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samedi 29 octobre 2016

Réponse du Pr Gmel et al. à ma critique: «Quand les lobbyistes de la vape font mauvaise science»

Au hasard d'une recherche google sur tout autre chose, je tombe aujourd'hui sur la réponse des Prs Gerhardt Gmel, Stéphanie Baggio, Meichun Mohler-Kuo et Joseph Studer à ma critique publiée le 11 juillet de leur article de janvier dernier. Le Swiss Medical Weekly, qui ne m'avait pas non plus donné de lien (ni envoyé de version papier) vers la publication de mon commentaire, ne m'a pas informé de cette réponse publiée le 16 juillet. …! J'étais jusque là persuadé qu'il n'y en avait pas eu. Bref.

Pour resituer le déroulé de la petite histoire:
- parution le 11 janvier 2016 de l'article "E-cigarette use in young Swiss men: is vaping an effective way of reducing or quitting smoking?" de l'équipe du Pr G. Gmel dans le Swiss Medical Weekly
- réaction le 19 janvier du Pr Michael Siegel, Université de Boston, sur son blog "Study that Purports to Show Vaping Causes Smoking Initiation and Impedes Cessation is a Complete Sham"
- proposition publique les jours suivants du Swiss Medical Weekly d'ouvrir ses colonnes à un commentaire critique
- parution le 11 juillet 2016, après des échanges tendus et la mise en ligne d'une version en français, de mon commentaire en anglais "When federal science is muffling harm reduction by vapingpar le Swiss medical Weekly
- réponse publiée le 16 juillet (mais que je ne découvre qu'aujourd'hui) des scientifiques suisses à mon commentaire "When vaping lobbyists get science wrong – reply to Poirson"

En voici le résumé avec quelques remarques personnelles.

«Nous protestons vivement d'être décrits par un lobbyiste du vapotage comme des assistants loyaux de la science fédérale officielle qui seraient aveugles idéologiquement aux stratégies de réduction des risques». Les auteurs précisent que leur recherche a été financée par le Fond national Suisse des sciences, organisation indépendante non gouvernementale. «Il n'y a donc pas d'étouffement par la science fédérale», expliquent les chercheurs travaillant, notamment et pèle-mêle, pour l'hôpital de Lausanne, Suisse Addiction, l'Université de Lausanne et l'Institut de prévention et d'épidémiologie biostatistique de Zurich.

«Cela se réfère seulement à NOTRE étude sur les jeunes hommes". En Suisse.

«En second lieu, nos résultats ne contiennent pas d'erreurs ou de biais méthodologiques, tel que nous le reproche Poirson, et notre conclusion n'est pas non plus «abusive» (alors que le langage utilisé par Poirson l'est)», poursuivent les scientifiques suisses. «Notre conclusion affirme que NOUS [majuscule dans le texte] n'avons trouvé aucun effet bénéfique, et bien entendu cela se réfère seulement à NOTRE étude sur les jeunes hommes», précisent -ils. Suisses, des jeunes hommes en Suisse...

La précision très utile des auteurs ne me semble pas avoir été aussi claire dans la publication initiale. Au point que la Food and Drug Administration (FDA) américaine, ainsi que le Gouvernement autrichien l'ont interprété comme une preuve de l'absence d'effet bénéfique du vapotage à valeur universelle et l'ont utilisé comme telle lors de l'élaboration de réglementations. «Poirson semble confondre biais de sélection et généralisation à une plus large population. Alors que notre étude est restreinte aux seuls jeunes hommes», insistent les scientifiques. Bien. Il serait donc important de communiquer sur le focus réduit de cette recherche, non seulement au «lobbyiste» bénévole (et non pluriel aussi) que je suis, mais également au Pr Stanton Glantz qui la promeut visiblement avec une portée bien plus grande pour influencer des décideurs politiques. Avec beaucoup plus de succès que moi-même.

Le Pr Glantz qui justement est référencé par les auteurs pour deux études confirmant leurs dires sur cette absence d'effet du vapotage contre le tabagisme. Deux études controversées par leur méthodologie, puisqu'elles écartent a priori les vapoteurs s'étant sevrés du tabagisme pour conclure que le vapotage n'aide pas au sevrage tabagique. (Ce que n'a pas fait l'étude du Pr Gmel et al.)

Les auteurs reconnaissent que deux autres études longitudinales, analysées par l'Institut Cochrane, ont conclut à des effets positifs. Pour autant ils estiment que la science peut produire des conclusions divergentes. Le point ici dans mon argumentation, peut-être pas exprimé assez clairement, était que ces divergences sont le fruit des différences d'environnement, notamment législatif. A savoir qu'en Suisse les liquides nicotinés sont prohibés à la vente localement. Ce point est abordé par les auteurs en fin d'article. Ils m'expliquent alors que l'on peut commander par internet des liquides nicotinés [merci!], et en trouver en Suisse par des astuces de contournement de l'interdiction de vente [merci de nouveau!].

«Nous sommes d'accord que cette régulation de la vente peut limiter l'usage des e-liquides avec nicotine en Suisse»

«Néanmoins, nous sommes d'accord que cette régulation de la vente peut limiter l'usage des e-liquides avec nicotine en Suisse. Les données du monitorage d'Addiction Suisse montraient qu'en 2013, seulement 29,7% des possesseurs d'e-cigarette utilisaient du liquide nicotiné. Mais la prévalence des utilisateurs de liquide nicotiné à augmenté depuis lors», expliquent les chercheurs. Selon le document mis en référence par les auteurs, ce taux d'usage de nicotine est monté en 2015 à 34,2% des vapoteurs sondés. Mais l'échantillon est si faible en nombre que le rapport d'Addiction Suisse recommande la prudence sur son interprétation.

