits des cigarettiers n'est probablement pas étrangère à ce blocage. Même si aucune explication claire de Youtube ne permet de savoir les raisons réelles du blocage de la vidéo de Daily Vape TV.

Cannabis et France Télévision auparavant

Ces dernières semaines, Youtube a déjà effacé un nombre considérable de vidéos informatives sur le CBD sans que personne ne sache les raisons de cette razzia, ni les critères de censure. "Les motifs de YouTube [pour fermer des comptes] ne sont pas non plus clairs pour les créateurs des chaînes. La communication est difficile, voire impossible", explique le site Leafly ce 24 avril. Un chroniqueur explique que la plateforme ne laisse que 500 caractères pour expliquer son opposition aux décisions de Youtube. "Il semble que  ce soit des bots qui examinent les appels, parce qu'ils sont renvoyés en quelques minutes", précise Kord Tagley, un autre reviewer victime de la censure sans avertissement de Youtube ces dernières semaines.

Du côté des créateurs de vidéos sur les questions liées au cannabis, plusieurs ont émigré vers des plateformes avec moins de censure arbitraire, telles que Rutube.ru, dailymotion.com, la chaîne réservée aux adultes pornhub.com ou spécialement dédiées au cannabis comme TheWeedTube.com.

Auparavant, Youtube avait déjà éliminé des reportages sur l'arrêt tabagique et la réduction des risques avec la vape à la demande de France Télévision, probablement en raison de la loi Touraine de censure contre le vapotage en France. 




mercredi 9 mai 2018

Nanny State Index: la Suisse au palmarès des pays les plus liberticides contre la réduction des risques avec la vape

Publié ce 7 mai, le supplément nicotine du Nanny State Index 2018, le classement des "Etats nounous", classe la Suisse parmi les pires pays européens en matière du droit humain à préserver sa santé à l'aide de moyens de consommation de nicotine à risque réduit. Établi par Christopher Snowdon, de l'Institute of  Economic Affairs, le palmarès positionne la Suisse en quatrième place du pire, derrière la Finlande, la Hongrie et la Norvège. A l'opposé, la Suède et le Royaume-Uni en respectant mieux les droits à l'accès aux produits de réduction des dommages et à l'information préservent non seulement les libertés individuelles mais se montrent particulièrement efficaces pour réduire le tabagisme. 7% de fumeurs en Suède, 17% au Royaume-Uni contre plus de 25% en Suisse et 27% dans la Hongrie qui a soumis le vapotage au monopole d'Etat, selon les chiffres avancés par le rapport.

Liberté de choisir la réduction des risques en Suède

La bonne note, ainsi que son très faible taux de tabagisme, de la Suède proviennent notamment de son régime libéral sur le snus. Les suédois sont les seuls résidents des trente pays analysés à pouvoir acheter légalement ces petits sachets de poudre de tabac à suçoter. Produit traditionnel en Scandinavie, sa préparation par étuvage du tabac neutralise une large part des toxiques spécifiques du tabac, les nitrosamines. La Suède a non seulement le plus bas taux de fumeurs, elle détient aussi les plus bas taux de cancers liés au tabagisme: des poumons évidemment, mais aussi oraux-buccaux et du pancréas (contrairement à une légende urbaine). Le Royaume-Uni n'a pas pour le moment légalisé le snus. Mais sa politique en faveur de la liberté de choisir le vapotage pour sortir du tabagisme la place dans les pays les plus respectueux des libertés sur le sujet.

Le maintien du tabagisme de force en Suisse

Le respect des libertés n'est par contre pas une valeur cultivée par la politique menée sur ce sujet par le Conseiller fédéral Alain Berset en Suisse. Carambolage de l'actualité, le rapport a été rédigé avant la décision le 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral d'invalider la prohibition illégale des liquides nicotinés imposée depuis 2009 par l'administration. Si les bureaucrates bernois respectaient la décision de justice, la situation et le classement au Nanny State Index changeraient pour les helvétes. Jusque-là, "la Suisse était le seul pays en Europe à maintenir une interdiction des produits de vapotage nicotinés", souligne le rapport. 

Sur la question de l'accès au snus, Christopher Snowdon s'étonne. "Bien que la Suisse ne soit pas membre de l'Union Européenne et donc pas astreinte à prohiber la vente de snus, elle ne s'est jamais décidé à l'autoriser", déplore le chercheur. Alors que des produits de tabac oraux reconnus plus nocifs sont en vente libre dans les kiosques suisses. 

