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vendredi 24 novembre 2017

"Les vapoteurs devront se mettre à fumer": le Gouvernement Indonésien suit la logique de l'OMS


Cette fois, c'est l'Indonésie. Les pays asiatiques criminalisent les uns après les autres le vapotage. Depuis l'appel publié mi-septembre de Jagdish Kaur, cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à appliquer les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais contre l'usage du vapotage, les gouvernements autoritaires s'y engouffrent les uns après les autres. "Nous allons les arrêter. De cette façon, les vapoteurs devront se mettre à fumer des cigarettes", explique Enggartiasto Lukita, Ministre du commerce indonésien, au journal local Kompas. Il a annoncé la semaine dernière avoir signé le nouveau règlement contre l'importation de liquides de vapotage en Indonésie.

Edition du titre et photo le 30.11.2017, en raison du fait que l'Indonésie n'a pas ratifié la Convention anti-tabac de l'OMS.

Prohibition de facto

Les autorisations administratives exigées désormais sont quasiment impossibles à obtenir, selon le Ministre lui-même. "Les produits de vapotage ne peuvent être distribués ou importés qu'avec des autorisations du Ministère de la santé, de l'Administration de l'alimentation et des médicaments (BPOM), du Ministère de l'industrie et du Conseil national des normes (SNI). C'est très long pour les obtenir, 20 à 30 ans ne suffisent pas toujours", déclare le Ministre à Kompas.

"Le gouvernement indonésien semble encore une fois mettre les intérêts économiques avant les intérêts de la santé en matière de tabac", déplore le site Coconuts basé à Jakarta. Près de 300'000 indonésiens meurent prématurément de maladies liées au tabagisme chaque année selon les estimations de santé publique. Le pays détient un des plus fort taux de tabagisme au monde avec plus de 60% de fumeurs chez les hommes. Pour sa part, le Ministre du commerce estime que le vapotage rapporte moins à l'économie que la vente de tabac, produit par des paysans locaux. 

La politique contre la santé de l'OMS

[édité] L'OMS appelle à criminaliser le vapotage et les vapoteurs selon les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais, deux pays qui répriment le vapotage, notamment en incarcérant les usagers. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", exige  Jagdish Kaur, cadre de l'OMS Asie, le 15 septembre dans Indian Journal of Public Health. Il devient très difficilement compréhensible comment des démocraties peuvent soutenir par leur silence et leur financement cette politique violant les droits humains, y compris celui de protéger sa santé avec des moyens de réduction des risques.


mercredi 8 novembre 2017

Impayable: le bureau anti-tabac de l'OMS fait son Sommet de bonne gouvernance en Thaïlande

Junte militaire et propriétaire du Thaïland Tobacco Monopoly, la Thaïlande a accueilli, les 2 et 3 novembre à Bangkok, le Sommet de bonne gouvernance du bureau anti-tabac asiatique (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'OMS insiste dans son compte-rendu sur l'importance d'appliquer l'article 5.3 de la Convention anti-tabac, qui spécifie le devoir d'indépendance envers toute influence de l'industrie du tabac. Cette petite sauterie bureaucratique s'est donc déroulée dans une dictature thaïlandaise qui détient la principale firme de cigarettes locale. Un régime militaire qui réprime les usagers arrêtant de fumer à l'aide du vapotage, y compris par des incarcérations aux conditions connues sous le régime dictatorial. 

Gerry Stimson, militant de longue date des mouvements pour la réduction des méfaits et notamment organisateur du Global Forum on Nicotine (GFN), s'est étonné avec insistance du conflit d'intérêt évident de la Thaïlande et de la violation manifeste de ce Sommet avec la propre Convention anti-tabac adoptée par l'OMS en 2003.