Mesurer le statut de vapotage des participants au départ n'aurait rien changé

Au niveau méthodologique, les auteurs réaffirment que leur étude est longitudinale. Bien qu'il n'y ait pas eu de mesure de l'usage du vapotage au premier pointage, mais seulement, dans un second temps, lors du suivi. «Nous n'avons pas tenté de cacher que le statut de vapotage n'était pas mesuré au départ. Ceci est mentionné plusieurs fois dans notre article. Cependant, ceci ne fait pas de notre étude une simple étude transversale», expliquent le Pr Gmel et al. La nature longitudinale de l'étude serait assurée par le suivi du statut tabagique des jeunes hommes suisses. «En outre, nous ne pensons pas que la mesure du statut de vapotage au départ aurait changé nos résultats, alors que la plupart des participants étaient probablement non-vapoteurs au départ», avancent-ils.

L'augmentation exponentielle du vapotage mesurée par Addiction Suisse autorise les chercheurs à supposer que la plupart des participants ont commencé de vapoter au cours du suivi. «Nous reconnaissons, toutefois, que ce n'est pas une conception optimale. Néanmoins, nous ne voyons pas comment notre constatation peut être interprétée autrement que le vapotage n'a eu aucun effet bénéfique sur le tabagisme classique dans la population des jeunes hommes dans son ensemble», persévèrent les chercheurs. Peut-être une autre interprétation serait que des données aussi faibles ne peuvent pas sérieusement autoriser quelconque interprétation se présentant comme définitive sur le sujet?

Par ailleurs, les auteurs font une chose assez étrange: me faire porter la charge de leur flou sur la portée de leur étude. C'est pourtant en raison de leur affirmation qui semblait vouloir être universelle que j'ai présenté des études montrant d'autres résultats dans des situations différentes. Les présupposés qu'ils m'attribuent ne sont pas miens, ils ne découlent que de leur manque de précision initiale (dont je ne suis pas la seule victime comme précisé au-dessus). Donc je passe sur ces éléments peu pertinents. Tout en notant que ce flou est levé par cette réponse à mon commentaire.

30 vapoteurs réguliers sur les 249 qualifiés de vapoteurs

Un point plus intéressant est le fait que l'article masquait que 88% des jeunes pris en compte n'ont fait qu'expérimenter le vapotage, et seuls 12% vapotaient quotidiennement. «Pourquoi devrions-nous concentrer nos conclusions sur la minorité d'utilisateurs quotidiens?», demandent-ils. La réponse est assez simple. Parce qu'il n'y a aucun sens à estimer que quelqu'un ayant pris une bouffée de vapote durant l'année est un vapoteur. J'ai couru avant-hier pour attraper le bus. Ca ne fait pas de moi un coureur de fond. Et évaluer l'impact de cette pratique en m'assimilant aux sportifs n'a aucun sens. 

A l'origine du problème, il y a des lacunes dans le questionnaire. Mais je ne suis pas responsable de ces lacunes qui rendent douteux de vouloir en tirer une conclusion. Je maintiens qu'à la rigueur "il aurait été plus judicieux de dire que pour l'extrême majorité des répondants continuer de fumer en ne vapotant qu'occasionnellement n'est pas bénéfique pour la cessation tabagique".

Les auteurs relèvent aussi que les rares vapoteurs réguliers de la cohorte ne montrent pas un taux de sevrage plus important. Je n'ai pas dit le contraire. On ne peut simplement pas sérieusement tirer des conclusions sur la base de 30 jeunes (sur les 5081 participants de la cohorte C-SURF). Même s'il y a des finances «non fédérales» du Fonds national à décrocher, il faut savoir parfois ne pas broder sur quasiment rien. 

Le gouvernement Suisse a décidé de protéger le tabagisme en condamnant ses citoyens fumeurs à ne pas avoir accès localement de manière légale aux liquides nicotinés. Ceci fait que le nombre de vapoteurs dans ce pays est «marginal» pour citer la Ligue Pulmonaire Suisse qui s'en réjouissait cet été. Il n'y a pas d'effet contre le tabagisme par le vapotage en Suisse parce que les cigarettiers sont protégés de la concurrence de la vape par l'administration et une large désinformation. C'est un fait incontournable pour toute évaluation du vapotage en Suisse dans l'état actuel des choses. Or l'étude n'en dit pas un mot.

Où est mon chèque?

Ma conclusion évoquait qu'à un moment donné, la question en épidémiologie des dépendances n'a plus été «est-ce que les substituts aident?» mais «dans quelles conditions ces substituts aident le mieux?» Les auteurs déclarent ne pas saisir ce point car le vapotage est un produit de consommation courante contrairement aux substituts. Je pense que je dois leur accorder le point. Ma comparaison historique trouve là une limite forte. 

Ils proclament soutenir l'aide des fumeurs par les substituts nicotiniques tels que patchs ou gommes. «Nous sommes cependant, clairement en faveur des substituts nicotiniques prescrits, les coûts étant même couverts par l'assurance-maladie en Suisse. Une telle substitution à la nicotine pourrait également inclure des liquides nicotinés», précisent-ils. Précisons aussi que les gommes nicotinées, que je consomme régulièrement d'ailleurs, sont en accès libre en pharmacie* et pas seulement sur prescription.

Notons pour finir sur une autre note positive que les auteurs déclarent être conscients de lacunes de leur première recherche et avoir affiné les questionnaires du second suivi lancé l'été dernier par C-SURF. Alors… peut-être pas si inutiles les remarques agaçantes d'un «vaping lobbyiste»? 
[Mais bordel, où est-ce que j'ai mis le chèque de Big Vapote?]