En fait, petite histoire révélatrice, la prohibition du snus remonte à une motion déposée en 1991 par le Conseiller national Peter Hess, au nom de la lutte anti-tabac. Il s'est révélé en 2001 qu'il siégeait au Conseil d'administration de British American Tobacco International (BATI), filiale du cigarettier BAT. Personne parmi ses anciens amis anti-tabac n'a eu l'idée de remettre en cause sa prohibition du snus. Sa levée a cependant été exigée récemment par le parlement dans le cadre de l'élaboration de la future Loi sur les produits du tabac (LPTab), qui a encore un long chemin législatif à mener...


jeudi 1 mars 2018

Etats-Unis: la promulgation du règlement de la FDA contre le vapotage a t-elle violé la Constitution ?

Gouvernent-ils les Etats-Unis dans l'ombre ? Sans jamais avoir été élue, ni avoir prêtée serment devant le Sénat, Leslie Kux a décidé du sort de millions d'américains. Cette bureaucrate de la Food and Drug Administration (FDA) a signé en 2016 la "deeming rules", la réglementation qui soumet le vapotage "aux mêmes règlements développés pour l'industrie de la cigarette en vertu du Tobacco Control Act de 2009". "La 'deeming rules' a été dévastatrice" pour les entreprises du secteur du vapotage, expliquent Todd Gaziano, directeur du Centre pour la séparation des pouvoirs de la Fondation Pacific Legal, et Tommy Berry, avocat à la même fondation, dans une tribune au Wall Street Journal du 28 février. Le 30 janvier, la Fondation a intenté trois poursuites contre ce règlement, représentant une dizaine de personnes estimant subir un préjudice de celui-ci, au Texas, au Minnesota et dans le district de Columbia.

Parmi les personnes en ayant subi des conséquences, Kimberly Manor. Veuve suite au cancer du poumon de son mari, Kimberly Manor décide de se lancer dans le commerce de vapotage à Lake City au Michigan. "Mme Manor estime que son entreprise a aidé plus de 500 personnes à cesser de fumer, la plupart d'entre elles quinquagénaires fumaient de longue datePourtant, la FDA décourage désormais de telles entreprises", rapportent Todd Gaziano et Tommy Berry.

Règlement promulgué sans autorité légitime

"Il y a beaucoup de raisons de critiquer l'action de la FDA, mais son défaut le plus fondamental - et celui que notre fondement juridique soulève dans trois poursuites au nom de Mme Manor et de neuf autres personnes - est que la règle a été finalisée par quelqu'un sans autorité légitime. Le règlement n'a pas été émis ni signé par le Secrétaire d'Etat à la santé et aux services sociaux ni par le commissaire de la FDA, tous deux des officiels confirmés par le Sénat. Au lieu de cela, il a été publié et signé par Leslie Kux, une bureaucrate de carrière à la FDA", expliquent les représentants de la Fondation Pacific Legal.

Violation de la séparation des pouvoirs

Pour les défenseurs de la séparation des pouvoirs, la promulgation de tels règlements dépassent le rôle exécutif de l'administration. "Ce n'est pas la première fois que la bureaucratie de la FDA dépasse son autorité", soulignent-ils. Leslie Kux a signé près de 200 règlements. "Toutes ces règles sont invalides. La tentative de délégation de pouvoirs de réglementation à une personne qui n'est pas nommée «Officier des États-Unis» viole l'une des clauses de séparation des pouvoirs les plus importantes de la Constitution", dénoncent les auteurs. La question touche à la responsabilité politique et la légitimité démocratique des décisions impactant la vie de la population américaine. 

"C'est une question de responsabilité politique C'est pourquoi les auteurs ont inclus la clause sur les nominations à l'article II de la Constitution des États-Unis. Selon cette conception, certains pouvoirs ne peuvent être exercés que par les principaux officiers des États-Unis qui ont été confirmés par le Sénat. Ainsi (à l'exception des juges provisoires), seuls les juges confirmés par le Sénat peuvent émettre des avis juridiques contraignants, et seuls les principaux dirigeants confirmés par le Sénat peuvent publier des règlements contraignants pour le public. Cette exigence constitutionnelle préserve la responsabilité démocratique tant pour les décisions judiciaires que pour les actions significatives de l'exécutif", argumentent les défenseurs de la Fondation Pacific Legal.

L'esquive de ses responsabilités

Il est pourtant possible pour l’exécutif d'émettre des règlements légitimes, à condition qu'un officier assermenté par le Sénat en prenne la responsabilité. Les auteurs donnent l'exemple de la centaine de règlements édictés par les Centres Medicare et les Services Medicaid depuis 2010 et tous signés et assumés par le Secrétaire à la santé. "Cependant, trop souvent, les secrétaires du cabinet et les directeurs d'agences ont tenté de déléguer des responsabilités aux membres du personnel subalterne de manière irresponsable et inconstitutionnelle. Un bureaucrate de carrière ne devrait pas avoir le pouvoir de perturber des milliers de vies comme celles de Kimberly". 