Ses interpellations sont restées lettre mortes jusque-là. Pour l'OMS, la bonne gouvernance semble donc rimer avec junte militaire et l'indépendance aux intérêts tabagiques se conjugue en firme d'Etat détenant 80% du marché local de cigarettes. Tout un programme. Pour le coup, la forte influence locale de l'Inde, grande nation exportatrice de tabac, et la direction opaque de Vera daCosta passent presque inaperçues. Ce sommet réunissait 17 nations asiatiques ainsi que 33 organismes dont les noms n'ont pas été communiqués par l'OMS. La transparence, les principes démocratiques et le soucis de la santé publique, en particulier du public lui-même, ne semblent pas avoir été à l'ordre du jour. Une nouvelle fois est-on tenté de dire.


lundi 16 octobre 2017

Singapour: Devant son succès, les autorités veulent criminaliser l'usage de la vape

Les fumeurs singapouriens sont de plus en plus nombreux à arrêter de fumer avec le vapotage. Et ceci malgré que son importation, sa vente et sa distribution sont interdits dans le pays. Le Health Science Authority a recensé 15'000 infractions depuis 2014, contre 9'000 les trois ans précédents. Une augmentation de 70% soulignent les autorités rappelant aussi que ces délits peuvent entraîner une amende de 10'000$ (7'200 FS/6250€) et une peine jusqu'à six mois de prison. "Bien que la loi de Singapore interdit strictement la vente et le trafic de produits de vapotage, leur popularité grandit de jour en jour, et c'est la principale raison derrière l'augmentation du nombre de cas de trafic", explique le quotidien International Business Times (IBT). 

"Beaucoup de gens à Singapour pense que le vapotage est moins nocif que les cigarettes et ils considèrent ces vaporisateurs électroniques comme le meilleur moyen d'arrêter de fumer", poursuit l'International Business Times. En réponse à cette sortie croissante du tabagisme à l'aide du vapotage, un projet de loi visant à criminaliser directement les vapoteurs a été présenté au début du mois au parlement de Singapour. Elle prévoit de rendre illégal l'usage, l'achat et la possession des produits de vapotage, qui seraient punissables d'une amende de 2'000$ (1'440 FS /1'250€). "Cette loi protégerait les singapouriens des risques d'utiliser ces produits et va empêcher leur usage", explique un porte-parole de la Health Science Authority au journal local Straits Times

A l'appel de l'OMS

Ce projet de loi pour réprimer les fumeurs sortant du tabagisme à l'aide du vapotage semble directement s'inspirer de l'appel de la Dr Jagdish Kaur le mois dernier. La cadre du bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a exhorté les pays du sud-est asiatique à suivre l'exemple de la Corée du Nord et de la Thaïlande dans un article publié dans l'Indian Journal of Public Health: "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national".


samedi 30 septembre 2017

La Thaïlande reconnait officiellement des arrestations de vapoteurs étrangers, l'OMS l'encourage

"Il y a eut des incidents récemment avec des voyageurs étrangers qui n'étaient pas au courant de l'interdiction [du vapotage] et qui ont du payer une amende sur place ou ont été arrêtés". L'Autorité du Tourisme en Thaïlande (TAT) ne donne pas plus de précision dans son communiqué, daté du 22 septembre dernier, sur ces "incidents" liés à la prohibition du vapotage mise en place depuis 2014 par la junte militaire. Fin juillet, le milieu des vapoteurs alertait sur l'arrestation le 26 juillet d'un touriste Suisse détenu durant six jours pour avoir vapoté en public. Relâché sous caution, il risque une peine de prison, qui selon les griefs retenus peut aller jusqu'à 10 ans. Information confirmée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), mais dont la médiatisation a valu quelques enfumages. Malgré notre demande, l'Ambassade thaïlandaise de Berne ne nous a donné aucune précision ni sur l'affaire ni sur les indications à donner aux voyageurs. 

Arrestations et confiscations

Depuis, la presse britannique s'est fait l'écho d'autres cas de touristes pris à partie par les forces de l'ordre en Thaïlande. Certains ont dû donner des sommes de l'ordre de plus de 160 Fs sans savoir s'il s'agissait d'amendes légales ou de racket policier. Une ambiguïté fréquente en Thaïlande comme le confirme un français expatrié dans un interview à Vapoteurs.net. De son côté, le Foreign Office recommande explicitement à ses ressortissants de ne pas prendre de produits de vapotage en Thaïlande, alors que le DFAE reste silencieux sur le sujet. L'interdiction du vapotage ne concerne pas seulement les touristes, de nombreuses arrestations de thaïlandais sont rapportées régulièrement par la presse locale.