*edité le 30-10-2016 à 14h pour être plus précis. Auparavant "en vente libre"



mercredi 26 octobre 2016

[Expresso] Les anti-tabac britanniques laminent le rapport de l'OMS sur la vape

Design de T-shirt d'Helvetic Vape
"Le rapport de l'OMS aborde le vapotage comme une menace, alors qu'en fait, il représente une opportunité majeure pour la santé publique." Le Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool (UKCTAS) publie ce matin un commentaire critique - in extenso et en anglais - du rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le vapotage. Alors que les usagers de la NNA avaient fait part de leurs critiques, Atakan Befrits, du réseau mondial INNCO, souligne que la réunion préparatoire de l'Union Européenne "ne contient aucune déclaration positive sur la réduction des risques qu'offre le vapotage à ses usagers". A deux semaines de l'ouverture de la CoP7 de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT) de l'OMS à New-Delhi, c'est au tour des scientifiques de l'UKCTAS de décortiquer l'approche, la validité des données utilisées et l'orientation du rapport préliminaire qui doit servir de base de travail aux délégués sur le sujet. Le Pr John Britton, épidémiologue, la cancérologue Ilze Bogdanovica, la tabacologue Ann McNeill et Linda Bauld, spécialiste en politique de santé publique, s'opposent frontalement à l'appel à la répression de la vape et proposent "d'inverser" radicalement les propositions politiques de l'OMS. 

En bloc, les anti-tabac britanniques rejettent le "soutien injustifié" de l'OMS à l'interdiction du vapotage. "Les mérites de la prohibition sont extrêmement pauvres étant donné la disponibilité généralisée des cigarettes dans toutes les juridictions", conteste l'analyse de l'UKCTAS et poursuit, "il est contraire à l'éthique de refuser aux fumeurs des options au risque beaucoup plus bas que les cigarettes. Il n'y a aucune justification scientifique pour interdire le vapotage d'un point de vue de santé publique", s'engagent les sommités britanniques. Alors que la réduction des risques et dommages est inscrite comme élément stratégique de la lutte anti-tabac de l'OMS, son rapport travestit de manière irrationnelle les risques réels du vapotage aux yeux des scientifiques. 

Paracelse rule

En premier lieu, l'OMS échoue à donner une évaluation sérieuse du risque de cet appareil sans tabac ni combustion. "Sur les questions de toxicologie, le rapport est naïf et insiste sur des risques négligeables découlant de très faibles expositions", souligne l'UKCTAS. Raison de cet alarmisme de l'OMS, son oublie du principe incontournable de Paracelse: "la dose fait le poison". La faiblesse de la compréhension toxicologique de l'OMS se retrouve sur la question d'un risque pour l'entourage des vapoteurs. Sur ce point, l'OMS va jusqu'à travestir le sens des résultats d'une étude pour lui faire dire le contraire de ses conclusions. En réalité, aucune mesure n'a montré de risques importants pour les proches exposés à l'aérosol rejeté par un vapoteur.

Le vapotage aide de nombreux fumeurs à s'en sortir

Dans la même veine, les anti-tabac britanniques remarquent que les auteurs anonymes du rapport de l'OMS ont manqué de comparer les risques du vapotage à ceux du tabagisme, et parfois même aux limites d'exposition professionnelles en vigueur. "Alors que les données provenant du monde entier montrent que la quasi totalité des usagers de vapotage sont des fumeurs, ex-fumeurs ou auraient été fumeurs sans ce dispositif. La comparaison la plus pertinente à des fins de politique de santé publique est avec le tabagisme", argumentent les chercheurs. 

Le point est d'autant plus pertinent que le vapotage est devenu un moyen efficace et massivement utilisé de sortie du tabagisme. Or, "le document de l'OMS n'évalue pas correctement le rôle que joue le vapotage dans l'arrêt du tabagisme", relève le Centre britannique. Considérant la totalité des données - comprenant essais contrôlés, études observationnelles, les évolutiondans la population du tabagisme et de l'usage de la vape, l'expérience des substituts nicotinés, et l'expérience des vapoteurs très documentée -, les auteurs donnent un indice de confiance élevé à ce que "le vapotage aide beaucoup de fumeurs à cesser de fumer sans avoir d'effets négatifs".

Le marketing de la vape fait la pub du sevrage tabagique

Pour les chercheurs, la majeure part du marketing du vapotage promeut une véritable alternative à faible risque au tabagisme. "Le rapport de l'OMS rate complètement ce point fondamental", piquent les anti-tabac british, "ce marketing peut être la promotion de changements souhaitables de comportement. Il peut aussi toucher des personnes qui échappent aux interventions classiques sur le tabagisme." De son côté, le rapport de l'OMS s'est limité à quelques études orientées n'apportant aucun élément sur de mauvaises pratiques. 

Un point très révélateur du puritanisme des mystérieux rédacteurs du rapport de l'OMS est leur haine des arômes. Sur le sujet, "les citations [du rapport de l'OMS] sont sélectives et les résultats mal interprétés. Ils ne soutiennent pas leurs affirmations. Plusieurs citations sont spéculatives ou reflètent simplement des opinions, alors que des études importantes ont été négligées", s'agacent les scientifiques. Le fantasme qui hante l'OMS est que les arômes soient des outils de perversion destinés à séduire les enfants. "En fait, les saveurs font partie intégrante de l'attrait des adultes pour le vapotage comme alternative à la cigarette", précise l'UKCTAS. Les études sérieuses montrent qu'il n'y a pas d'usage régulier de vape nicotinée massif chez les adolescents.

Le spectre de Big Tobacco

Une autre angoisse exprimée par le comité secret de l'OMS est de voir les cigarettiers mettre la main sur le vapotage et le pervertir dans leur intérêt. Problème, cette angoisse repose sur une méconnaissance totale de la situation du marché actuel, de la place très faible des cigarettiers en son sein et un gros problème de compréhension des mécanismes économiques. "Le rapport de l'OMS ne saisit pas la menace pour la viabilité commerciale des entreprises de cigarettes traditionnelles d'une rupture technologique comme le vapotage", se gausse le commentaire critique britannique. Ironie, le réel contenu des références citées par l'OMS souligne en fait le danger de favoriser les ventes de cigarettes par des règlements restrictifs contre la vape. "L'OMS devrait être consciente du danger que ses propositions politiques peuvent fournir à l'industrie du tabac un double avantage: 
(1) ralentir le phénomène de disruption du marché des cigarettes par le vapotage ; 
(2) façonner le marché de la vape en le formatant au business modèle de l'industrie du tabac", alertent les anti-tabac anglais.