La question reste poser de savoir pourquoi l'officier de la FDA en charge à l'époque, Robert Califf, a préféré esquiver la responsabilité de signer ce règlement anti-vapotage...



mardi 6 février 2018

Naissance de l'association des vapoteurs ANPVU en Italie

"Ce 18 janvier est née l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU)". L'éclosion de l'organisation de défense des intérêts des usagers arrive dans un contexte très hostile au vapotage en Italie. Ces derniers mois ont vue les autorités coordonner une offensive conjuguant taxes prohibitives, restriction des lieux de ventes physiques et interdiction de vente à distance de liquides, désormais soumis au Monopole des douanes. Une guerre au vapotage qui fait le jeu des cigarettiers et du tabagisme. A l'opposé de cette politique morbide, la nouvelle association oriente sa démarche sur le terrain d'une approche de réduction des méfaits. "Nous voulons simplement être une association composée uniquement de vapoteurs: des gens qui partagent le même intérêt et la même passion. Son objectif principal est d'aider les fumeurs à cesser de fumer en entrant dans le monde des vaporisateurs personnels", explique le communiqué de l'association, repris notamment par le site SigMagazine.

Engagement social : la réduction des méfaits par l'exemple

La nouvelle organisation des vapoteurs en Italie insiste sur l'alternative au tabagisme que constitue le vapotage mais également sur son contenu social et communautaire porteur d'entraides et d'auto-soutien. "En Italie, sur les 11 millions de fumeurs estimés, plus de 7 millions ont essayé au moins une fois d'arrêter sans succès. Les nouvelles technologies du vapotage sont une opportunité de changer ces statistiques de santé en offrant une alternative beaucoup moins nocive que les cigarettes", souligne Carmine Canino, le Président nouvellement élu de l'ANPVU. L'association se réfère aux travaux scientifiques, dont les rapports britanniques du Public Health England et du Royal College of Physicians, mais aussi aux scientifiques italiens tels que les Prs Polosa, Beatrice, Tirelli et le regretté Veronesi, membres de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), pour appuyer le bien fondé de la minimisation des méfaits du vapotage contre le tabagisme.

Défense politique

"L'intention et l'espoir de l'ANPVU est de voir enfin l'Etat italien approuver et partager les politiques du Royaume-Uni où le vapotage est promu et encouragé par le Ministère de la Santé", soulignent les sept membres du comité de l'association. Dans cette perspective, l'ANPVU entend tisser "des échanges et un dialogue constructif"  avec les institutions et les différentes parties impliquées, notamment en respectant pleinement les objectifs des autres associations. Dans son manifeste, l'association précise un de ses objectifs à court terme: "la rectification ou l'abolition de la taxation actuelle".

L'avis de naissance de l'organisation de défense spécifiquement de vapoteurs en Italie était fortement espéré, après la première tentative avortée de l'association Vapit. Alors que l'Italie faisait partie en 2013 des pays d'avant-garde de la réduction des méfaits contre le tabagisme avec le vapotage, les attaques particulièrement violentes du Gouvernement ont poussé les 3/4 des commerces de vape à fermer, passant de plus de 4'000 à un millier aujourd'hui. L'absence d'une entité spécifique de défense  des intérêts des usagers a fait défaut ces derniers mois face au nouveau durcissement législatif. Les autorités ont eu beau jeu d'ignorer les organisations de professionnels en les réduisant à des réflexes corporatistes. 

Résultat, les liquides de vapotage, y compris sans nicotine, sont taxés désormais à hauteur de 4.50€ par fiole de 10 ml, portant leur prix au dessus de 10€. D'autre part, les lieux de vente sont soumis au réseau de distribution du Monopole administré par les douanes (AAMS). La vente de liquide à distance, notamment par internet, est interdite depuis le 1er janvier, laissant orphelins les vapoteurs à l'écart des grands centres urbains. 