C'est dans ce contexte que, bien qu'elle ne donne aucune précision sur les suites judiciaires des différentes affaires, l'Autorité du Tourisme en Thaïlande a décidé d'informer les futurs voyageurs par ce communiqué, repris par de nombreux sites d'information en ligne notamment de langue allemande. "Alors que le vapotage (ou e-cigs) est utilisé un peu partout dans le monde comme aide pour arrêter de fumer, les voyageurs qui viennent en Thaïlande doivent savoir que cela est en fait illégal dans le Royaume", explique la TAT. "Beaucoup pourraient se demander pourquoi un appareil prévu pour aider les gens à arrêter de fumer est interdit. Un porte-parole du Gouvernement a déclaré que l'interdiction a été introduite pour des raisons de santé et qu'elle était suggérée à l'origine parce que le vapotage pourrait amener les jeunes au tabagisme", poursuit le communiqué.

La violation de l'article 1 (d) de la Convention anti-tabac

En parallèle, le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a franchi un pas supplémentaire dans son soutien à la prohibition thaïlandaise de l'outil de réduction des méfaits. La Dr Jagdish Kaur, cadre du bureau asiatique de la FCTC, appelle à suivre l'exemple de la Thaïlande, de la Corée du Nord et du Timor oriental, contre toute liberté donnée aux usagers de pouvoir utiliser des outils de réduction de risques comme le vapotage. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique (SEAR) doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire holistiquement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS), de manière appropriée à leur droit national. Sans égard à ce que ces produits contiennent ou non de la nicotine, ils imitent la fumée et doivent être considérer comme une promotion (directe ou indirecte) de l'usage de tabac", explique l'article de la cadre de l'OMS publié dans l'Indian Journal of Public Health le 15 septembre

Pourtant la Convention anti-tabac qui donne vie à ce bureau de l'OMS, stipule clairement la réduction des méfaits comme élément intrinsèque à sa démarche. "La "lutte anti-tabac" signifie une gamme de ressources, de demandes et de stratégies de réduction des méfaits visant à améliorer la santé de la population en éliminant ou réduisant la consommation de produits de tabac et l'exposition à la fumée de tabac"(*), précise dans sa version anglaise l'article 1 §d de la Convention cadre anti-tabac de l'OMS. La violation de cet article est activement soutenue par le Secrétariat Général actuel de la FCTC, qui s'est arrogé des pouvoirs de direction au-delà de son rôle de secrétariat au motif de lutter contre l'influence des firmes cigarettières. Bien que cette tactique d'opacité et d'exclusion de la société civile favorise un éco-système propice aux noyautages des grandes firmes tabagiques, notamment de Philip Morris comme l'a révélé une enquête de Reuters à propos du dernier sommet de la FCTC en Inde.

Sourires 1984

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait déjà adressé officiellement ses "félicitations" et "toute [sa] gratitude" à la junte militaire thaïlandaise pour sa prohibition du vapotage quelques mois après le coup d'état en 2014. Le pays qui compte, selon ses statistiques officielles, 42% de fumeurs est considéré comme "une sucess-story" par la toute-puissante cheffe de la FCTC dans un article du Guardian à l'été 2016. Le marché légal des cigarettes y est tenu pour 80% par le Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat sous l'autorité du Ministère des finances mais qui ne détient plus le monopole en dépit de son nom. L'entreprise annonce rapporter plus de 7 milliards de baths (env. 200 millions FS, 180 millions €) par an au Royaume. Le Thaïland Tobacco Monopoly finance notamment clubs de football et actions culturelles... Au pays du sourire obligatoire, que les opposants démocrates comparent au roman 1984 de George Orwell, arrêter de fumer à l'aide de la vape, c'est pire que fumer des cigarettes. 

(*) "“tobacco control” means a range of supply, demand and harm reduction strategies that aim to improve the health of a population by eliminating or reducing their consumption of tobacco products and exposure to tobacco smoke", à noter que la traduction française officielle est peu claire sur le point de la réduction des méfaits.

samedi 24 juin 2017

Les Philippines vont-elles utiliser des détecteurs de nicotine pour traquer les vapoteurs?