L'OMS tire une balle dans le pied de la population

Offensive, l'analyse critique le travail du rapport de l'OMS. Plusieurs de ses propositions anti-vape sont sans fondements scientifiques, faisant la part belle aux fantasmes. Le principe de proportionnalité semble aussi échapper aux auteurs de l'OMS. Aucune évaluation des conséquences des politiques répressives n'a été faite par les rédacteurs de l'agence de santé mondiale. "Il est très probable que certaines mesures prônées auraient pour effet d'augmenter le tabagisme", s'inquiète l'UKCTAS. 

Comment en protégeant la vente de cigarettes de la concurrence du vapotage, les mesures de l'OMS pourraient réduire les maladies liées au tabagisme? "Il est très probable que l'adoption généralisée des propositions de l'OMS «de réduire la réduction des méfaits» entraînerait un accroissement des maux du tabagisme". Cette politique contre-productive s'est élaborée sur des documents encore en cours de révision et pas encore publics*, remarquent pour finir les scientifiques britanniques. "Une pratique scientifique aussi pauvre ne fournit pas une base fiable pour des conseils d'orientation stratégique".

* edit à 17h: merci à Luc pour la suggestion de précision ;) 

lundi 24 octobre 2016

[Expresso] La Commission fédérale de prévention du tabagisme reprend à son compte une revendication de Philip Morris contre le vapotage

"Je veux la législation la plus extrême possible". En privé, Lucrezia Meier-Schatz, la Présidente de la Commission fédérale de prévention sur le tabagisme (CFPT), lâche sa haine du vapotage et son opposition à toute approche de réduction des risques en la matière. Le récent rapport sur la vape de la CFPT qu'elle a signé contient de nombreuses incohérences et lacunes. Notamment relevées dans le détail par l'association d'usagers Helvetic Vape et l'association des professionnels indépendants de la vape SVTA. Une de ses recommandations est particulièrement incongrue: l'exigence de taxer le vapotage au même taux que les cigarettes. Alors que le parlement a voté en 2011 l'exonération de taxe punitive sur le vapotage, pour encourager l'arrêt du tabac, il est de notoriété publique que Philip Morris milite activement pour une taxation anti-vape.

Au Royaume-Uni, la consultation publique montre l'argumentation du cigarettier lausannois pour demander d'augmenter les taxes sur la vape plutôt que sur les cigarettes. En Italie, après la rencontre d'André Calantzopoulos, le PDG de Philip Morris, et du premier Ministre Matteo Renzi, une taxe anti-vape a été mise en place par le gouvernement, publiée au journal officiel le 23 décembre (sic!) 2014. Un beau cadeau à Philip Morris s'est exclamé la presse transalpine. Depuis, les deux dirigeants ont inauguré ensemble deux nouvelles usines Philip Morris dans la péninsule. Au niveau européen, la Commission européenne a mis à son agenda l'étude d'une telle taxation punitive à la demande des cigarettiers selon le Times du 2 mars 2016.

Le Times du 2 mars 2016
Une telle taxe en Suisse ferait au moins doubler le prix de vente des produits de vapotage. Un frein évident à leur adoption par des fumeurs pour sortir du tabagisme. Alors que la consommation de tabac à rouler, connue pour être privilégiée pour son faible coût, explose en Suisse particulièrement chez les jeunes. Un signe d'un potentiel pour tirer ces fumeurs vers des produits de non-tabagisme, comme la vape, à un prix abordable. 

Mais alors comment comprendre que la CFPT soutienne les mêmes revendications que la multinationale tabagique vaudoise? Effet de corruption? Incompétence abyssale sur la problématique? Œillères idéologiques et haine des fumeurs projetée à présent sur les ex-fumeurs que sont les vapoteurs? Bien que la liste d'intérêts de l'ex-députée démocrate-chrétienne Meier-Schatz est longue comme le bras. Et même si on peut noter que les liens d'intérêts de représentants de groupes sponsorisés par le lobby pharmaceutique ne sont pas déclarés sur la page de la CFPT. Il semble plus probable que ce soit un mélange d'idéologie obscurantiste et d'un culte de la fainéantise qui a amené la CFPT a dédaigné étudier la question sérieusement et rejeter la lecture incontournable de rapports scientifiques comme ceux du Public Health England ou du Collège Royal de médecine

Ce serait donc plus la stupidité qui ferait adhérer la CFPT aux objectifs de Philip Morris. Les restrictions contre le vapotage soutenues par les anti-tabac fondamentalistes font le jeu des cigarettiers, comme le relève la chronique du jour Nota Bene sur la radio RTS La première. "La législation sur l'ecig se dirige vers des certifications technico-médicales hyper restrictives. Cela écrémera la concurrence, car seuls les riches pourront supporter les coûts d'homologation", explique le journaliste Fabrice Gaudiano. Avant de poursuivre, "les cigarettiers font là encore très fort grâce à un lobbying intense (...) au nom de la santé et de la sécurité" pour restreindre le marché à leurs seuls produits. Les usagers se laisseront-ils faire? Malgré le soutien incongru de la Commission de prévention du tabagisme à la firme de Marlboro, la partie n'est de loin pas gagnée d'avance pour le système tabagique face à la résistance citoyenne, comme le souligne le Pr Kevin Fenton du Public Health England.