Information sur le vapotage

Le combat politique, à côté de recours juridiques des professionnels, sera probablement intense dans les mois à venir en Italie. Mais c'est évidemment sur la base d'un travail de fond pour construire une culture de réduction des méfaits contre le tabagisme que le mouvement des vapoteurs peut espérer s'appuyer à long terme. En ce sens, l'association met à disposition un numéro vert pour répondre aux personnes intéressées par ses activités. L'adhésion pour les membres individuels est fixée à 5€ minimum. L'ANPVU a mis en place son site internet, ainsi qu'une page Facebook. Entrée de plein pied dans la lutte pour le droit à la réduction des méfaits, elle a déjà eu à réagir au "buzz qui tue" la semaine dernière pour corriger les fausses informations diffusées aussi par les médias italiens. La Dr Francia Fortunato, du comité scientifique de l'ANPVU, a ainsi expliqué les limites de l'étude et l'absurdité des surinterprétations médiatiques qui en ont été faites. Et ce n'est qu'un début...


samedi 3 février 2018

7,5 millions d'européens se sont libérés de la cigarette grâce à la vape selon l'Eurobaromètre 2016

A partir des données de l'Eurobaromètre n°458 menée au printemps 2016, Frank Baeyens, chercheur à l'Université de Louvain, estime que près de 7,5 millions d'européens de plus de 15 ans ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage. Cette enquête dans les pays de l'Union Européenne permet aussi de dénombrer 9 millions de fumeurs ayant réduit leur consommation de cigarettes en se mettant à vapoter. Frank Baeyens a calculé ces chiffres à partir des pourcentages présentés dans le document publié en mars 2017, comme il l'avait fait pour la précédente édition 2014. Son estimation d'alors de 6 millions d'européens ayant cessé de fumer à l'aide du vapotage en 2014 avait été confirmée ensuite par l'analyse détaillée menée par le Pr Konstantinos Farsalinos. En passant de 6 millions à 7,5 millions d'européens libérés de la cigarette en deux ans, le vapotage confirme son rôle disruptif, en dépit des entraves des fonctionnaires européens à l'image du Commissaire à la santé, le lituanien Andriukaitis, et des lobbys bénéficiant du tabagisme.


7,5 millions d'européens sevrés des cigarettes à l'aide de la vape

Selon les données de l'Eurobaromètre, 15% des répondants ont essayé, au moins une fois, de vapoter. Parmi eux, 14% déclarent avoir arrêté définitivement de fumer grâce au vapotage. Cela ferait 7,5 millions de résidents de l'Union Européenne à avoir stoppé les cigarettes grâce au vapotage. 17% déclarent avoir réduit leur consommation de cigarettes. Soit 9 millions de fumeurs à s'aider du vapotage pour moins fumer. Les données restreintes communiquées publiquement ne permettent pas de savoir dans quelle proportion se mesure cette réduction.

Mais l'analyse à partir des données brutes du précédent Eurobaromètre 2014, menée par K. Farsalinos, K. Poulas, V. Voudris et J. le Houezec et publiée dans la revue Addiction, avait montré une réduction en moyenne de 9 cigarettes évitées chaque jours par ces fumeurs. Lors de l'Eurobaromètre 2016, les fumeurs européens déclarent consommer en moyenne 13,7 cigarettes quotidiennement.

Aujourd'hui, l'Europe a peur

Selon la nouvelle enquête de 2016, un dixième de ceux qui ont utilisé le vapotage avaient réussi à arrêter de fumer mais ont rechuté dans la cigarette. Sans que les données publiées ne permettent de savoir si cette parenthèse vapoteuse leur a permis de réduire le nombre de cigarettes fumées entre les deux périodes tabagiques. En parallèle, on constate une inquiétante augmentation de la peur du vapotage dans la population européenne soumise aux multiples campagnes des médias contre cet outil d'arrêt du tabac.


Pourtant, 41% des européens utilisant ou ayant utilisé le vapotage déclarent que celui-ci les a aidé dans leur objectif d'arrêt ou de réduction tabagique. Ce sont désormais 10% de toutes les tentatives d'arrêt qui s'appuient sur la vape, tandis que l'ensemble des substituts nicotiniques (gommes, patchs, pastilles, inhalateurs...) sont utilisés dans 11% des cas. Le recours au vapotage dans les tentatives de quitter le tabagisme varie fortement selon les pays et l'environnement plus ou moins amical ou hostile à cet outil de minimisation des méfaits.

Variations entre aide et abandon des fumeurs par les pouvoirs publics

Dans les pays abandonnant les fumeurs à eux-mêmes, le taux de tentatives avec l'aide du vapotage oscille de 2% en Roumanie à 5% dans la Lituanie de Philip Morris. A l'opposé, au Royaume-Uni, 22% des fumeurs tentant d'arrêter bénéficient de l'assistance du vapotage, désormais intégré aux conseils des Services stop-tabac. Signe de l'efficacité de cette politique intelligente et respectueuse des droits des personnes, le tabagisme britannique a chuté à 16%, tandis que les suédois approchent de l'élimination de la fumée grâce au snus. La France fait un peu figure d'exception sur cette question. Une grande part des tentatives se font avec l'aide de substituts, pour 18% des cas, ou du vapotage dans 17% des essais d'arrêt du tabac, mais la France reste pourtant un des pays les plus fumeurs de l'Union Européenne.

