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vendredi 2 décembre 2016

[Expresso] Andriukaitis refuse que la Commission Européenne revoit la réglementation de la vape avant 2021

Pas avant 2021. "Dans l’immédiat, la Commission n’a pas l’intention de revoir la réglementation des cigarettes électroniques prévue par la directive 2014/40/UE (TPD)". C'est la réponse de Vytenis Andriukaitis, Commissaire Européen à la santé (ENVI), à la demande de révision à la lumière des dernières études sur le sujet de la députée européenne Joëlle Mélin. Question et réponse que celle-ci a publié sur son site personnel le 28 novembre. [Add in english, the question & the answer on Euro parliament site] La docteure, élue Front National, avait déposé une question écrite le 5 octobre dernier. "Mettre la cigarette électronique, sans combustion et sans tabac, dans la même catégorie que les cigarettes traditionnelles a pour seul effet de dissuader les fumeurs de se tourner vers des substituts moins nocifs, au risque d’aller à l’encontre même de l’objectif de santé publique affiché par la Commission européenne", argumentait-elle.

Le Commissaire lituanien, surnommé "Round-Up" depuis son vote décisif en juin en faveur du maintien en vente du Glyphosate de Monsanto, estime que "compte tenu de leurs caractéristiques, et notamment de leur teneur en nicotine, il a été jugé approprié de considérer que les cigarettes électroniques constituent des produits du tabac". Un argument qui pourrait inquiéter les producteurs de choux-fleurs, patates, aubergines et tomates... Enfin, s'il était sérieux... 

Plus de 6 millions de vapoteurs européens sevrés du tabac

Selon l'Eurobaromètre 2015, 14% des usagers de produits de vapotage ont quitté le tabagisme et 21% l'ont réduit. Le Commissaire Andriukaitis juge ces données non concluantes pour estimer que le vapotage favorise le sevrage tabagique. Cette négation de l’existence des 6 millions d'européens vapoteurs sevrés du tabagisme justifie l'adoption d'une "approche de précaution". Mettant l'accent sur "la sécurité, la qualité et la protection des consommateurs", précise le Commissaire. Visiblement pas la protection des fumeurs qui auraient besoin d'avoir accès facilement à ce moyen de sortie du tabagisme, ni de ceux ayant déjà franchi le pas. 

La directive européenne TPD implémenté progressivement depuis mai dernier dans les pays de l'UE, multiplie les obstacles au vapotage. Interdiction de vente par internet dans certains pays, comme la Belgique, la Pologne ou l'Autriche, limitation de la taille des contenants à 10 ml et du taux maximal de nicotine à 20mg/ml (2%), restrictions sur la liberté d'expression... 

Taxe punitive dans les bidons

A présent, l'Union Européenne projette une taxe punitive contre les anciens fumeurs ayant fait l'erreur d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Une consultation est ouverte à ce propos. La traduction en français du questionnaire, faite par des bénévoles de l'association Sovape, est disponible pour aider à donner son avis. Clive Bates a récemment publié son argument à ce sujet (en anglais).

mardi 15 novembre 2016

La vape, une aide bien accueillie par les patients à l’hôpital de Genève (HUG)


«Cette petite étude suggère que la E-cigarette pourrait être efficace à court terme pour aider les patients à réduire ou arrêter leur tabagisme dans la pratique médicale». Présentés aux Swiss Vaping Days le 22 octobre dernier, les résultats d'une étude observationnelle de 54 patients, par le Dr Jean-Paul Humair en consultation de tabacologie aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), sont réjouissants. Des médecins de premier recours ont accompagné en moyenne durant cinq mois, des fumeurs essayant le vapotage, proposé en seconde intention, pour arrêter de fumer ou réduire leur consommation tabagique. Des cas plutôt difficiles qui avaient échoué auparavant avec les aides classiques, comprenant conseils et traitements pharmaceutiques proposés par la consultation de tabacologie.

96% d'usage au quotidien

Les 54 patients fumaient en moyenne 25 cigarettes par jour et la première moins d'un quart d'heure après leur réveil. Quinze d'entre eux (soit 29%) sont atteints d'une maladie chronique liée à leur tabagisme et 23 (44%) ont un trouble psychique, le plus souvent une dépression. La quasi totalité des patients ont accroché au vapotage, 51 (96%) d'entre eux l'utilisant au quotidien. Avant ou pendant leur essai de la vape, 36 (67%) ont pris un traitement par substitut nicotinique ou Champix (varenicline). «Il y a une bonne acceptabilité du vapotage par les patients», souligne le Dr Humair, également directeur du CIPRET Genève. Les patients ont acheté par eux-mêmes matériel de vape et liquides, dont on sait que ceux avec nicotine sont interdits de vente mais pas d'usage en Suisse.

En plus d'être bien accueillie, la vape apparaît efficace. Sur les 54 patients, 28 avaient pour objectif le sevrage total et 26 visaient une réduction de leur consommation. Au terme du suivi, 22 patients (47,9%) ne fumaient plus, dont trois n’espéraient initialement que réduire leur tabagisme. Dix-huit fumeurs (37,5%) ont réduit leur consommation de tabac, en moyenne de 40%. Sept patients (14,5%) n'ont connu aucun changement dans leur tabagisme et six ont été perdus de vue et n’ont pas été comptabilisés pour l’effet sur leur tabagisme

Un moyen de sevrage à proposer aux fumeurs

Malgré les quelques échecs, le tabacologue est confiant. «Des études cliniques devraient tester l'efficacité du vapotage à long terme pour avoir des preuves plus solides. Mais les cliniciens pourraient déjà le proposer à certains fumeurs pour élargir les choix de traitement du sevrage tabagique, notamment si les autres approchent ne marchent pas», conclut-il son exposé, également présenté au Congrès Suisse de Médecine interne générale en mai 2016.