[Expresso] Cinq scientifiques attaquent le Times pour diffamation (MàJ)

Cinq scientifiques de la lutte anti-tabac ne digèrent pas les accusations, qu'ils estiment calomnieuses, du Times du 12 octobre. La journaliste Katie Gibbons y prétendait que plusieurs d'entre eux sont à la solde des cigarettiers. Depuis le quotidien londonien a rétracté discrètement ses fausses accusations à l'encontre du Pr Clive Bates. Mais les autres chercheurs mis en cause dans l'article ne comptent pas passé l'éponge si facilement. "Toute ma vie, j'ai œuvré à aider à réduire le nombre de morts du tabagisme", explique le Pr Karl Fagerström au Guardian d'hier. "Le Times a choisi de nous calomnier et salir note réputation. A présent, le journal doit présenter clairement ses excuses ou alors il devra faire face à une bataille qu'il perdra", poursuit l'auteur du fameux test de dépendance tabagique mondialement utilisé. Le scientifique n'est pas le seul à être en colère contre les propos diffamatoires de Katie Gibbons, dont plusieurs se sont déjà révélés sans fondements. 

Le Pr David Nutt, ex-Conseiller du gouvernement britannique en matière de prévention sur les drogues, ainsi que plusieurs chercheurs ayant participé à son étude sur l'évaluation des risques de divers modes de consommation de nicotine s'estiment salis. Cette étude évaluait les cigarettes comme étant un mode particulièrement nocif, tandis que le vapotage en éliminant les goudrons, le monoxyde de carbone, les particules fines et la plupart des milliers de toxique du tabac fumé, était estimé à moins de 5% des risques et dommages de la cigarette. "Ma réputation a été saccagée par le Times. Malgré de nombreuses preuves de mon indépendance, il a prétendu que je suis lié aux Big Tobacco compagnies. C'est comme dire que Robin des Bois était à la solde du shérif de Nottingham. Je ne peux pas laisser dire ça", explique le Pr David Sweanor, éminent spécialiste canadien en Santé publique, au Guardian. Les cinq chercheurs ont mandaté le cabinet juridique Lewis Silkin pour défendre leurs intérêts et être blanchi des accusations de Katie Gibbons.

[Mise à jour à 11h45] La New Nicotine alliance, organisation de défense des usagers de produits nicotine à risques réduits, donne aussi la parole aux scientifiques attaqués par le Times. «Nous sommes des experts parmi les plus connus sur la question du tabac et de la réduction des méfaits. Nous cumulons à nous tous plus de 1000 articles académiques publiés. Pourtant, le Times nous a caricaturé de manière grotesque à partir des fantasmes de l'idéologue Martin McKee qui, lui, n'a jamais publié la moindre recherche sur le vapotage", déclare le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania et directeur scientifique de la Ligue italienne anti-fumée (LIAF). 

"Le Times devrait examiner attentivement les motifs de cette attaque calomnieuse. Réduire l'émergence des alternatives plus sûres au tabac, telles que le vapotage et le snus, se traduira inévitablement par plus de décès à cause des cigarettes fumées. C'est actuellement la principale cause de mortalité au monde. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?», demande le pr David Nutt de l'Imperial College de Londres. 

vendredi 21 octobre 2016

[Expresso] Le Times rétracte ses fausses allégations à l'encontre du Pr Clive Bates

Non, le Pr Clive Bates n'est pas financé par les cigarettiers. Le Times rétracte aujourd'hui les fausses accusations de sa journaliste Katie Gibbons dans deux articles publiés le 12 octobre. A propos de la conférence donnée par l'ex-directeur de l'Action on Smoking and Health à Bruxelles fin septembre dans le cadre du Global forum tobacco & nicotine, le Times rectifie. "Il était incorrectement suggéré que le Pr Bates avait "touché le gros lot" des compagnies du tabac. Nous reconnaissons que le Pr Bates a payé lui-même son voyage et les frais d'hôtel et qu'il n'a reçu aucun fond de la part de compagnies de tabac ou de nicotine", se corrige le quotidien londonien.

D'autres "erreurs" sont aussi rectifiées: le Pr Clive Bates n'a pas participé à l'étude menée par le Pr David Nutt sur l'évaluation comparée des risques entre différents produits de tabac et le vapotage. L'influent quotidien corrige aussi le travestissement de sens d'une déclaration du Pr Bates à propos du Maccarthysme se référant en fait à la campagne d'attaques menée contre les scientifiques sur la réduction des risques présents à la conférence de Bruxelles. Il est à noter que le Times ne présente pas clairement ses rétractations sur les articles originaux toujours en ligne. Les futurs lecteurs des articles de Katie Gibbons ne connaîtront donc pas forcément la tentative de diffamation de l'auteure. Les autres propos tendancieux de l'article ne se trouvent pas éclairés par la révélation sur l'intention orientée de la journaliste.

jeudi 20 octobre 2016

[Expresso] L'Express censure les citations d'études scientifiques sur la vape comme "propagande"

Dans un article à sens unique [lien RbutR], l'Express affirme qu'"aucune étude n'a pu prouver qu'elle [la vape] était efficace dans la réduction de la dépendance à la nicotine". Dans un commentaire, j'ai voulu attirer leur attention sur le biais de cette affirmation. En citant la meta-analyse de l'Institut Cochrane, considéré comme la référence mondiale en la matière, ainsi que la récente étude longitudinale sur deux ans de l'Université de San Diego montrant que les fumeurs utilisant le vapotage à long terme sont 4,1 fois plus susceptibles de se sevrer du tabagisme que sans aide. Je viens de recevoir un message (en illustration) me signalant la "modération", autrement dit la censure pure et simple, de mon message pour "prosélytisme et propagande". Autrement dit, citer des études scientifiques est assimilé à de la propagande par l'Express. Mais priver leurs lecteurs de l'information sur un moyen d'aide d'arrêter de fumer ne serait pas du prosélytisme tabagique masqué. 