Plus de 1,7 millions de français auraient arrêté de fumer grâce à la vape

[Edit 14H: en note, l'Eurobaromètre se réfère à une évaluation de la population en France de la Sofres excluant les étrangers et comptant 48 millions de plus de 15 ans, différente du chiffre de l'Insee que j'avais utilisé de 54 millions de résidents en France de plus de 15 ans, ce qui donnerait 1,7 millions de personnes ayant arrêté de fumer grâce au vapotage... j'ai refait les calculs à partir de ce chiffre, même si cela semble discutable d'exclure une partie des résidents]

Les données par pays indiquent que les français seraient un peu au dessus de la moyenne européenne sur la question du vapotage. Sur les 48 millions de français de plus de 15 ans, un quart a au moins essayé la vape.   Sur ces quelques 12 millions, 13% déclarent avoir réussi à arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Plus de 1,5 millions de français auraient réussi à arrêter de fumer à l'aide du vapotage selon ces données datant de mai 2016.

Parmi eux, une partie a arrêté de vapoter après avoir arrêté de fumer. Ces ex-fumeurs et ex-vapoteurs sont environ un cinquième des 9% (4,3 millions) de français qui ont utilisé puis arrêté le vapotage, soit environ 800'000 français. Dans les 4% de vapoteurs actifs, soit 1,9 millions de français, près de 4/10 a arrêté de fumer. Par ailleurs 11% des français déclarent avoir essayé une ou deux fois seulement le vapotage, soit à peine moins de la moitié des français qui ont essayé la vape. En laissant de côté ces expérimentations de curiosité, les français ayant réussi à arrêté de fumer avec le vapotage représente 59% de ceux qui ont tenté sérieusement la démarche.

Combien la vape coûte aux cigarettiers ?

16% des 12 millions de français utilisant ou ayant utilisé le vapotage ont réduit grâce à cela leur consommation de cigarettes. Ce serait près de 2 millions de fumeurs français à moins fumer grâce au vapotage. En extrapolant à la hache, sans prétention de rigueur scientifique de ma part, cela représenterait une baisse des ventes d'un million de paquets quotidiennement. Ajouté aux 1,5 millions a avoir stoppé totalement de fumer à l'aide de la vape, ce sont probablement plus de 2,5 millions de paquets non vendus chaque jour en France sous l'impact de la vape.

A défaut d'une analyse plus poussée, en ayant accès aux données brutes non communiquées de l'Eurobaromètre, ce bref survol permet de saisir l'impact du vapotage contre le tabagisme. De quoi expliquer les manœuvres en cour des buralistes français pour rattraper le train à vapeur. La France ne s'étant jamais dotée d'un outil sérieux de monitorage, tel que les anglais avec le Smoking Toolkit Study depuis dix ans, ces données représentent un indice intéressant de la situation française.

En résumé:

  • en mai 2016, 7,5 millions d'européens avaient arrêté de fumer à l'aide du vapotage et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes, selon le calcul de Frank Baeyens d'après les données de l'Eurobaromètre 458.
  • En s'inspirant de sa démarche, on peut estimer qu'en France, 1,5 millions ex-fumeurs ont arrêté grâce à la vape, dont environ 800'000 ne vapotent plus. Sur les 1,9 millions de vapoteurs actifs, plus de 700'000 seraient vapoteurs exclusifs. 
  • Si l'on met de côté les essais par curiosité, près de 60% des français utilisant ou ayant utilisé le vapotage déclarent avoir atteint leur objectif d'arrêt ou de réduction tabagique.


vendredi 26 janvier 2018

Singapour criminalise l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage !

Dés le 1er février, il sera illégal d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage à Singapour. Le Ministère de la santé (MoH) l'annonce officiellement. "Toute personne prise en train d'acheter, possédant ou en train d'utiliser un produit émergeant ou d'imitation du tabac [ndr. une vapoteuse] est passible d'une amende jusqu'à 2'000 $ [1'500 Fs]", explique le communiqué du MoH. La volonté de répression du Gouvernement à l'encontre des vapoteurs va jusqu'à appeler à la délation. "Les personnes qui ont des renseignements sur des actes d'importation, de distribution ou de vente, d'achat, d'utilisation et de possession illicites de produits interdits, y compris les cigarettes électroniques et autres vaporisateurs, sont invités à faire rapport à la Direction de la réglementation du tabac", communique les fonctionnaires singapouriens, précisant la ligne téléphonique et le compte mail réservés à la délation de vapoteurs. 

