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jeudi 31 août 2017

[Expresso] Canada: pétition parlementaire contre l'assimilation de la vape au tabac du projet de loi S-5


La déception est grande, mais la partie n'est pas encore perdue. Adopté par le Sénat le 1er juin dernier, le projet de loi S-5 vise à assimiler le vapotage au tabagisme au Canada. Avant son examen à la Chambre des communes, une consultation publique est ouverte jusque fin octobre. Ainsi qu'une pétition officielle à la Chambre des communes réclamant le rejet de l'intégration de la vape au tabagisme. Lancée par des usagers, la pétition, qui compte à ce jour près de 2000 signatures canadiennes, sera présentée aux députés. "Cette pétition est très importante (...). La proposition de loi S-5 est très mauvaise pour l'avenir de la vape", insiste Jean-Philippe Boutin, vapoteur canadien de longue date, dans une vidéo (plus bas). Du côté des défenseurs des approches de santé publique par la réduction des méfaits, on s'inquiète aussi.

Droit à l'information censuré

"Si le projet de loi S-5 passe, elle rendrait illégal à une entreprise de dire aux fumeurs que les produits à risque réduit sont, justement, bien moins néfastes. Lorsque les gouvernements pensent que la solution est d'être opposé de manière excessive et irrationnelle contre les alternatives viables et radicalement moins dangereuses pour les fumeurs, ces gouvernements échouent dans leur compréhension du problème", explique le Pr David Sweanor, spécialiste en santé publique à l'Université d'Ottawa, dans une tribune dans le journal The Province. - Edit 1-09-2017 à 20H: le site canadien La Presse a mis en ligne une version française de la tribune de David Sweanor -.


Si ce projet était adopté tel quel, présenter la réduction des méfaits par l'arrêt du tabagisme avec le vapotage deviendrait interdit. Ils sont pourtant attestés, y compris par des experts canadiens dans le très sérieux rapport scientifique de l'Université de Victoria. L'influence de la Sénatrice Chantal Petitclerc, marraine québécoise du projet de loi S-5, n'est probablement pas étrangère à cette mesure insensée tant d'un point de vue de santé publique que de droit à l'information. Cette censure se trouve déjà en place au Québec. Malgré son obstruction à l'avancée de l'affaire, l'Etat du Québec vient d'ailleurs d''être officiellement assigné en justice pour cette raison, comme le rapporte le média local TVA

Au cas où le projet de loi S-5 serait confirmé sans modification par les députés, les médias indépendants, tels que les blogs, les reviews en vidéo etc... seraient aussi probablement menacés. Des affaires en justice, similaire au cas québécois, ne seraient pas exclure le cas échéant pour défendre droits d'expression et d'information.

Tentation coupable

En plus d'une interdiction du droit d'être informés, les usagers du vapotage peuvent craindre de se voir privés d'une multitude d'arômes par le projet de loi S-5. Au nom de la protection des enfants, les dénominations jugées suspectes d'être attirantes seraient interdites. En plus des arômes confiseries et gourmands, on peut retrouver le goût cannabis sur la liste des interdits. Ceci au moment où le Canada est sur la voie de légaliser la weed...!? Comprendra qui peut. 

Le projet de loi prévoit aussi d'imposer des messages anxiogènes sur les produits de vape dans le même mode que l'Union Européenne. Des limitations des produits, des processus d'homologation peuvent faire craindre glaciation des innovations et régression de la diversité des produits existants. 

"Morts par tromperie sur mandat"

Alors le Gouvernement Trudeau semblait ouvert à des progrès en matière de réduction des méfaits et de l'abandon des logiques répressives et de leurs conséquences catastrophiques en matières sanitaires et sociales, le projet de loi S-5 marque une violente régression pour les droits à la santé de la population. Une loi qui pourrait au final se révéler plus nocive que bénéfique pour la santé publique. Avant son examen à la Chambre des communes, le Pr David Sweanor assigne les élus à leur responsabilité. "Les législateurs canadiens ont abandonné, à contre-cœur parait-il, d'interdire totalement le vapotage pour s'orienter vers une loi entravant marketing et accès aux produits à méfait réduit, de manière à ce qu'un minimum de fumeurs de cigarettes arrête de fumer à leur aide. On pourra nommer ces victimes des "morts par tromperie sur mandat"."



vendredi 4 novembre 2016

[Expresso] Le Times retire ses mensonges à l'encontre de scientifiques anti-tabac