Rappelons qu'en juillet, cinq associations d'aide à la réduction des risques ont entamé un recours au Conseil d'Etat français "pour faire annuler les interdictions de propagande et publicité, directe ou indirecte, sur le vapotage, qui remettent gravement en cause la liberté d’expression". Sovape, le RESPADD, la Fédération Addiction, SOS-Addiction et Tabac et liberté se mobilisent contre la menace qui "empêchent d’agir sur le terrain de la prévention sanitaire en apportant aux fumeurs une information objective sur une alternative au fléau qu’est la cigarette". Devant le compte à rebours des délais légaux, les associations ont déposé un référé en suspension le 5 octobre au Conseil d'Etat qui doit répondre d'ici novembre. Cette anecdote "expressive" alimente les craintes d'un retour d'une époque où informer sur la réduction des risques pour le sexe était interdit en France. Jusqu'à l'abrogation de la censure contre les préservatifs par la Ministre de la santé Michelle Barzac en 1987.

[Expresso] En Italie, la ministre Lorenzin se cache derrière un soi-disant manque d'étude pour ne rien faire

Le Premier Ministre Matteo Renzi à droite, et le petit
au milieu, c'est André Calantzopoulos, PDG de Philip Morris
On sait que le tabagisme tue, donc attendons d'en savoir plus sur le vapotage. Relatée par Esig Magazine, la réponse de Beatrice Lorenzin, Ministre de la santé du gouvernement italien, à la question de la députée Adriana Galgano a de quoi laisser pantois. Retransmit en direct hier après-midi sur la télévision italienne RAI, les longues circonvolutions de la Ministre sur la nécessité de lutter contre le tabagisme, source de maladies et de mortalité prématurée, ont accouché de la nécessité, selon la Ministre de la santé, de ne rien faire en faveur du vapotage. Et implicitement, maintenir les restrictions l'entravant en Italie. Incompréhensible aux yeux d'Adriana Galgano. "Les fumeurs fument pour la nicotine, mais meurent de l'inhalation de goudrons, de particules et de gaz toxiques qui, au contraire, ne sont pas présents dans le vapotage. Nous apprécions les efforts déployés par la Ministre Lorenzin ces dernières années pour réduire le tabagisme, mais la politique doit être plus rapide à reconnaître les avantages de l'innovation technologique", rétorque la députée de Civici e Innovatori (civiques et innovateurs).

La Ministre Lorenzin s'est tout de même engagée à charger l'Institut supérieur de la santé d'approfondir la question. La promesse reste floue en regard des demandes pressantes du monde scientifique. A l'image des appels à soutenir le vapotage du Pr Veronesi, sommité mondiale sur le cancer, ou du Pr Riccardo Polosa, directeur scientifique de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF). "Il faut étudier scientifiquement et de toute urgence le rôle du vapotage comme alternative au tabac. Une réglementation raisonnable et proportionnée de la vape pourrait sauver des millions de vies et, par conséquent, pourrait réduire les énormes dépenses de prévention et des traitements des maladies liées au tabagisme pour les États. Selon le rapport fouillé du Public Health England, autorité sanitaire britannique, le vapotage est d'au moins 95% moins nocif que les cigarettes classiques", avait argumenté lundi dernier la députée Adriana Galgano dans sa question à la Ministre. La députée a confié au site italien Esig Magazine qu'elle n'abandonne pas la partie. Elle prévoit de lancer des amendements, notamment contre la taxation punitive anti-vape. Mise en place par le Premier ministre Matteo Renzi suite à ses discussions avec André Calantzopoulos, PDG de Philip Morris, ces taxes ont multiplié par 2,5 le prix des liquides nicotinés à vapoter.

mercredi 19 octobre 2016

[Expresso] Question écrite à la Commission européenne sur l'assimilation de la vape au tabac

Image de l'Aiduce en 2013
"La Commission européenne entend-elle revenir sur cette intégration de la cigarette-électronique au sein de la directive "Tabac"?" C'est la question écrite posée le 5 octobre par la députée européenne Joëlle Mélin à la Commission européenne. La médecin généraliste, élue française sur la liste du Front national, constate que l'assimilation du vapotage au tabagisme par la Directive européenne sur les produits du tabac (TPD) "a pour seul effet de dissuader les fumeurs de se tourner vers des substituts moins nocifs, au risque d’aller à l’encontre même de l’objectif de santé publique affiché par la Commission européenne". Alors que les données de l'Eurobaromètre 2015 montrent que 14% des vapoteurs ont stoppé leur tabagisme et 21% ont réduit leur consommation de tabac, souligne l'élue. Elle note aussi que les études de la Commission "ont démontré l'absence de dangerosité quant à l'action de "vapoter"". Pourquoi appareils et liquides à vapoter qui ne contiennent pas de tabac sont-ils alors assimilés au tabac au mépris des conséquences de santé publique?

La réponse de la Commission sera attendue, alors que les transpositions par les Etats membres dans leur droit national de la directive engendrent un environnement de plus en plus compliqué pour les entreprises de la vape. Les effets toxiques de la TPD sont dénoncés un peu partout en Europe. Notamment au Royaume-Uni où des défenseurs d'une politique efficace et pragmatique contre le tabagisme en intégrant la réduction des risques, comme la NNA et le Pr David Nutt, appellent à profiter du Brexit pour éliminer la transposition de la TPD. Le 26 avril dernier, Frédérique Ries, députée belge du Mouvement réformateur (libéral), avait déjà demandé au Commissaire à la santé Vytenis Andriukaitis, successeur de Tonio Borg, s'il comptait tenir compte des dernières recherches scientifiques pour ré-évaluer le statut du vapotage. Le social-démocrate lituanien avait décliné la proposition sans autre investigation. Quelques jours plus tard, il offrait sa voix en faveur du maintien en vente de l'herbicide Roundup (Glyphosate) de Monsanto en Europe. Un vote décisif qui n'a pas levé les doutes nourris à propos de son indépendance envers les lobbys les plus puissants à Bruxelles.