Une loi durcit contre le vapotage

La vente de produits de vapotage était déjà prohibée à Singapour, exposant les vendeurs à des peines de prison jusqu'à un an et des amendes de 10'000$ (7'200 Fs). L'amendement de la loi voté en novembre dernier introduit de facto le crime d'arrêt tabagique et de minimisation des méfaits à Singapour. "Certains membres du parlement ont tenté de faire part de leur inquiétude concernant l'interdiction stricte du vapotage par le Gouvernement en novembre dernier", précise le site d'information singapourien Coconuts.

Coupable d'aider trop de fumeurs à arrêter la cigarette

La volonté gouvernementale de tuer le vapotage a pour origine son efficacité et sa popularité pour sortir du tabagisme d'un nombre croissant de singapouriens. "Cette loi protégerait les singapouriens des risques d'utiliser ces produits et va empêcher leur usage", justifiait un porte-parole de la Health Science Authority en octobre au journal local Straits Times. Le site Coconuts avait relaté l'engouement dés 2015 de fumeurs abandonnant les cigarettes pour le vapotage à Singapour malgré la prohibition de vente. "La popularité des produits de vapotage grandit de jour en jour", confirme en octobre dernier l'International Business Times. Le Ministère de la santé (MoH) recommande d'utiliser "les méthodes incluant l'arrêt sans aide [cold turkey], les conseils au sevrage et les produits pharmaceutiques tels que les substituts nicotiniques (NRT)"

Les méfaits de santé de l'OMS

L'évolution liberticide et nocive à la santé publique de Singapour suit de l'appel à prendre pour modèle les exemples répressifs Nord-coréen et Thaïlandais de Jagdish Kaur, responsable anti-tabac pour l'Asie du Sud-Est de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", expliquait la cadre de l'OMS dans l'Indian Journal of Public Health en septembre dernier.

mercredi 10 janvier 2018

La Tunisie sous le monopole du tabac: la colère face à la répression des vapoteurs

"L'Etat veut conserver ses fumeurs. C'est la raison pour laquelle il interdit la commercialisation libre du vapotage". En Tunisie, la vente de produits de vape est soumise au monopole de la Régie Nationale des Tabacs et Allumettes (RNTA) depuis un arrêté ministériel de mai 2014. Une situation contestée par une nouvelle pétition en ligne lancée il y a quelques jours par l'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF). Et pour cause. Ce monopole est synonyme de pénurie organisée. "La RTNA a le monopole mais ne fait aucun effort pour satisfaire les besoins des vapoteures. Que ce soit pour les liquides ou le matériel", explique notre témoin tunisien Ryad Bahri, qui a arrêté de fumer après 15 ans de tabagisme à l'aide du vapotage depuis juin. Effet classique face aux situations de quasi-prohibition, des ventes hors du monopole se sont multipliées pour répondre à la demande croissante pour le moyen de sortir du tabagisme. Fin novembre, les douanes tunisiennes sont passées à l'offensive. 

Série de rafles fin novembre

Elles ont multiplié les rafles dans les boutiques et saisi le matériel. "Tout comme House of Vapes, d’autres boutiques ont reçu la visite des douaniers et ont dû baisser rideau pour les mêmes raisons, à savoir l’absence de factures", explique le site d'info tunisien Webdo le 29 novembre. L'absence de facture découle du refus des autorités de délivrer des autorisations de vente aux magasins de vapotage. Cercle pervers, les commerçants sont contraints par le monopole de la RTNA à une forme de marché gris, que les douanes viennent ensuite réprimer. 

Coïncidence ou non, les descentes se déroulent quelques jours avant un sommet les 6 et 7 décembre à Tunis du bureau anti-tabac (FCTC) de l'organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans un pays où le tabagisme galope aussi allègrement que les vendeurs de cigarettes du marché noir, la date des rafles anti-vapes ressemblent à s'y méprendre à une sorte d'opération de comm' des autorités pour donner le change à la jet-set de l'OMS. Phénomène récurrent, de la Thaïlande à la Corée du Nord, de la Turquie à Singapore, etc., là où l'OMS passe, les vapoteurs sont poussés à reprendre le tabagisme par les autorités locales.