Une étude clinique du sevrage tabagique à l'aide du vapotage est en projet en Suisse, au stade d'élaboration du protocole. Question sensible pour une telle recherche: l'adhésion des patients au vapotage peut-elle être aussi bonne sans une implication de leur part dans le choix et le processus d'appropriation de l'outil engendrés en situation réelle?





samedi 12 novembre 2016

[Expresso] Totally Wicked en sursis aux USA: "La FDA peut vouloir que les américains continuent de fumer. Nous, non"

"Nous devons être honnête avec nos clients et notre personnel. Il est actuellement impossible de voir un chemin dans l'impasse que la Food and Drug Administration (FDA) impose aux entreprises comme la nôtre aux USA". Totally Wicked, entreprise de produits de vapotage implantée aux Etats-Unies depuis 2008, annonce jeter l'éponge. "Totally Wicked va fermer ses portes à l'été 2018 aux Etats-Unis, non pas parce que nous le voulons, mais parce que le gouvernement américain l'exige", explique Fraser Cropper, son Directeur managérial, à Business Wire

Après avoir combattu en 2010 une première décision de la FDA contre les produits de vape, mené en Europe un recours contre l'assimilation du vapotage à la directive sur les produits du tabac (TPD) en 2015, Totally Wicked est cette fois pessimiste sur l'avenir des produits de consommation de nicotine à risques très réduits aux US. "D'un trait de plume, la FDA exige une procédure d'avant mise sur le marché pour autorisation comme tabac (PMTA) incroyablement irréaliste pour un produit qui ne contient pas de tabac, à un coût totalement prohibitif, sauf pour les géants cigarettiers. Et qui ne tient pas compte de la réduction des risques du produit, ni évidemment de son potentiel remarquable par rapport à l'épidémie de tabagisme qui fait rage", s’agace la firme basée en Floride.

Mise à mort de la vape indépendante

Pour l'entreprise de vapotage, la réglementation de la FDA, le Deeming Act, vise tout simplement à détruire la vape indépendante. "À la fin 2018, il ne restera plus d'industrie de vape indépendante aux Etats-Unis", prévoit la boite précurseur du domaine. Quelques espoirs persistent que le Congrès remette en cause la réglementation de la FDA, ou que système judiciaire enquête sur la "présentation fallacieuse de l'impact des risques" que la FDA a utilisé "pour justifier cette abomination réglementaire". 

Si Totally Wicked annonce son futur retrait, l'entreprise issue du monde de la vape ne compte pas se faire assassiner à bon compte. "En 2018, nous serons obligés de fermer, mais nous n'allons pas disparaître en douceur. Nous avons l'intention d'utiliser ce temps au profit de nos clients et pour informer le plus grand nombre de personnes sur les affirmations trompeuses émanant de la FDA", avertit la firme. Et de promettre: "Nous avons l' intention d'offrir nos produits à des prix encore plus abordables, pour que lorsque la FDA nous aura forcer à fermer, autant de personnes que possible aient bénéficié d'un produit que l'organe de Santé publique anglaise (Public Health England) classe comme au minimum 95% plus sûr que les cigarettes de tabac".

mercredi 9 novembre 2016

[Expresso] #COP7FCTC La délégation du Nigeria serait noyautée par l'industrie du tabac selon Premium Times

Tweet @INNCOorg
Après l'expulsion lundi des médias et du public, l'opacité règne sur les débats de la CoP7 de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT - FCTC en anglais) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). A Noida, dans la banlieue de la capitale indienne Delhi, les délégués des 179 pays et de l'Union Européenne bûchent sur l'ordre du jour. Le point 5.5.2 concerne les recommandations sur le vapotage de la part de l'organisation des Nations Unies (ONU). Le rapport préliminaire a été vivement critiqué par les scientifiques. Pourtant, selon les informations de l'INNCO, réseau mondial des organisations d'usagers de nicotine à risques réduits, quatre pays tentent d'imposer depuis cette après-midi l'interdiction totale du vapotage comme recommandation officielle de l'OMS. L'Inde, second producteur mondial de tabac, la Thaïlande, le Kenya et le Nigeria se seraient alliés dans ce but.

A propos de la délégation nigériane justement... Quelques heures avant cette nouvelle, le Premium Times révélait que deux des cinq membres présents de la délégation nigériane soutiendraient l'industrie cigarettière, selon une source interne dont le journaliste protège l'identité. Une participante ougandaise, citée par le quotidien online, remarque que la délégation nigériane a tenu des positions très timorées sur le tabagisme dans les débats mardi. Saisissant contraste donc avec l'offensive pour la prohibition du vapotage ce mercredi. L'opacité si favorable aux manigances, influences occultes et arrangements machiavéliques, votée lundi par tous les délégués à l'OMS a enrobé d'un rideau de fumée les agissements des délégués cloîtrés dans l'Expo-Centre de Noida... 

[Expresso] #COP7FCTC Sally Satel & Clive Bates: Six conseils à l'OMS pour ne pas nuire à la lutte anti-tabac

"Il est difficile de croire qu'un accord global de santé publique dédié à l'arrêt du tabagisme, et à sauver des millions de vies en conséquence, puisse mener à plus de morts prématurées et de maladies évitables. Mais c'est ce qui pourrait bien arriver si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) maintient ses positions". Le Pr Clive Bates et la Dr Sally Satel pointent le paradoxe de l'approche hostile au vapotage de l'OMS dans la revue de santé STAT. A Noida, dans la banlieue de Delhi en Inde, la réunion CoP7 de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT - FCTC en anglais) se tient depuis lundi. "La question la plus controversée en discussion est le traitement du vapotage", expliquent les deux anti-tabac. 