Les Philippines envisagent de se doter de détecteurs de nicotine pour en traquer les consommateurs. "Même s'il n'y a eu que du vapotage, ce gadget permet de détecter des particules de nicotine, même simplement vaporisées. Ainsi il n'y a même plus à prouver la nocivité pour autrui. Dès que nous détectons des traces de nicotine, même si elle provient de vapotage, alors c'est une preuve suffisante pour estimer que le lieu n'est pas "100% smoke-free" et qu'il y a violation de la directive", annonce Paulyn Ubial, Secrétaire d'Etat à la santé, le 30 mai dernier au site d'information Rappler

La directive dont elle parle - l'Executive order 26 (EO26) - a été signée le 16 mai par Rodrigo Duterte, Président controversé des Philippines. L'EO 26 interdit de fumer dans les lieux publics et dans la rue à moins de 10 mètres des bâtiments. La vente et la promotion de produits de tabac dans un périmètre de 100 mètres autour des écoles et des crèches sont également prohibées. Enfreindre cette directive est considérer comme un délit pouvant entraîner une peine jusqu'à 4 mois de prison ferme.

Pressions de la CCLAT de l'OMS contre le vapotage

Mais telle que signée, sa définition ne couvre pas le vapotage. " "Fumer" signifie être en possession ou contrôler un produit de tabac allumé sans considération que la fumée soit inhalée ou exhalée activement", stipule la directive (Sec. 1 § i). Visiblement mise sous pression, la Secrétaire à la santé a, dans la foulée, promis d'essayer de corriger le tir dans les règles d'application. "Nous inclurons le vapotage lorsque nous aurons reçu les informations et les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)", déclare Paulyn Ubial le 19 mai. Les 19, 20 et 21 octobre dernier, des cadres de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT ou FCTC en anglais) de l'OMS avaient rencontré des représentants du gouvernement philippins pour préparer l'EO 26 dans un luxueux hôtel de Manille. 

Vera da Costa e Silva, Directrice de la CCLAT de l'OMS, s'était d'ailleurs fendue de félicitations à Rodrigo Duterte, alors que les Philippines connaissaient un véritable massacre à son initiative au nom de la lutte anti-drogue. Autant dire que "l'oubli" du vapotage dans l'EO 26 n'a pas été apprécié par la Directrice brésilienne à l'origine de la tentative, lors de la dernière conférence sur le tabac de l'OMS (COP7), d'une interdiction mondiale du vapotage avec la délégation de l'Inde, l'autre grand pays exportateur de tabac au niveau mondial avec le Brésil.

Surveiller et punir

Problème technique pour les tenants de la ligne anti-vape, dont on ne sait pas vraiment s'ils défendent la santé publique ou protègent les ventes de cigarettes, la vape ne contient pas de tabac et ne génère pas de fumée avec ces constituants toxiques spécifiques. D'où la nécessité pour eux de faire glisser l'interdiction de la fumée vers la présence de nicotine. Le "gadget" qui pourrait leur permettre de faire cela, auquel se réfère la Secrétaire à la santé philippines, est développé par des chercheurs américains.

Une équipe spéciale du Dartmouth College, université privée du New Hampshire (USA), planche sur ce système depuis le début de la décennie. Dirigées par  Joseph Belbruno, les recherches ont connu une avancée majeure relatée dans un article publié en septembre 2013 dans Nicotine & Tobacco Research. La mise au point d'un polymère avec des nanoparticules modulant leur résistance électrique selon la présence de nicotine a ouvert la porte au développement du senseur de nicotine. Bien que leurs tests montrent un problème de réactivité non linéaire à la présence de nicotine, les chercheurs enchaînent les dépôts de brevets. Après le polymère de nanotechnologie en 2012, la technologie de l'appareil même et son interface informatique en 2013, les inventeurs BelBruno et Tanski ont breveté le process de fabrication du produit en décembre 2016. Sa commercialisation est lancée exclusivement sur le site de Freshair. Il en coûte 122$ l'appareil et une maintenance de 4$ par mois. La firme annonce aussi le développement imminent d'une version anti-cannabis.

Pizza, bouillabaisse & moussaka connections 

La firme Freshair promet de pouvoir traquer les fumeurs dans les lieux interdits, telles les voitures de location, les chambres d'hôtel ou "même chez soi". Par une surveillance en temps réel, mais aussi en détectant des restes de nicotine après l'usage ("résidus tertiaires"). Une question n'est pas problématisée par les chercheurs, ni par leur site commercial qui reste extrêmement évasif sur les méthode de détection de leur appareil. Que se passera t-il en cas de présence de nicotine ne provenant pas de tabagisme? La question se pose non seulement pour le vapotage, mais évidemment aussi pour les activités de cuisine. Les cuisiniers philippins devront-ils renoncer à cuire tomates, patates, aubergines, carottes, poivrons, choux-fleurs etc... pour ne pas vaporiser la nicotine de ces solanacées dont le mouchard détecterait la trace? 