samedi 15 octobre 2016

[Expresso] Pr David Nutt :"Le vapotage sauve des vies. Ce serait une folie de l'interdire"

"Les cigarettes tuent. Tout ce qui fait que certains fumeurs les abandonnent doit être encouragé". Le Pr David Nutt, éminent spécialiste en neurologie et psychopharmacologie, signe une tribune en soutien du vapotage dans le Guardian d'hier. Les consommations de tabac, malbouffe et alcool sont parmi les pires causes d'atteintes à la santé. Malgré ce "fardeau" pour la santé publique, les gouvernements laissent faire en échange de rentrées fiscales vertigineuses et sous la pression des lobbyistes des industries intéressées économiquement à leur consommation en masse. "On pourrait alors s'attendre à ce que les experts de santé publique soient ravis que certaines entreprises décident de produire des produits plus sûrs, tels que les appareils de vapotage", avance le chercheur de l'Imperial College de Londres. Pourtant au lieu d'acclamer, une petite mais influente partie vilipende le nouveau mode de consommation de nicotine. Histoires effrayantes gonflées, hoax, études biaisées et diffamations infondées visent à terroriser le public.

vendredi 14 octobre 2016

[Expresso] La Commission Santé du National propose de ne pas renvoyer le projet de loi Tabac LPTab

La conférence de presse sur le sujet était annoncé pour ce vendredi. Elle s'est tenue hier, jeudi à 17h, rendez-vous annoncé à 16h50. Ignazio Cassis, président de la Commission Santé du National (CSSS-N), n'a donc pas eu affaire à trop de question sur le vote en soutien du projet de Loi sur les produits du tabac (LPTab). Par 12 voix contre 10, et trois abstentions, la Commission propose aux députés de ne pas renvoyer le projet de LPTab au Conseil fédéral, contrairement au vote des sénateurs. La chambre du National devra se prononcer en décembre. Le député libéral Ignazio Cassis a déclaré ne pas être sûr qu'une majorité suive l'avis de la CSSS-N. Celle-ci estime que le Parlement pourrait suffisamment modifier le projet LPTab pour le sauver sur les nombreux points problématiques.

En juin, la chambre des Etats avait rejeté le projet de loi, jugé excessif et incohérent. Dans le collimateur des sénateurs, l'assimilation stricte du vapotage au tabagisme et l'interdiction du snus suédois sont deux éléments du projet de loi incompatibles avec son but annoncé de réduction des risques. L'association des vapoteurs Helvetic Vape avait salué le renvoi du projet étant donné son "assimilation incohérente des produits de vapotage aux produits du tabac". Un amalgame aux conséquences néfastes pour la santé publique poursuivant la politique de l’exécutif fédéral "d’empêcher le développement de modes de consommation de nicotine alternatifs sans tabac et sans combustion".

La question de l'interdiction de publicité et promotion constitue aussi un dossier épineux. Les milieux proches des cigarettiers voudraient assouplir les mesures. Les anti-tabac fondamentalistes voudraient promulguer une interdiction totale de communiquer sur tous les produits. Sur cet aspect, les défenseurs de la réduction des risques s'inquiètent d'une possible censure de l'expression et du droit d'information pour le public par un effet de contagion aux produits de non-tabagisme tels que le vapotage. Une inquiétude fondée au vu des menaces à peine voilées de la Ligue pulmonaire Suisse cet été et des récentes recommandations de la Commission fédérale de prévention du tabagisme (CFPT) aux défenseurs de santé publique qui recommanderaient d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Alors que le Royaume-Uni obtient des résultats impressionnants de baisse du tabagisme en soutenant l'engagement citoyen

Peut-être que Vapolitique devra t-il installer Tor et découvrir le dark-web pour pouvoir continuer de parler d'un moyen de préserver sa santé..?

jeudi 13 octobre 2016

[Expresso] Internet pour contourner la prohibition de vente de produits nicotinés à risques réduits

Les services d'Alain Berset interdisent de vente locale
les produits nicotinés à risques très réduits,
mais autorisent les plus nocifs
"Les ventes de liquide à vapoter avec nicotine et de snus sont interdites en Suisse. Mais les usagers peuvent toujours importer légalement ces produits en les commandant par internet", explique l'Aargauer Zeitung du jour. Le quotidien suisse-allemand présente l'exemple de Rico Daniel, vendeur de produits de vapotage à Kloten sur la Gerbegasse. S'il peut vendre matériel et liquide sans nicotine, il lui est interdit d'en vendre avec nicotine. Pour se fournir, les ex-fumeurs utilisant le vapotage peuvent avoir recours à internet, où le vendeur a lui-même une boutique online basée en Espagne. Cette pratique est "parfaitement légale", explique le journaliste Fabio Vonarburg, "la vente est interdite, mais l'importation à titre privé est autorisée". Bien que contestée au Tribunal Administratif Fédéral, la lettre n°146 de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) régie toujours à la fois la prohibition de vente et l'autorisation d'importation à titre personnel, jusqu'à 150 ml par commande quelque soit la concentration de nicotine du liquide à vapoter. Le changement de pratique douanière sur la taxation au 1er janvier 2017 fera exploser les frais pour les vapoteurs.