Menace ou opportunité?

D'un côté, l'OMS voit le vapotage comme une menace. De l'autre, de nombreux scientifiques analysent que vapoter est extrêmement moins risqué que de fumer. Une réduction des risques au niveau individuel qui si elle est adopté massivement par les fumeurs entraînerait une baisse du tabagisme et de ses méfaits sanitaires. Sur la base d'études, notamment toxicologiques, des rapports scientifiques, dont celui du prestigieux Collège royal des médecins britannique, estiment la réduction des risques de l'ordre d'au moins 95%. "Le vapotage ne brûle pas de tabac, il ne produit donc ni goudron cancérigène ni les autres toxiques issus de la combustion", rappellent Clive Bates et Sally Satel.

Un groupe d'experts sur la réduction des risques s'est
constitué au sommet de la CoP7 à New Delhi
Pourtant, l'OMS a publié un rapport anonyme préparatoire pour ce sommet extrêmement défavorable au vapotage. En réponse, le Centre britannique d'études sur l'alcool et le tabac (UKCTAS) a fait une critique détaillée et accablante du rapport de l'OMS. "Face à ce duel des analyses, que devraient faire les délégués au sommet de l'OMS?", demandent les auteurs. Et de leur suggérer six conseils:

1- Lire les rapports contradictoires et les évaluer sur la bases des éléments scientifiques fondés en écartant les préjugés idéologiques ou les intérêts politiciens. L'enjeu d'une possibilité de sauver des vies devrait être considéré au moins autant que la question de maîtriser des risques hypothétiques.

2- Sans résolution de la controverse, le traité de la CCLAT ne devrait pas être modifié sur cette question. "La CCLAT devrait appeler à plus de recherche et une évaluation plus professionnelle de la preuve. Jusqu'à présent, l'OMS n'a pas réussi à fournir une évaluation sérieuse des risques et des opportunités du vapotage en comparaison avec les cigarettes de tabac", expliquent les auteurs.

3- L'OMS doit cesser de soutenir les interdictions de vente et de fabrication des produits de vapotage. "Comment peut-on donner un sens éthique et scientifique à l'interdiction d'une alternative beaucoup plus sûre, lorsque le produit le plus nocif, la cigarette de tabac, est disponible partout?", s'étonnent-ils.

4- "La CCLAT devrait revenir à l'essence de la santé publique et reconnaître que le rôle des gouvernements est d'aider les citoyens à faire des choix éclairés dans leurs propres intérêts", soulignent Clive Bates et Sally Satel. Donner la possibilité d'accéder à la réduction des risques et délivrer une information rationnelle devraient être les piliers de santé publique. "Au lieu de cela, la rhétorique alarmiste émanant de l'OMS et de certains militants anti-tabac crée un climat de peur et sème la confusion poussant les fumeurs à rester avec le diable qu'ils connaissent plutôt que d'essayer un produit nouveau mais beaucoup plus sûr", accusent-ils.

Un militant libertarien proteste lundi à la CoP7 avant
l'exclusion des journalistes et du public des réunions
5- Les réunions de la CCLAT doivent s'ouvrir et inclure le monde de la vape. L'OMS exclut "à peu près tous ceux qui peuvent être en désaccord avec leur approche", soulignent les deux militants anti-tabac. Alors que vapoteurs et les nombreuses entreprises du vapotage n'ont rien à voir avec la triste histoire de Big Tobacco. "Il est frappant de voir que c'est l'approche inverse des initiatives prise par les Nations Unies (UN) à propos du VIH/Sida, où le slogan "Rien sur nous, Sans nous" est accepté dans les réunions de la Convention", rappellent-ils dans les colonnes de la revue de Boston.

6- Le principe de ne pas nuire devrait être maître. Une réglementation inappropriée du vapotage peut avoir des effets délétères en poussant des vapoteurs à retourner au tabagisme ou empêcher des fumeurs de s'en sortir à l'aide de la vape. Le résultat d'une telle erreur de santé publique serait une hausse des maladies évitables comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires et, au bout, plus de morts prématurées.

Clive Bates et Sally Satel concluent en exhortant les délégués de la CCLAT à "examiner avec attention toutes les options parce que des vies sont en jeu. Prendre des décisions peu judicieuses et prématurées sur le vapotage pourrait alourdir le poids des maladies au lieu de le réduire".

lundi 7 novembre 2016

[Expresso] C. Lusser dans le Blick: L'interdiction de la vape nicotinée favorise le tabac

Les Squape sont des atos Suisses de renommée mondiale. Pourtant, Christian Lusser, leur créateur interviewé dans le Blick de dimanche, arrive juste à faire tourner son entreprise avec quatre employés. Cause de cette stagnation dans un secteur en plein boom mondial? En Suisse, les liquides à vapoter nicotinés sont interdits de vente. Un frein pour bon nombre de fumeurs à passer au vapotage. Aux yeux du moddeur, cette prohibition est bénéfique à "l'industrie du tabac et l'industrie pharmaceutique". "Si le vapotage avec nicotine est autorisé, le nombre de fumeurs va fortement diminuer. Les méfaits et les séquelles du tabagisme vont chuter et les pharmaceutiques vendront moins, notamment des sprays et des patchs nicotinés», explique Christian Lusser.