L'honneur des professeurs David Nutt, Karl Fagerstöm, Riccardo Polosa, David Sweanor et Clive Bates est enfin lavé des mensonges du Times. Les articles de Katie Gibbons, parus le 12 octobre dans le quotidien londonien, ont été retirés aujourd'hui. Sur le site du Times, on trouve à la place un correctif présentant les excuses du journal aux scientifiques injustement accusés d'avoir des liens financiers avec l'industrie du tabac. Les excuses ne sont pour autant pas accessibles en totalité sans abonnement (sic!). Les scientifiques avaient engagé le cabinet Lewis Silkin pour se défendre. Ces chercheurs engagés dans la lutte anti-tabac sont connus pour explorer et prendre en considération une approche de réduction des risques par le vapotage. Un moyen de consommation de nicotine sans tabac ni combustion qui a déjà permis à des millions de fumeurs de lâcher leurs clopes. 
L'article publié dans le Times

"Le Times devrait examiner attentivement les motifs de cette attaque calomnieuse. Réduire l'émergence des alternatives plus sûres au tabac, telles que le vapotage et le snus, se traduira inévitablement par plus de décès à cause des cigarettes fumées. C'est actuellement la principale cause de mortalité au monde. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?», demandait le Pr David Nutt de l'Imperial College de Londres, cité par la NNA le 24 octobre. La question peut aussi s'adresser aux organismes qui ont pris prétexte de rumeurs mensongères pour écarter les études et les rapports scientifiques de ces auteurs. Le point intéresse particulièrement la Suisse, puisque la Commission fédérale de prévention du tabagisme est aussi tombée dans le panneau dans son récent avis sur le vapotage... A l'origine de ces calomnies sans fondement, une figure anglaise connue dont l'activité de mobbing a été révélée il y a quelques mois. Des suites à cette honteuse histoire ne seraient pas surprenantes.


edit à 12h. ajout de la copie de l'article complet ;)

lundi 24 octobre 2016

[Expresso] Cinq scientifiques attaquent le Times pour diffamation (MàJ)

Cinq scientifiques de la lutte anti-tabac ne digèrent pas les accusations, qu'ils estiment calomnieuses, du Times du 12 octobre. La journaliste Katie Gibbons y prétendait que plusieurs d'entre eux sont à la solde des cigarettiers. Depuis le quotidien londonien a rétracté discrètement ses fausses accusations à l'encontre du Pr Clive Bates. Mais les autres chercheurs mis en cause dans l'article ne comptent pas passé l'éponge si facilement. "Toute ma vie, j'ai œuvré à aider à réduire le nombre de morts du tabagisme", explique le Pr Karl Fagerström au Guardian d'hier. "Le Times a choisi de nous calomnier et salir note réputation. A présent, le journal doit présenter clairement ses excuses ou alors il devra faire face à une bataille qu'il perdra", poursuit l'auteur du fameux test de dépendance tabagique mondialement utilisé. Le scientifique n'est pas le seul à être en colère contre les propos diffamatoires de Katie Gibbons, dont plusieurs se sont déjà révélés sans fondements. 

Le Pr David Nutt, ex-Conseiller du gouvernement britannique en matière de prévention sur les drogues, ainsi que plusieurs chercheurs ayant participé à son étude sur l'évaluation des risques de divers modes de consommation de nicotine s'estiment salis. Cette étude évaluait les cigarettes comme étant un mode particulièrement nocif, tandis que le vapotage en éliminant les goudrons, le monoxyde de carbone, les particules fines et la plupart des milliers de toxique du tabac fumé, était estimé à moins de 5% des risques et dommages de la cigarette. "Ma réputation a été saccagée par le Times. Malgré de nombreuses preuves de mon indépendance, il a prétendu que je suis lié aux Big Tobacco compagnies. C'est comme dire que Robin des Bois était à la solde du shérif de Nottingham. Je ne peux pas laisser dire ça", explique le Pr David Sweanor, éminent spécialiste canadien en Santé publique, au Guardian. Les cinq chercheurs ont mandaté le cabinet juridique Lewis Silkin pour défendre leurs intérêts et être blanchi des accusations de Katie Gibbons.

[Mise à jour à 11h45] La New Nicotine alliance, organisation de défense des usagers de produits nicotine à risques réduits, donne aussi la parole aux scientifiques attaqués par le Times. «Nous sommes des experts parmi les plus connus sur la question du tabac et de la réduction des méfaits. Nous cumulons à nous tous plus de 1000 articles académiques publiés. Pourtant, le Times nous a caricaturé de manière grotesque à partir des fantasmes de l'idéologue Martin McKee qui, lui, n'a jamais publié la moindre recherche sur le vapotage", déclare le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania et directeur scientifique de la Ligue italienne anti-fumée (LIAF). 

"Le Times devrait examiner attentivement les motifs de cette attaque calomnieuse. Réduire l'émergence des alternatives plus sûres au tabac, telles que le vapotage et le snus, se traduira inévitablement par plus de décès à cause des cigarettes fumées. C'est actuellement la principale cause de mortalité au monde. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?», demande le pr David Nutt de l'Imperial College de Londres.