Le cas du snus est similaire. Alors que la vente des produits de tabac oraux les plus cancérigènes est autorisée par l'OFSP, celui-ci a renouvelé son interdiction du snus dans une directive fin août. Bien que la Suède connaisse une chute impressionnante des cancers de tous genres liés au tabagisme depuis la conversion de la moitié de ses fumeurs à ce tabac en sachet à suçoter. Même si ces méfaits pour les dents restent importants, la Food and Drug Administration américaine a autorisé sa vente. Mais pas la Suisse donc. Ses consommateurs, estimés à 0,7% de la population, doivent aussi passer par les achats en lignes. Snushof a créé son site de vente dans ce but explicitement. Une initiative saluée par l'association FreeSnus, qui préférerait cependant sa légalisation.

mercredi 12 octobre 2016

[Expresso] Swiss Vaping Days à Montreux (Suisse) les 22-23 octobre

"Vape on the water, a cloud in the sky". Ce sera le refrain modifié du week-end des 22 et 23 octobre au Casino de Montreux, sur les rives du lac de Genève, tel que le chante Deep Purple. Première rencontre sur le vapotage en sol helvétique, les Swiss Vaping Days accueillent des exposants de tout horizon, tandis que des débats animés par des scientifiques, médecins, usagers et professionnels se tiendront dans la salle de conférence du lieu. Quelques infos sur le salon à l'entrée gratuite mais pour lequel on peut se pré-inscrire. Histoire de se mettre l'eau à la bouche d'un événement auto-financé et basé sur la passion de ses initiateurs. Qui proclament que la "vape est plus qu’un outil de sevrage tabagique, c’est une vraie révolution sociétale, une alternative au joug de Big Tobacco et Big pharma!"

Des moddeurs à l'heure Suisse

Les stands des moddeurs artisanaux de Suisse, France et Italie seront probablement très courus par les vapoteurs les plus «geek». Créateurs de petites séries de matériel soigné et original, régal pour les yeux et trésor d'ingéniosité, les moddeurs constituent une sorte d'avant-garde technique du domaine. A leur côtés, des distributeurs présenteront les derniers modèles de marques plus courantes et probablement plus accessibles pour des non-initiés qui voudraient découvrir les plaisirs de la vape. Au hardware s'associe évidemment les liquides. Là aussi, marques de grande diffusion et producteurs d'arômes sortant des sentiers battus rivalisent de trouvailles gustatives. Vous pouvez voir la liste des exposants, communiquée par les Swiss Vaping Days sur leur Facebook, en fin d'article...

La vape: la science de l'usage

En bordure du salon, la salle de conférences accueille une série de présentations et débats. Une discussion ouverte entre usagers sur le principe de plaisir à la racine du vapotage ouvrira les débats le samedi à 11h. Le principe de réduction des risques sera ensuite présenté par Jean-Félix Savary, spécialiste romand au Groupe d'études sur les addictions (GREA), associé au Dr Jacques Le Houezec, figure française de la connaissance des usages du vapotage contre le tabagisme et membre de la plateforme Sovape.

Avant les présentations de trois figures incontournables de l'aide concrète aux fumeurs pour sortir du tabac en Suisse. L'inestimable Pr Jean-François Etter, de Stop-tabac.ch et de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève, discutera en français de la théorie de la passerelle. Une analyse des fondements méthodologiques de ces thèses au carrefour de la philosophie des sciences et de question de santé publique. Points de vue locaux de praticiens avec les présentations du Dr Jacques Cornuz, de la Polyclinique médicale de Lausanne, et du Pr Jean-Paul Humair, du Cipret de Genève. On notera que les barons suisses de l'anti-tabac abstrait ont préféré décliner l'invitation et se sevrer des discussions de ces rencontres. Ils ne pourront donc pas visionner sur grand écran l'excellent documentaire Beyond the Cloud à 18h.

Le dimanche débutera avec un point sur la situation Suisse avec Olivier Théraulaz, président de l'association d'usagers Helvetic Vape, Stefan Meile, dirigeant de l'association des professionnels suisse de la vape SVTA, et moi-même, pas président du tout de ce blog. Des invités internationaux, Claude Bamberger de l'Aiduce (France), Hanz Holy de l'IG-ED (Allemagne), nous éclaireront avec Olivier Théraulaz sur l'impact de la directive européenne (TPD) pour les vapoteurs. Avant une nouvelle projection de Beyond the Cloud en présence des réalisateurs du film Ghislain Armand, du Vaping Post, et son complice Sébastien Duijndam.
✩✩ Les SWISS VAPING DAYS annoncent la liste complète de leurs exposants participant à l'édition 2016!!! ✩✩
MODDEURS: - Titanide (FR) - Meka Mod (CH) - Swiss DIY (CH) - Sunbox (IT) - G-reverso (IT) - SEbox (IT) - Original Moddog (IT)
FABRICANTS E-LIQUIDES: - GaiaTrend/Alfaliquid (FR) - Excellium Juice (FR) - Fcuking Flava (MAL) - Officine Svapo (IT) - Masc (CH) - Foo (CH) - Tom's Liquid (CH) - Merlins (CH) 
FRANCHISES: - AlterSmoke (FR/CH) - FreeVape (FR/CH) - VapeShop (FR/CH) - High Creek (CH)
DISTRIBUTEURS: - US Vaping (US/FR)
✩ Marques présentes ✩ - StachSauce - The Originals - Cafe Racer - Bambam's Cannoli - Choops Liquids - SuperSoda - Verdict - OKVMI - Black Market - Ruthless - Naked - MVco - The Munchies - BoomBox - Banzai Vapors - Liquid Guys - Blend - Glas - The Fat Jewce - Craft Vapery - Elevate - Ethos - Vape7Daze - Bushido - Jazzy Boba - Kings Crest - One Hit Wonder - Samourai - Sacred - MFC Distribution - JD Tech  - Cotton Bacon - SVoëMesto - Paradigm - Vape Storm - Norbert - Atmomixani - Coil Master - Da Vinci Mods - Anonymous Mod- Sweetch Wholesale (CH) - Cloud Vapor - NicVape
AUTRES: - Paboo-Vap (Trailer Air Stream) - L'Atelier du cuir (Artisan étuis) - Joint the resistance (Coileur)
ASSOCIATIONS: - Helvetic Vape (Défense de la vape pour les usagers) - SVTA (Association des professionnels de la vape)
CLUBS DE VAPE: - Riviera Vape Club - "Le Club" Martigny - VapeClub Romand
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