L'entrepreneur de 37 ans, qui met un point d'honneur à fabriquer ses créations totalement en Suisse, redoute aussi le projet de Loi sur les produits du tabac (LPTab). En assimilant le vapotage au tabac, le message de santé publique sur la réduction des risques de la vape sera brouillé pour les fumeurs. Mais aussi, une taxe sur le vapotage à même hauteur que le tabac est insensée. "Il n'y a pas de tabac dans le vapotage. Est-ce que le Rimuss [apéritif sans alcool à base de raisin] ou le Sauser [le bourru, cidre à moins de 1°] sont taxés comme l'alcool?", observe le résident d'Altdorf. Il serait prêt à rencontrer le Conseiller fédéral en charge de la santé pour en discuter. "Alain Berset aide le lobby du tabac, mais il ne s'en rend probablement même pas compte". 

dimanche 6 novembre 2016

[Debout] Ruquier se couche t-il devant le Tabac?

Bien roulée. La séquence choc anti vapotage de Laurent Ruquier dans On n'est pas couché (ONPC) hier soir sur France 2. Après une longue série de questions préparatoires (de près de 3 mn) sur son absence de consommation de substances addictives, il surprend Arielle Dombasle. "Je tiens à vous. Alors je vous le dis. Il faut se méfier de la cigarette électronique", assène le présentateur avant de lancer les images de la Dépêche du Midi. La séquence filmée par une camera de surveillance montre un accu prendre feu dans la poche d'un gérant de boite de nuit sur le trottoir de son établissement toulousain. 

Après trois minutes d'hypnose, la minute d'enfumage mensonger de Laurent Ruquier présente l'incident d'accu comme un accident de "cigarette électronique", pour arracher des propos incongrus à Arielle Dombasle:



Du reviewer suisse Phil Good
Pourtant, le malheureux toulousain, brûlé au second degré sur le coté du ventre, a clairement expliqué avoir mis un accu sans protection dans sa poche avec des pièces de monnaie. Une erreur qui provoque des court-circuits et entraîne une surchauffe rapide jusqu'au feu des accus lithium-ion. Que ceux-ci soient destinés à être utilisés avec des lampe-torches, des vélos électriques ou des vapoteuses... D'ailleurs les quatre seuls incidents recensés concernant des vapoteurs français sont tous similaires. La mesure très simple de sécurité est de protéger les accus avec des étuis en silicone ou des boites plastiques. Les magasins de vape les plus sympas les offrent. 

Les français se font-ils enbollorer?

Ces explications n'étaient pas difficiles à trouver. La Dépêche du Midi les a publié. Fin septembre, la même distorsion des faits de BFM-TV avait été épinglée par Arrêt sur Image, qui reprenait l'info du blog Vap'You. Pourquoi Laurent Ruquier a t-il alors présenté de manière aussi grossièrement manipulatrice la chose? C'est un secret de polichinelle, le présentateur est fumeur. Cela justifie t-il de présenter un incident ayant blessé un vapoteur tout en gardant le silence sur les 78'000 morts annuels de maladies provoquées par le tabagisme en France? Ou taire que les cigarettes sont la cause de près de 20% des incendies? Humm... peut-être... ou pas.
Consignes anti-vape aux journalistes de Canal+

Plus rationnelle, une autre explication se tourne du côté de consignes imposées aux journalistes et animateurs des chaînes de télévision françaises. Bien que secrètes, au risque de se faire lourder pour faute professionnelle en les révélant, les interdictions de tout propos positif sur le vapotage, de sa mise en avant pour l'arrêt du tabac, ou même de montrer un vapoteur, fuitent sur les réseaux sociaux. Celles de France Télévisions, si elles existent, ne sont pas encore parues. 

Par contre, un document interne de la chaîne Canal+ stipulant ses mesures de censure s'est retrouvé éventé. "On adopte une approche restrictive (...) Ne pas inciter à la consommation. Pas de complaisance. Attention aux propos et aux plans. Ne pas voir les marques. Ne pas voir l'action de fumer/vapoter", égrène la circulaire anti-vape de Canal +.

La Loi du silence

Une loi se trouve derrière ce black-out sur le moyen qui a permis à un million de fumeurs français de sortir du tabagisme, et à près de deux millions d'entre eux de réduire leur consommation de clopes. La transposition en France de la Directive européenne (TPD) impose depuis mai 2016 l'interdiction de "publicité et propagande directe ou indirecte sur les produits de vapotage". Allant au-delà du texte européen, la formule est similaire à celle qui imposait un silence de mort sur les capotes. Jusqu'à son abrogation par Michelle Barzach en 1987. 

En trente ans, de la levée de la censure sur la capote à celle contre la vapote, la France revient à un puritanisme rance contre un moyen de réduction des risques. Laurent Ruquier n'est probablement pas sans savoir le mal que la censure sur les préservatifs a causé en son temps. Comment peut-il collaborer à une telle réminiscence morbide?

Consultation citoyenne sur la censure

Consultation publique des associations
Certes, le politiquement correct a imposé le smoker-bashing pour alpha et omega de toute politique de prévention. Dans le vadémécum anti-tabac orthodoxe, le fumeur est un sous-homme ne méritant pas la parole et encore moins d'être aidé. Il mérite taxes, cancer et la mort puisque trop faible pour arrêter de fumer. Pourtant, le vapotage fait émerger une autre voix que l'abstinence. Une forme de consommation de l'acte et de la nicotine en éliminant les risques de la combustion et du tabac. Pourquoi depuis son émergence, le vapotage n'a jamais eu l'honneur d'ONPC alors que 34% des français fument? 