Tabagisme galopant sous l'emprise du monopole

Pourtant les tunisiens n'ont pas besoin de ces coups de poignard contre le vapotage. Selon les statistiques officielles, 45% des hommes adultes et 3% des femmes fument. Chiffre effrayant de la même enquête de 2016, 20% des jeunes dés 11 ans, des deux genres confondus, seraient déjà fumeurs. Un tabagisme mis à profit par la RTNA, entreprise publique sous la tutelle du Ministère des finances comme l'explique son site. L'entreprise n'a évidemment aucun intérêt à aider les fumeurs à s'en sortir avec le vapotage. Malgré tout, la vape s'est développée comme dans de nombreux pays.

Pour le droit de choisir d'arrêter de fumer

L'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF), créée il y a une année, évalue à plus de 20'000 le nombre de vapoteurs tunisiens. Pour les défenseurs du moyen à méfaits réduits pour sortir du tabagisme, les actions des douanes contre les magasins de vape risquent de repousser des milliers de vapoteurs dans la cigarette. L'association presse, dans une pétition en arabe, le Gouvernement de légaliser le commerce indépendant du vapotage pour offrir "le droit de choisir cette alternative à l'efficacité évidente pour cesser de fumer"

Signe que le vapotage marchait plutôt bien en Tunisie, le site d'info Webdo faisait état d'une trentaine de boutiques de vapotage pour la seule ville de Tunis avant la vague de répression. Mais celle-ci a littéralement asséché les vapoteurs. "Actuellement, la communauté des vapoteures est pour ainsi dire à sec. Il n'y a plus de produit disponible", nous explique notre témoin Ryad Bahri.

Mise au sec des vapoteurs

Au delà de la question du vapotage, la Tunisie vit actuellement un climat social très houleux. RFI rapporte que la population manifeste en masse contre la vie chère, provoquée par des hausses de taxes, l'absence de transparence des dirigeants et de l'administration, coupables pour beaucoup d'une gestion dépassée et inefficace. Depuis plusieurs semaines, le ton monte dans les rues tunisiennes. L'inflation grimpe et le dinar s'est effondré ne valant plus que 34 cts d'euro.

Une situation économique sociale et économique qui rejaillit aussi sur le vapotage. "Avec le taux de change, c'est vraiment cher de commander à l'étranger. Pour avoir un rabais, il faudrait commander groupé mais les douanes saisissent les gros colis. De plus, il faut une carte bancaire internationale, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de gens", témoigne Ryad. En l'état, bien difficile pour les vapoteurs de le rester et a fortiori pour les fumeurs de s'en aider pour lâcher les cigarettes. Reflet d'un pays à la dérive, la politique contre le vapotage semble trahir le soucis de protéger des intérêts bien éloignés de celui de la santé publique et de l'intérêt commun. Espérons que les dirigeants tunisiens reviennent à plus de raison et de bienveillance.


lundi 18 décembre 2017

Plus de 17'000 signatures pour la légalisation du vapotage en Thailande

De nouvelles d'arrestations de vapoteurs ce mois en Thaïlande ont propulsé le débat sur le vapotage au premier plan. Parmi les multiples arrestations, dont au moins un touriste, les médias ont notamment relayé les images de la détention violente dManussaya Yaowarat, plus connue sous le pseudo de Flukesri Maneedeng sur le web thaïlandais. La jeune femme de 29 ans a été incarcérée, et sa voiture saisie, pour possession d'une vapoteuse et d'une fiole de liquide qu'elle a reconnue utiliser pour ne plus fumer. "Quel crime ais-je commis?", hurle t-elle aux policiers la violentant sur une vidéo qui a fait le tour du web puis des chaînes TV. Cette affaire a mis en relief les revendications de l'association des usagers du vapotage en Thaïlande (ECST). L'association, vient de soumettre à l'Assemblée législative nationale une pétition munie de plus de 17'000 signatures pour demander la légalisation du vapotage.

"Jusqu'à présent, personne dans le secteur de la santé publique n'a été disposé à débattre avec moi à la télévision publique", remarque Maris Karanyawat, représentant de l'ECST. "Pourtant, tout ce que nous voulons, c'est le droit de pouvoir choisir une alternative plus saine que le tabac traditionnel", précise t-il au Bangkok Post du jour. Du coté des autorités sanitaires, le déni de la réduction des méfaits est totale. "Le Département de Lutte contre les Maladies (DDC) et les réseaux anti-tabac insistent sur le fait que le vapotage est beaucoup plus dangereux pour la santé que les cigarettes de tabac", rapporte le Bangkok Post. A l'opposé des conclusions des rapports scientifiques britanniques de Public Health England et du Royal College of Physicians s'étonne le journal.