Les chercheurs américains semblent avoir fait l'impasse sur cette question de risque de "faux positifs" en postulant que toute présence de nicotine est synonyme de tabagisme. Un postulat dont l'impensé semble illustrer le glissement d'un certain courant de la lutte anti-tabac vers une croisade délirante contre la nicotine.


mercredi 9 novembre 2016

[Expresso] #COP7FCTC Sally Satel & Clive Bates: Six conseils à l'OMS pour ne pas nuire à la lutte anti-tabac

"Il est difficile de croire qu'un accord global de santé publique dédié à l'arrêt du tabagisme, et à sauver des millions de vies en conséquence, puisse mener à plus de morts prématurées et de maladies évitables. Mais c'est ce qui pourrait bien arriver si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) maintient ses positions". Le Pr Clive Bates et la Dr Sally Satel pointent le paradoxe de l'approche hostile au vapotage de l'OMS dans la revue de santé STAT. A Noida, dans la banlieue de Delhi en Inde, la réunion CoP7 de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT - FCTC en anglais) se tient depuis lundi. "La question la plus controversée en discussion est le traitement du vapotage", expliquent les deux anti-tabac. 

Menace ou opportunité?

D'un côté, l'OMS voit le vapotage comme une menace. De l'autre, de nombreux scientifiques analysent que vapoter est extrêmement moins risqué que de fumer. Une réduction des risques au niveau individuel qui si elle est adopté massivement par les fumeurs entraînerait une baisse du tabagisme et de ses méfaits sanitaires. Sur la base d'études, notamment toxicologiques, des rapports scientifiques, dont celui du prestigieux Collège royal des médecins britannique, estiment la réduction des risques de l'ordre d'au moins 95%. "Le vapotage ne brûle pas de tabac, il ne produit donc ni goudron cancérigène ni les autres toxiques issus de la combustion", rappellent Clive Bates et Sally Satel.

Un groupe d'experts sur la réduction des risques s'est
constitué au sommet de la CoP7 à New Delhi
Pourtant, l'OMS a publié un rapport anonyme préparatoire pour ce sommet extrêmement défavorable au vapotage. En réponse, le Centre britannique d'études sur l'alcool et le tabac (UKCTAS) a fait une critique détaillée et accablante du rapport de l'OMS. "Face à ce duel des analyses, que devraient faire les délégués au sommet de l'OMS?", demandent les auteurs. Et de leur suggérer six conseils:

1- Lire les rapports contradictoires et les évaluer sur la bases des éléments scientifiques fondés en écartant les préjugés idéologiques ou les intérêts politiciens. L'enjeu d'une possibilité de sauver des vies devrait être considéré au moins autant que la question de maîtriser des risques hypothétiques.

2- Sans résolution de la controverse, le traité de la CCLAT ne devrait pas être modifié sur cette question. "La CCLAT devrait appeler à plus de recherche et une évaluation plus professionnelle de la preuve. Jusqu'à présent, l'OMS n'a pas réussi à fournir une évaluation sérieuse des risques et des opportunités du vapotage en comparaison avec les cigarettes de tabac", expliquent les auteurs.

3- L'OMS doit cesser de soutenir les interdictions de vente et de fabrication des produits de vapotage. "Comment peut-on donner un sens éthique et scientifique à l'interdiction d'une alternative beaucoup plus sûre, lorsque le produit le plus nocif, la cigarette de tabac, est disponible partout?", s'étonnent-ils.

4- "La CCLAT devrait revenir à l'essence de la santé publique et reconnaître que le rôle des gouvernements est d'aider les citoyens à faire des choix éclairés dans leurs propres intérêts", soulignent Clive Bates et Sally Satel. Donner la possibilité d'accéder à la réduction des risques et délivrer une information rationnelle devraient être les piliers de santé publique. "Au lieu de cela, la rhétorique alarmiste émanant de l'OMS et de certains militants anti-tabac crée un climat de peur et sème la confusion poussant les fumeurs à rester avec le diable qu'ils connaissent plutôt que d'essayer un produit nouveau mais beaucoup plus sûr", accusent-ils.