Silence en 2014 alors que des scientifiques renommés - dans les francophones, le Pr Dautzenberg, le Pr Etter, le Dr Presles - publient des livres sur le sujet. Silence toutes ces années sur les mobilisations citoyennes des associations, notamment l'actuelle consultation populaire sur cette censure. Silence enfin sur les films sortis ces derniers mois sur le phénomène social du vapotage. Le réalisateur américain Aaron Biebert d'A Billion Lives ou les français Ghislain Armand et Sébastien Duijdam de Beyond the cloud, n'ont probablement pas la notoriété pour passer à ONPC. Mais comment l'émission de Laurent Ruquier peut-elle faire l'impasse sur Jan Kounen et son documentaire Vape Wave

Les directives télévisuelles pour sauver le tabagisme, l'économie de l'échec de masse du sevrage pharmaceutique et tous ces petits intérêts morbides justifient-elles vraiment ce triste enfumage de Laurent Ruquier en ce Mois Sans Tabac français? ...

samedi 5 novembre 2016

[Expresso] L'ex-médaillé d'honneur de l'OMS David Goerlitz interdit d'entrée en Inde pour la première d'A Billion Lives

En 1990, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le décorait de la médaille d'honneur pour sa participation à la lutte contre le tabagisme. En 2016, David Goerlitz se voit refuser sans explication son visa d'entrée en Inde, alors que le sommet CoP7 de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT - FCTC en anglais) s'ouvre lundi à New Delhi. Protagoniste du documentaire choc A Billion Lives, il devait assister à sa première projection indienne à quelques encablures de la réunion très fermée de l'OMS. Le réalisateur Aaron Biebert a expliqué hier dans une vidéo la "triste nouvelle" sur le Facebook d'A Billion Lives. Le film enquête sur les raisons politico-commerciales qui génèrent hostilité et réglementations disproportionnées contre le vapotage. Un moyen phénoménal de réduire le tabagisme et ses méfaits aux yeux d'un grand nombre de spécialistes du domaine interviewés par le réalisateur américain.

David Goerlitz intervient dans le film pour livrer son point de vue né d'un parcours atypique. Beau gosse, il est engagé pour incarner le Winston man des pubs du cigarettiers dans les années 1980. Avant de prendre conscience des conséquences terribles du tabagisme et de se rallier à la lutte anti-tabac. Pour ses innombrables actions, conférences et discussions, notamment avec des enfants, sur le sujet, l'OMS le décore en 1990. Les années suivantes, il perçoit la dérive des organisations anti-tabac, de plus en plus promptes à sceller des accords avec les cigarettiers en échange de rentrées financières. Il prend ses distances. Ces dernières années, il découvre le vapotage et son potentiel pour extirper les fumeurs du tabagisme. Suite aux positions de l'OMS contre l'outil de réduction des risques, réaffirmées par sa directrice Margareth Chan, il décide en octobre 2015 de renvoyer sa médaille à l'OMS. L'organisation n'avait jusque-là pas réagit à ce retour à l'envoyeur. Ce refus de visa ressemble fort à une rancunière réponse.

vendredi 4 novembre 2016

[Expresso] Le Times retire ses mensonges à l'encontre de scientifiques anti-tabac

L'honneur des professeurs David Nutt, Karl Fagerstöm, Riccardo Polosa, David Sweanor et Clive Bates est enfin lavé des mensonges du Times. Les articles de Katie Gibbons, parus le 12 octobre dans le quotidien londonien, ont été retirés aujourd'hui. Sur le site du Times, on trouve à la place un correctif présentant les excuses du journal aux scientifiques injustement accusés d'avoir des liens financiers avec l'industrie du tabac. Les excuses ne sont pour autant pas accessibles en totalité sans abonnement (sic!). Les scientifiques avaient engagé le cabinet Lewis Silkin pour se défendre. Ces chercheurs engagés dans la lutte anti-tabac sont connus pour explorer et prendre en considération une approche de réduction des risques par le vapotage. Un moyen de consommation de nicotine sans tabac ni combustion qui a déjà permis à des millions de fumeurs de lâcher leurs clopes. 
L'article publié dans le Times

"Le Times devrait examiner attentivement les motifs de cette attaque calomnieuse. Réduire l'émergence des alternatives plus sûres au tabac, telles que le vapotage et le snus, se traduira inévitablement par plus de décès à cause des cigarettes fumées. C'est actuellement la principale cause de mortalité au monde. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?», demandait le Pr David Nutt de l'Imperial College de Londres, cité par la NNA le 24 octobre. La question peut aussi s'adresser aux organismes qui ont pris prétexte de rumeurs mensongères pour écarter les études et les rapports scientifiques de ces auteurs. Le point intéresse particulièrement la Suisse, puisque la Commission fédérale de prévention du tabagisme est aussi tombée dans le panneau dans son récent avis sur le vapotage... A l'origine de ces calomnies sans fondement, une figure anglaise connue dont l'activité de mobbing a été révélée il y a quelques mois. Des suites à cette honteuse histoire ne seraient pas surprenantes.


edit à 12h. ajout de la copie de l'article complet ;)

jeudi 3 novembre 2016

[Expresso] Les 7 erreurs de la FDA selon le Pr Clive Bates et Elie Lehrer

Crédit R-Street
Mitch Zeller a t-il prêté une oreille au Pr Clive Bates ? Le directeur de la FDA et l'éminent spécialiste du tabagisme ont dû se rencontrer les 26 et 27 octobre à la Conférence annuelle sur le tabac du Food and Drug law Institute. Le très influent think tank sur la conception des réglementations de la Food and Drud Administration (FDA) américaine. Alors que cette dernière a mis en vigueur sa réglementation sur le vapotage en août dernier. Le spécialiste anglais du tabac avait signé, en compagnie de Elie Lehrer, président du RStreet Institute, une lettre ouverte à Mitch Zeller, directeur de la FDA, publiée le 12 septembre. La revue de l'institut de recherche en matière de réglementation accueillait leur critique des sept erreurs de la FDA sur le vapotage.