Siripol Yodmuangcharoen, responsable de l'Assemblée législative, confirme avoir reçu la pétition de l'ECST. Il note que 160 pays dans le monde autorisent la vente de vapotage, contre 15 prohibitionnistes, selon le Bangkok Post. En attendant une éventuelle avancée au pays du Thaïland Tobacco MonopolyPol Col Krissana Pattanacharoen, porte-parole adjoint de la police, rappelle que l'importation de produits de vapotage peut être sanctionné jusqu'à 10 ans de prison et une lourde amende, tandis que la simple possession est passible de cinq ans d'emprisonnement. Une politique de répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage soutenue par l'Organisation Mondiale de la Santé, qui la cite en modèle à suivre avec la Corée du Nord.


lundi 11 décembre 2017

Thaïlande: arrestations de touriste et brutalités policières contre une vapoteuse

Arrestations de touristes mais aussi de vapoteurs locaux, la police ne faiblit pas dans sa soif de répression en Thaïlande. Le nouveau témoignage d'un touriste arrêté, détenu et à présent assigné à rester au pays dans l'attente de son jugement est parvenu au milieu de la vape Suisse. Tandis que ce week-end, une autre arrestation fait beaucoup de bruit en Thaïlande. Manussaya Yaowarat, jeune femme sexy de 29 ans, a été arrêtée samedi soir à Pattaya et sa voiture saisie suite à un contrôle de police. Justification de l'arrestation? La police a découvert une vapoteuse et des liquides à vapoter sur le tableau de bord. La starlette de l'internet Thaï, sous le pseudo de Flukesri Maneedeng, prétend avoir été violentée par les agents. "La police nie les allégations selon lesquelles ses agents auraient agressé physiquement l'idole du Net Flukesri Maneedeng après l'avoir arrêté pour possession d'une cigarette électronique et d'un liquide de vapotage", explique le Bangkok Post

Mais une vidéo de son interrogatoire a déjà été visionnée par plus de 3,7 millions de personnes sur les réseaux sociaux depuis hier. 


"Ils ont trouvé une vapoteuse. Et ils doivent saisir sa voiture !?!?!". Hier, le commentaire de มึงรู้ยัง - พัทยา, le site d'actu de Pattaya, exprime l'incrédulité face à la scène filmée de l'arrestation, de l'interrogatoire et de l'enfermement de force de Flukesri Maneedeng

Libérée sous caution, la jeune femme a décidé de ne pas passer l'éponge. Depuis hier, elle multiplie les interviews télévisées. Elle conte sa mésaventure, précisant qu'elle était parfaitement sobre, ce qu'aurait confirmé les tests sanguins. Après un entretien de Flukesri Maneedeng sur Thaï TV 3 hier, Channel 32 a ouvert à son tour le débat. Après cette arrestation, "la plupart de gens se demande pourquoi détenir une "vapoteuse" serait si grave et illégal", s'interroge le teaser de la chaîne thaïlandaise. Dans la foulée, l'association des usagers du vapotage thaïlandaise (ECST) s'est entretenue avec la jeune femme. Mise en ligne sur la page Facebook de l'association depuis à peine une heure, la vidéo atteint plus de 50'000 vues au moment d'écrire ces lignes. 

Encore un touriste arrêté

En quoi vapoter est si grave ? La question a dû aussi traverser l'esprit du touriste qui a envoyé un message à Chris Lusser, le moddeur suisse bien connu de la communauté. Son histoire confirme une fois encore les arrestations de touristes pour vapotage en Thaïlande. "J'ai été arrêté le 3 décembre  parce que j'ai vapoté dans la rue. J'ai été détenu en cellule près de 16 heures et le lendemain j'ai été présenté à la justice". Le touriste arrivé en Thaïlande la veille de son arrestation a ensuite été libéré. "Mon père a payé 100'000 Baths [plus de 3'000 FS] de caution", précise t-il dans son message. 

Assigné à rester dans le pays jusqu'à la prochaine audience le 22 janvier, alors que son billet de retour est fixé au 22 décembre, il a pris contact sur internet après avoir trouvé les informations concernant  l'arrestation d'un touriste Suisse cet été. "J'ai trouvé cette communauté et peut-être pouvez-vous me donner des conseils ou de l'aide", explique le vapoteur que l'on devine désemparé. 


Un modèle à suivre selon l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) promeut la Thaïlande comme modèle à suivre pour sa politique de répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage. Elle a d'ailleurs installé un centre opérationnel au pays détenteur de la Thaïland Tobacco Monopoly, ce qui parait entrer en violation de sa propre clause interdisant les financements par l'industrie du tabac (CCLAT art. 5.3). Au-delà de la question du financement cigarettier d'Etat thaïlandais, les incitations à la répression de l'OMS méprise cyniquement les droits humains