Un militant libertarien proteste lundi à la CoP7 avant
l'exclusion des journalistes et du public des réunions
5- Les réunions de la CCLAT doivent s'ouvrir et inclure le monde de la vape. L'OMS exclut "à peu près tous ceux qui peuvent être en désaccord avec leur approche", soulignent les deux militants anti-tabac. Alors que vapoteurs et les nombreuses entreprises du vapotage n'ont rien à voir avec la triste histoire de Big Tobacco. "Il est frappant de voir que c'est l'approche inverse des initiatives prise par les Nations Unies (UN) à propos du VIH/Sida, où le slogan "Rien sur nous, Sans nous" est accepté dans les réunions de la Convention", rappellent-ils dans les colonnes de la revue de Boston.

6- Le principe de ne pas nuire devrait être maître. Une réglementation inappropriée du vapotage peut avoir des effets délétères en poussant des vapoteurs à retourner au tabagisme ou empêcher des fumeurs de s'en sortir à l'aide de la vape. Le résultat d'une telle erreur de santé publique serait une hausse des maladies évitables comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires et, au bout, plus de morts prématurées.

Clive Bates et Sally Satel concluent en exhortant les délégués de la CCLAT à "examiner avec attention toutes les options parce que des vies sont en jeu. Prendre des décisions peu judicieuses et prématurées sur le vapotage pourrait alourdir le poids des maladies au lieu de le réduire".

lundi 10 octobre 2016

[Expresso] La CCLAT de l'OMS fière de collaborer avec Duterte, l'Hitler des Philippines

La Dr Vera da Costa e Silva est heureuse. La directrice brésilienne du secrétariat de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT) en annonce la raison sur son fil twitter. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Président Rodrigo, Duterte au nom des Philippines, vont signer un accord d'interdiction totale de la fumée d'ici la fin du mois. Paulyn Ubial, secrétaire d'Etat à la santé, annonce ce midi dans le Philippine Star, que le projet attend sur le bureau de Duterte. “Il n'y aura plus aucun lieu public autorisé aux fumeurs, plus aucun, aussi bien en intérieur qu'à l'extérieur, Les parcs, les arrêts de bus et même les véhicules. Tous sont considérés comme des lieux publics", explique Paulyn Ubial. La collaboration de l'OMS avec les Philippines semble pour le moins douteuse pour la santé publique dans le contexte de massacre de masse organisé par les autorités philippines.

Le Président philippin, se comparant lui-même à Hitler, a annoncé, à la télévision locale le 30 septembre dernier, espérer "massacrer au moins trois millions de dépendants". Officiellement depuis le 1er juillet, plus de 3600 personnes ont déjà été assassinées, moitié par les forces de l'ordre, moitié par des milices que le dirigeant philippin a encouragé. Une perspective qui semble donc compatible avec l'approche de l'OMS. L'organisation genevoise s'est montrée opposée jusqu'ici à toute forme de réduction des risques sur la question de la nicotine. A moins d'un mois de l'ouverture de la CoP7 de la CCLAT à New Delhi en Inde, l'organisation INNCO, représentant les usagers de moyens de nicotine à risques réduits, n'a pas reçu de réponse à sa demande d'entrevue avec les responsables de l'OMS. 

[Expresso] INNCO, réseau mondial d'usagers de nicotine, s'attaque à la politique puritaine de l'OMS

Paris novembre 2015 (de G. Armand / Vaping Post)
L'OMS peut-elle continuer d'ignorer 20 millions d'ex-fumeurs? Une nouvelle organisation donne de la voix.  L'INNCO, réseau international des organisations de consommateurs de nicotine, regroupe des associations représentant près de 20 millions d'usagers de produits nicotinés plus sûrs. "L'objectif de l'INNCO est de rendre plus facile l’accès aux fumeurs d'alternatives plus saines que les cigarettes, causes principales des maladies et morts évitables dans le monde", explique le communiqué de presse de la nouvelle faîtière. Une question de droit à la santé et de droits de l'homme. Dans ce soucis, l'organisation revendique la fin des prohibitions, des réglementations disproportionnées et des taxations punitives des produits nicotinés tels que le vapotage et le snus. Le réseau recherche donc en premier lieu l'ouverture d'un dialogue avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dont les positions contre les moyens et les approches de réduction des risques et dommages intoxiquent médias et santé publique.