1) L'essor du vapotage n'est pas le far-west sauvage. Les deux défenseurs d'une approche de réduction des risques en matière de consommation de nicotine contredisent l'affirmation du directeur de la FDA au New York Times en septembre. Plutôt qu'une menace pour la santé publique, ils voient dans la vape une menace contre le tabagisme. "C'est l'émergence d'une technologie disruptive bénéfique à la santé sur le marché du produit le plus nocif pour les consommateurs. Ce serait un développement positif si le commerce dominant de la cigarette est brisé par une nouvelle technologie à faible risque", expliquent Clive Bates et Elie Lehrer.

2) La baisse phénoménale du tabagisme adolescent réduit le risque sanitaire. Entre 2011 et 2015, l’essor du vapotage s’est accompagné d’une baisse du tabagisme des jeunes américains. Les fumeurs sont passés de 15,8% à 9,3% des lycéens aux Etats-Unis. La même tendance à la baisse concerne les autres produits du tabac (cigares, pipes, bidis…). L’augmentation de la vape coïncide avec cette baisse du tabagisme. "L'essor du vapotage ne devrait jamais être discuté sans prendre en considération ce rapide déclin du tabagisme", soulignent les deux auteurs.

3) Les rares ados non-fumeurs qui vapotent le font de manière très occasionnelle.

4) Parmi les 17-18 ans, au moins 80% de ceux qui vapotent, le font sans nicotine. 

5) Les questions liées aux batteries au lithium-ion sont du ressort de la protection des consommateurs sur les produits électriques, comme pour toutes les piles et chargeurs, pas de la FDA. Les risques devraient être contextualisés avec les incendies liés au tabagisme. Ceux-ci représentent environ 19% des incendies et des décès qui leur sont liés.

6) Le tabagisme ne touche pas que les ados mais aussi les adultes. Là aussi, une baisse importante du tabagisme américain coïncide avec l’essor du vapotage. Environ 2,5 millions de vapoteurs américains ont cessé de fumer et 5 millions fument et vapotent. La dynamique montre un accroissement de la part de vapoteurs se convertissant totalement.  

7) Dernier point, l’approche de la FDA est anti-proportionnelle. Malgré la promesse en mai 2015 de Mitch Zeller, le directeur de la FDA, d’un débat sur les différents modes de consommation de nicotine, la réglementation a été élaborée sur l’a priori du vapotage comme menace. Aucune évaluation en terme d’opportunité de réduction des méfaits n'a été effectuée. Le résultat est une réglementation qui traite beaucoup plus durement le vapotage à risque très réduit que les cigarettes et autres produits tabagiques extrêmement nocifs. Cette proportionnalité inversée de la charge réglementaire est injustifiable sur le plan sanitaire. 

En conclusion, le Pr Clive Bates et Elie Lehrer espèrent à un réel débat rationnel et basé sur des éléments scientifiques sérieux à propos des modes de consommation de nicotine, dont le vapotage. Mitch Zeller aura t-il entendu l'appel?

mercredi 2 novembre 2016

[Expresso] #COP7FCTC Appel à témoignages sur l'arrêt du tabagisme avec la vape

"Racontez comment vous avez arrêté de fumer à l'aide du vapotage". C'est l'appel sur Facebook du Dr Christopher Russell aux vapoteurs. Le chercheur britannique du Centre de recherche sur l'usage des substances (CSUR) ira à la Convention des parties (COP7) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à partir du 7 novembre. Pour défendre son dossier, il espère montrer des vapoteurs expliquant leur arrêt du tabac. "Je prévois de passer certaines de ces vidéos aux décideurs des réglementations à Delhi. Pour leur montrer comment le vapotage a aider des gens a arrêter de fumer, et encore plus important, leur montrer à qui nuiraient des réglementations restreignant l'accès au vapotage", explique le chercheur investi dans le domaine.

Support pour recevoir les témoignages de quelques minutes, il a créé la chaîne dédiée Vapers Helping Smokers to Quit (VHS2Q) sur Youtube. "Si vous avez arrêté de fumer en utilisant le vapotage, et que vous voulez soumettre une vidéo à notre chaîne pour raconter votre histoire. Je vous serais extrêmement  reconnaissant d'envoyer un email à vapershelpingsmokers [at] gmail.com. Je vous donnerais les instructions pour soumettre la vidéo. J'aurais besoin de témoignages d'ici samedi pour pouvoir les montrer au Sommet en Inde", explique Christopher Russell. "Sur le fond, j'ai une plateforme, mais j'ai besoin de VOUS pour être la voix de tous les gens qui ont bénéficié que le vapotage soit disponible, abordable et joyeux à utiliser".

En compagnie du Pr Konstantinos Farsalinos, du Centre Onassis d'Athènes, et du Pr Riccardo Polosa, de la Ligue italienne contre la fumée (LIAF), il prévoit de défendre trois points devant la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT) pour rejeter le projet d'interdiction du vapotage."Une somme grandissante de preuves indiquent que 
(1) l'espérance de vie des fumeurs peut être radicalement allongée en leur permettant et en les encourageant à passer aux modes de consommation de nicotine sans combustion, telles que le vapotage ; 
(2) le vapotage peut être efficace pour aider des personnes à arrêter de fumer et éviter de rechuter ; 
(3) l'usage régulier de vapotage avec nicotine est quasi exclusivement confiné à des fumeurs ou d'ex-fumeurs", présente le chercheur anglais. Aux vapoteurs de jouer...

samedi 29 octobre 2016

Réponse du Pr Gmel et al. à ma critique: «Quand les lobbyistes de la vape font mauvaise science»

Au hasard d'une recherche google sur tout autre chose, je tombe aujourd'hui sur la réponse des Prs Gerhardt Gmel, Stéphanie Baggio, Meichun Mohler-Kuo et Joseph Studer à ma critique publiée le 11 juillet de leur article de janvier dernier. Le Swiss Medical Weekly, qui ne m'avait pas non plus donné de lien (ni envoyé de version papier) vers la publication de mon commentaire, ne m'a pas informé de cette réponse publiée le 16 juillet. …! J'étais jusque là persuadé qu'il n'y en avait pas eu. Bref.

Pour resituer le déroulé de la petite histoire:
- parution le 11 janvier 2016 de l'article "E-cigarette use in young Swiss men: is vaping an effective way of reducing or quitting smoking?" de l'équipe du Pr G. Gmel dans le Swiss Medical Weekly
- réaction le 19 janvier du Pr Michael Siegel, Université de Boston, sur son blog "Study that Purports to Show Vaping Causes Smoking Initiation and Impedes Cessation is a Complete Sham"
- proposition publique les jours suivants du Swiss Medical Weekly d'ouvrir ses colonnes à un commentaire critique
- parution le 11 juillet 2016, après des échanges tendus et la mise en ligne d'une version en français, de mon commentaire en anglais "When federal science is muffling harm reduction by vapingpar le Swiss medical Weekly
- réponse publiée le 16 juillet (mais que je ne découvre qu'aujourd'hui) des scientifiques suisses à mon commentaire "When vaping lobbyists get science wrong – reply to Poirson"

En voici le résumé avec quelques remarques personnelles.

«Nous protestons vivement d'être décrits par un lobbyiste du vapotage comme des assistants loyaux de la science fédérale officielle qui seraient aveugles idéologiquement aux stratégies de réduction des risques». Les auteurs précisent que leur recherche a été financée par le Fond national Suisse des sciences, organisation indépendante non gouvernementale. «Il n'y a donc pas d'étouffement par la science fédérale», expliquent les chercheurs travaillant, notamment et pèle-mêle, pour l'hôpital de Lausanne, Suisse Addiction, l'Université de Lausanne et l'Institut de prévention et d'épidémiologie biostatistique de Zurich.

«Cela se réfère seulement à NOTRE étude sur les jeunes hommes". En Suisse.

«En second lieu, nos résultats ne contiennent pas d'erreurs ou de biais méthodologiques, tel que nous le reproche Poirson, et notre conclusion n'est pas non plus «abusive» (alors que le langage utilisé par Poirson l'est)», poursuivent les scientifiques suisses. «Notre conclusion affirme que NOUS [majuscule dans le texte] n'avons trouvé aucun effet bénéfique, et bien entendu cela se réfère seulement à NOTRE étude sur les jeunes hommes», précisent -ils. Suisses, des jeunes hommes en Suisse...

La précision très utile des auteurs ne me semble pas avoir été aussi claire dans la publication initiale. Au point que la Food and Drug Administration (FDA) américaine, ainsi que le Gouvernement autrichien l'ont interprété comme une preuve de l'absence d'effet bénéfique du vapotage à valeur universelle et l'ont utilisé comme telle lors de l'élaboration de réglementations. «Poirson semble confondre biais de sélection et généralisation à une plus large population. Alors que notre étude est restreinte aux seuls jeunes hommes», insistent les scientifiques. Bien. Il serait donc important de communiquer sur le focus réduit de cette recherche, non seulement au «lobbyiste» bénévole (et non pluriel aussi) que je suis, mais également au Pr Stanton Glantz qui la promeut visiblement avec une portée bien plus grande pour influencer des décideurs politiques. Avec beaucoup plus de succès que moi-même.

Le Pr Glantz qui justement est référencé par les auteurs pour deux études confirmant leurs dires sur cette absence d'effet du vapotage contre le tabagisme. Deux études controversées par leur méthodologie, puisqu'elles écartent a priori les vapoteurs s'étant sevrés du tabagisme pour conclure que le vapotage n'aide pas au sevrage tabagique. (Ce que n'a pas fait l'étude du Pr Gmel et al.)

Les auteurs reconnaissent que deux autres études longitudinales, analysées par l'Institut Cochrane, ont conclut à des effets positifs. Pour autant ils estiment que la science peut produire des conclusions divergentes. Le point ici dans mon argumentation, peut-être pas exprimé assez clairement, était que ces divergences sont le fruit des différences d'environnement, notamment législatif. A savoir qu'en Suisse les liquides nicotinés sont prohibés à la vente localement. Ce point est abordé par les auteurs en fin d'article. Ils m'expliquent alors que l'on peut commander par internet des liquides nicotinés [merci!], et en trouver en Suisse par des astuces de contournement de l'interdiction de vente [merci de nouveau!].

«Nous sommes d'accord que cette régulation de la vente peut limiter l'usage des e-liquides avec nicotine en Suisse»

«Néanmoins, nous sommes d'accord que cette régulation de la vente peut limiter l'usage des e-liquides avec nicotine en Suisse. Les données du monitorage d'Addiction Suisse montraient qu'en 2013, seulement 29,7% des possesseurs d'e-cigarette utilisaient du liquide nicotiné. Mais la prévalence des utilisateurs de liquide nicotiné à augmenté depuis lors», expliquent les chercheurs. Selon le document mis en référence par les auteurs, ce taux d'usage de nicotine est monté en 2015 à 34,2% des vapoteurs sondés. Mais l'échantillon est si faible en nombre que le rapport d'Addiction Suisse recommande la prudence sur son interprétation.

Mesurer le statut de vapotage des participants au départ n'aurait rien changé

Au niveau méthodologique, les auteurs réaffirment que leur étude est longitudinale. Bien qu'il n'y ait pas eu de mesure de l'usage du vapotage au premier pointage, mais seulement, dans un second temps, lors du suivi. «Nous n'avons pas tenté de cacher que le statut de vapotage n'était pas mesuré au départ. Ceci est mentionné plusieurs fois dans notre article. Cependant, ceci ne fait pas de notre étude une simple étude transversale», expliquent le Pr Gmel et al. La nature longitudinale de l'étude serait assurée par le suivi du statut tabagique des jeunes hommes suisses. «En outre, nous ne pensons pas que la mesure du statut de vapotage au départ aurait changé nos résultats, alors que la plupart des participants étaient probablement non-vapoteurs au départ», avancent-ils.

L'augmentation exponentielle du vapotage mesurée par Addiction Suisse autorise les chercheurs à supposer que la plupart des participants ont commencé de vapoter au cours du suivi. «Nous reconnaissons, toutefois, que ce n'est pas une conception optimale. Néanmoins, nous ne voyons pas comment notre constatation peut être interprétée autrement que le vapotage n'a eu aucun effet bénéfique sur le tabagisme classique dans la population des jeunes hommes dans son ensemble», persévèrent les chercheurs. Peut-être une autre interprétation serait que des données aussi faibles ne peuvent pas sérieusement autoriser quelconque interprétation se présentant comme définitive sur le sujet?

Par ailleurs, les auteurs font une chose assez étrange: me faire porter la charge de leur flou sur la portée de leur étude. C'est pourtant en raison de leur affirmation qui semblait vouloir être universelle que j'ai présenté des études montrant d'autres résultats dans des situations différentes. Les présupposés qu'ils m'attribuent ne sont pas miens, ils ne découlent que de leur manque de précision initiale (dont je ne suis pas la seule victime comme précisé au-dessus). Donc je passe sur ces éléments peu pertinents. Tout en notant que ce flou est levé par cette réponse à mon commentaire.

30 vapoteurs réguliers sur les 249 qualifiés de vapoteurs

Un point plus intéressant est le fait que l'article masquait que 88% des jeunes pris en compte n'ont fait qu'expérimenter le vapotage, et seuls 12% vapotaient quotidiennement. «Pourquoi devrions-nous concentrer nos conclusions sur la minorité d'utilisateurs quotidiens?», demandent-ils. La réponse est assez simple. Parce qu'il n'y a aucun sens à estimer que quelqu'un ayant pris une bouffée de vapote durant l'année est un vapoteur. J'ai couru avant-hier pour attraper le bus. Ca ne fait pas de moi un coureur de fond. Et évaluer l'impact de cette pratique en m'assimilant aux sportifs n'a aucun sens. 

A l'origine du problème, il y a des lacunes dans le questionnaire. Mais je ne suis pas responsable de ces lacunes qui rendent douteux de vouloir en tirer une conclusion. Je maintiens qu'à la rigueur "il aurait été plus judicieux de dire que pour l'extrême majorité des répondants continuer de fumer en ne vapotant qu'occasionnellement n'est pas bénéfique pour la cessation tabagique".

Les auteurs relèvent aussi que les rares vapoteurs réguliers de la cohorte ne montrent pas un taux de sevrage plus important. Je n'ai pas dit le contraire. On ne peut simplement pas sérieusement tirer des conclusions sur la base de 30 jeunes (sur les 5081 participants de la cohorte C-SURF). Même s'il y a des finances «non fédérales» du Fonds national à décrocher, il faut savoir parfois ne pas broder sur quasiment rien. 

Le gouvernement Suisse a décidé de protéger le tabagisme en condamnant ses citoyens fumeurs à ne pas avoir accès localement de manière légale aux liquides nicotinés. Ceci fait que le nombre de vapoteurs dans ce pays est «marginal» pour citer la Ligue Pulmonaire Suisse qui s'en réjouissait cet été. Il n'y a pas d'effet contre le tabagisme par le vapotage en Suisse parce que les cigarettiers sont protégés de la concurrence de la vape par l'administration et une large désinformation. C'est un fait incontournable pour toute évaluation du vapotage en Suisse dans l'état actuel des choses. Or l'étude n'en dit pas un mot.

Où est mon chèque?

Ma conclusion évoquait qu'à un moment donné, la question en épidémiologie des dépendances n'a plus été «est-ce que les substituts aident?» mais «dans quelles conditions ces substituts aident le mieux?» Les auteurs déclarent ne pas saisir ce point car le vapotage est un produit de consommation courante contrairement aux substituts. Je pense que je dois leur accorder le point. Ma comparaison historique trouve là une limite forte. 

Ils proclament soutenir l'aide des fumeurs par les substituts nicotiniques tels que patchs ou gommes. «Nous sommes cependant, clairement en faveur des substituts nicotiniques prescrits, les coûts étant même couverts par l'assurance-maladie en Suisse. Une telle substitution à la nicotine pourrait également inclure des liquides nicotinés», précisent-ils. Précisons aussi que les gommes nicotinées, que je consomme régulièrement d'ailleurs, sont en accès libre en pharmacie* et pas seulement sur prescription.

Notons pour finir sur une autre note positive que les auteurs déclarent être conscients de lacunes de leur première recherche et avoir affiné les questionnaires du second suivi lancé l'été dernier par C-SURF. Alors… peut-être pas si inutiles les remarques agaçantes d'un «vaping lobbyiste»? 
[Mais bordel, où est-ce que j'ai mis le chèque de Big Vapote?]


*edité le 30-10-2016 à 14h pour être plus précis. Auparavant "en vente libre"